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EULAR : axSpA difficile à traiter, prendre en charge le plus tôt possible

À l’EULAR 2025, trois présentations abordaient la spondylarthrite axiale difficile à traiter. Issues de 3 pays différents (Allemagne, Pays-Bas, Turquie), ces 3 études apportent d’intéressants éclairages.(1) (2) (3) La priorité : identifier de manière précoce les patients à risque et améliorer la prise en charge.

L'objectif de l'étude allemande (Berlin, Munich, Bochum) était d'évaluer la fréquence des cas d'axSpA difficile à traiter et d'axSpA réfractaire au traitement, et au passage de tenter de préciser les caractéristiques des patients concernés. (1) Ces chercheurs reprenaient les critères proposés récemment par l'Assessment in SpondyloArthritis international Society (ASAS). (4)

Le constat que posent ces chercheurs en préambule est qu'en dépit des formidables avancées thérapeutiques de ces dernières années, un certain nombre de patients axSpA restent confrontés à des niveaux élevés d'activité de la maladie ou des réponses inadéquates aux traitements mis en place, sans que l'on ne sache vraiment pourquoi. D'où la nécessité de mieux caractériser ces types de patients.

Les données analysées étaient issues du registre allemand RABBIT-SpA, qui rassemble les données d'adultes au diagnostic confirmé d'axSpA. Les patients inclus à l'analyse entamaient un tout premier traitement par b/tsDMARD (DMARD biologiques ou synthétiques ciblés) et avaient été suivis durant 12 mois au moins. 

Les 3 critères retenus pour parler d'axSpA difficile à traiter étaient : échec d'au moins 2 traitements par b/tsDMARD aux modes d'action différents, niveau élevé d'activité de la maladie (ASDAS ≥2,1, signes et symptômes, scores articulaires, …) et score ≥4 au « physician global assessment » (PhGA) ou PtGA (patient). Dans ce groupe difficile à traiter, le critère définissant une axSpA réfractaire au traitement était un haut niveau d'activité de la maladie (ASDAS ≥2,1) ET la présence à l'IRM d'une inflammation active au niveau sacro-iliaque/rachidien ET/OU d'une CRP élevée (≥5 mg/L)

Environ 8,5 % difficiles à traiter

Sur les 1 850 patients inclus, 881 (48 %) n'avaient jamais reçu de b/tsDMARD à leur inclusion dans le registre RABBIT-SpA. Parmi eux, 137 (16 %) patients ont pris au moins 2 traitements aux modes d'action différents. Septante-cinq patients (8,5 % des 881 patients naïfs) correspondaient aux critères qualifiant l'axSpA de difficile à traiter. 

Ces patients présentant une axSpA difficile à traiter étaient surtout des femmes, avaient un niveau de formation moins élevé, étaient moins souvent HLA-B27 positifs et avaient plus fréquemment des signes cliniques d'enthésite et d'arthrite, mais moins de signes objectifs tels qu'inflammation du rachis objectivée par IRM ou niveaux élevés de CRP.

Pour vingt-deux de ces participants (2,5 % des 881), il s'agissait selon les critères précités d'une axSpA réfractaire au traitement.

Environ 1 sur 10 dans l'étude néerlandaise

L'étude néerlandaise (Maastricht, Enschede)(2) avait pour objectif d'explorer la prévalence d'axSpA difficile à traiter dans un registre néerlandais de SpA. Ici aussi, les chercheurs fondaient leur approche sur les critères de l'ASAS (4) et se proposaient d'examiner les caractéristiques des patients concernés. 

Au total, il s'agissait de 269 patients (dont 46,5 % de femmes) : âge moyen 51,7 ans, ancienneté moyenne des symptômes 21,3 ans, ASDAS moyen 2,4. Parmi eux, 136 (50,6 %) avaient été traités par au moins un b/tsDMARD. Au final, l'analyse faisait apparaître 9,5 % (n = 23/242) d'axSpA difficile à traiter et 1,7 % (n = 4/242) d'axSpA réfractaire au traitement, selon les critères ASAS. 

Les principales caractéristiques associées à cette axSpA difficile à traiter étaient tabagisme actif (OR : 3,1, IC à 95 % 1,1-8,9) et des antécédents de psoriasis (OR : 2,8, IC à 95 % 1,0-7,8).

Sexe féminin et score BASDAI élevé

Basée elle aussi sur les critères ASAS,(4) l'étude turque (Ankara) apporte d'intéressantes données sur les facteurs associés et éventuellement prédictifs.(3) Au total, 888 patients axSpA traités par b/tsDMARD, recrutés dans un service de consultations externes de rhumatologie. Parmi eux, 13,4 % présentaient une axSpA difficile à traiter, leur âge moyen était de 47,03 ans et 63,9 % étaient des femmes (44,0 % de femmes dans le groupe axSpA non-D2M). Ces patients axSpA difficile à traiter avaient des scores BASDAI, BASFI et EVA plus élevés à l'initiation du traitement par b/tsDMARD, plus souvent de l'hypertension (32,8 % vs 22,4 %), de l'asthme/BPCO (17,6 % vs 7,2 %), un psoriasis (19,7 % vs 10,4 %). L'analyse multivariée met en évidence une association significative entre score BASDAI élevé à l'initiation du traitement par b/tsDMARD et axSpA difficile à traiter (OR 1,584 ; IC à 95 %, 1,156-2,172 ; p = 0,004), et le rôle prédictif de ce score.

Sources :

  1. Fabian Proft, Stephanie Lembke, Anja Weiß, et coll. Assessing the Frequency of Difficult-to-Manage (D2M) and Treatment-Refractory (TR-axSpA) Cases in the RABBIT-SpA Register: An Analysis Based on Recent ASAS Definitions. EULAR 2025, Barcelone, 11-14 juin 2025 https://distribution-congress.eular.org/from.storage?image=382xVqPluwnOrBoZFqVPTxJHWpVeYRWdcgphIwB0exMGXtuns4P291nhlzxMc8Pl0
  2. Marius L. Smits, et coll. Exploring difficult-to-manage axial spondyloarthritis: results from a Dutch clinical practice registry. EULAR 2025, Barcelone, 11-14 juin 2025 https://distribution-congress.eular.org/from.storage?image=382xVqPluwnOrBoZFqVPT2gwFe1tTzeibSTht2ARybBF3iq3ROkg6NpomfKumBKQ0
  3. Muhammed Çağrı Akdemir, et coll. Differences in the characteristics of Difficult-to-Manage Axial Spondyloarthritis (D2M-AxSpA ) patients at b/tsDMARD initiation. EULAR 2025, Barcelone, 11-14 juin 2025 https://distribution-congress.eular.org/from.storage?image=382xVqPluwnOrBoZFqVPT4iX2mwh4JyTQrhvbnQxVVjM6t056TZE0_N_hr1GoXoy0
  4. Denis Poddubnyy, et coll. The Assessment of SpondyloArthritis International Society (ASAS) Consensus-Based Expert Definition of Difficult-to-Manage, including Treatment-Refractory, Axial Spondyloarthritis, Annals of the Rheumatic Diseases, Volume 84, Issue 4, 2025, https://doi.org/10.1016/j.ard.2025.01.035
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Assessing the Frequency of Difficult-to-Manage (D2M) and Treatment-Refractory (TR-axSpA) Cases in the RABBIT-SpA Register: An Analysis Based on Recent ASAS Definitions.
Exploring difficult-to-manage axial spondyloarthritis: results from a Dutch clinical practice registry.
Differences in the characteristics of Difficult-to-Manage Axial Spondyloarthritis (D2M-AxSpA ) patients at b/tsDMARD initiation.
The Assessment of SpondyloArthritis International Society (ASAS) Consensus-Based Expert Definition of Difficult-to-Manage, including Treatment-Refractory, Axial Spondyloarthritis

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