Infections fongiques : Candida auris a tout pour déplaire
Le CDC d’Atlanta a fait état le 20 mars d’un doublement des cas d’infections à Candida auris potentiellement mortelles aux Etats-Unis entre 2020 et 2021. L’OMS le classe en priorité absolue dans sa liste des 19 agents fongiques les plus préoccupants. C. auris affecte toutes les tranches d’âge, avec une préférence pour les personnes hospitalisées, immunodéficientes ou avec des co-morbidités. Il survit dans l’environnement, est résistant aux agents fongiques classiques et la mortalité associée peut dépasser 40%. Tout ce qu’il faut en savoir dans cette mise au point1publiée dans la revue Healthcare.
Ce champignon aurait été détecté pour la 1ère fois en 2009 au Japon dans un prélèvement provenant du conduit auditif d'une patiente, d'où le nom de Candida auris. Depuis, il a été identifié sur les 5 continents. En Europe, on approche les 1.000 cas en Italie, Espagne, Royaume-Uni. En Espagne, 140 cas ont été identifiés dans le même hôpital avec des isolats tous résistants au fluconazole et au voriconazole. En Belgique, on est passé de 756 cas en 2020 à 1.471 en 2021. La capacité de dissémination surprend au point que fin 2022, l'OMS l'a classé en priorité absolue dans la liste des 19 agents fongiques en compagnie de Cryptococcus neoformans, Aspergillus fumigatus et Candida albicans pour le risque qu'il représente en terme de santé publique. Pour certains experts, son développement s'expliquerait par l'utilisation intensive de fongicides dans les cultures, pour d'autres par l'utilisation excessive d'antibiotiques par les hôpitaux, contribuant à l'émergence de souches résistantes. Certains y voient aussi le produit du réchauffement climatique du fait de son adaptation à des températures plus élevées.
Vous désirez lire la suite de cet article ?
Inscrivez-vous