SFD 2025 – DT2 : Intervenir le plus tôt possible sur le risque de complications
Le programme du congrès 2025 de la Société francophone de diabète (SFD 2025), à Paris début avril, comprenait également une présentation d’un cardiologue, le Dr Kevorkian, qui revenait sur les pathologies associées au diabète de type 2. Son message était clair : favoriser une détection précoce du diabète de type 2 et intervenir ensuite de manière précoce, si possible dès le diagnostic de DT2, sur les facteurs de risque associés et les risques de complications (cardiovasculaires, hépatiques, rénales, ...). (1)
Intitulée « Quand d'autres pathologies s'associent au diabète », cette intéressante présentation dans le cadre du SFD 2025 (1) était assurée par le Dr Jean-Philippe Kevorkian, dont la particularité - précise-t-il d'emblée - est d'être cardiologue à temps plein dans un service de diabétologie (Hôpital Lariboisière, Paris). Une spécificité jusqu'ici unique en son genre, qui témoigne d'une claire volonté de bonne prise en charge du risque cardiovasculaire chez les diabétiques.
« On ne devient pas diabétique tout à coup le lundi matin à 9 h »
Une autre de ses particularités est d'avoir abordé sa présentation avec une bonne dose d'humour. En préambule, il rappelle ainsi qu'on ne devient pas diabétique comme ça tout d'un coup le lundi matin à 9 heures. Il s'agit au contraire d'un long processus au cours duquel la présence de divers éléments et facteurs de risque prépare peu à peu la survenue d'un DT2. Une donnée qui lorsqu'on en prend pleinement conscience, nous dit-il, souligne en fait l'importance de la prévention du diabète, mais aussi de la prévention des facteurs de risque associés et des complications potentielles qu'ils induisent. Il est essentiel, poursuit-il, de garder à l'esprit que tout n'est pas inévitable !
« Tout n'est pas inévitable ! »
De manière générale, le DT2 n'est que la partie émergée de l'iceberg, une pathologie qui rassemble tous les facteurs de risque, implique tout l'organisme et prépare le lit de toutes les complications cardiaques, rénales, hépatiques, vasculaires, …
Grâce à la prévention et au vaste arsenal thérapeutique disponible, on a cependant fait d'énormes progrès ces 3 dernières décennies, en termes de complications du diabète.

Infographie issue de la présentation (1)
L'insuffisance rénale est le seul élément qui n'a baissé que relativement peu et le Dr Kevorkian s'en félicite ! Si les diabétiques restent exposés à un risque d'insuffisance rénale, en fait une complication classique du vieillissement, c'est surtout parce qu'ils vivent plus longtemps (un gain de 10 ans d'espérance de vie depuis 1998).
Le Dr Kevorkian rappelle ensuite un certain nombre de points à garder à l'esprit. Le DT2 est une maladie métabolique, mais c'est aussi une maladie inflammatoire et artérielle. Deux composantes qui permettent de mieux comprendre sur quoi il faut agir pour permettre aux gens de vivre bien. C'est aussi – insiste-t-il – une pathologie qui impacte tout l'organisme « de la racine des cheveux jusqu'au bout des orteils ». Les mécanismes en jeu : inflammation, stress oxydatif, athérosclérose, intoxication (tabac, alcool, …) et le fléau de la glycation, ce dépôt de glucose sur tous les tissus.
Lutter contre la mauvaise alimentation, le surpoids, la surcharge graisseuse
Grands coupables ici, la généralisation de mauvaises habitudes alimentaires, du surpoids, de l'obésité. La surcharge graisseuse impacte tout l'organisme.

Illustration issue de la présentation. (1)
Perte de poids, activité physique, alimentation & bon contrôle du DT2 et des comorbidités

Infographie issue de la présentation. (1)
Agir sur le poids, sur les habitudes de vie, sur l'alimentation, sur la sédentarité. En termes d'activité physique, prendre les escaliers et monter un étage par jour par exemple suffit à générer un effet. L'adoption de règles hygiéno-diététiques couplée à une prise en charge médicamenteuse visant un bon contrôle du DT2 et des comorbidités (antihypertenseurs, antidiabétiques, hypocholestérolémiants, …) réduit le risque cardiovasculaire de 80 % chez les DT2.

Infographie issue de la présentation. (1)
Source :
- Dr Jean-Philippe Kevorkian, « Quand d'autres pathologies s'associent au diabète », Congrès 2025 de la Société francophone du diabète (SFD), Paris, 1-4 avril 2025 https://virtuel.congres-sfd.com/fr