Dossiers  >   Journée mondiale du diabète 2025  >  Diabète de type 5 : diabète de malnutrition

Diabète de type 5 : diabète de malnutrition

Les recherches de ces dernières années et les travaux de consensus d’experts ont permis de mieux cerner une forme atypique de diabète lié à une sous-nutrition chronique. Surtout présent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI), en particulier en Asie du Sud-Est et en Afrique subsaharienne, ce diabète de malnutrition est désormais appelé diabète de type 5 (DT5).

Au-delà d'une simple question de terminologie, ce changement de dénomination participe d'une reconnaissance officielle de cette forme atypique de diabète. Proposée en janvier 2025 par un consensus d'experts, dans la déclaration de Vellore (Inde), cette classification du diabète de malnutrition en DT5 a été officialisée en avril 2025 par la Fédération internationale du Diabète (FID-IDF), lors de son congrès annuel. (1) (2) Un article publié en octobre 2025 dans The Lancet Global Health revient sur cette nouvelle nomenclature. (3) La FID-IDF a mis en place (mai 2025) un nouveau groupe de travail DT5, dont l'objectif est d'affiner les connaissances et de promouvoir de nouvelles recherches (phénotypes, physiopathologie, traitements).

Cette reconnaissance du DT5 est l'aboutissement d'un long cheminement. En 1985, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déjà intégré ce diabète de malnutrition à sa nomenclature, sous les termes de « diabète sucré lié à la malnutrition » (DSLM) ou de « Malnutrition-related Diabetes Mellitus » (MRDM). Cette classification a cependant été retirée en 1999, en l'absence de consensus clair sur ses critères de diagnostic et de recherches additionnelles dans ce domaine.

La première mention de ce qui allait devenir le DT5 remonte à 1955 et à la publication d'un article de P. Hugh-Jones et coll. dans The Lancet. (4) Ces chercheurs y relataient avoir observé dans leur pratique clinique à la Jamaïque des cas « inhabituels » de diabète ne correspondant pas aux catégories existantes. Chez ces patients jeunes, la réaction à l'insuline différait de ce que l'on voit habituellement dans le DT1 et leur historique n'était pas celui d'une alimentation riche ou trop riche mais plutôt d'une malnutrition.

Plus récemment, ce sont les travaux de l'équipe internationale (États-Unis, Inde, Ruanda) dirigée par la Dre Meredith Hawkins, qui ont fait réellement avancer les choses. (5)

Publiés en juin 2022 dans Diabetes Care, ils montraient qu'une forme de diabète observée chez des patients à faible indice de masse corporelle (IMC <19 kg/m2), dans des pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI), présentait des caractéristiques métaboliques spécifiques semblant indiquer l'existence d'un profil distinct de diabète, devant être exploré par de nouvelles recherches. 

Les sujets étudiés étaient de jeunes adultes (19-45 ans) résidant dans le sud de l'Inde, caractérisés par un faible niveau socio-économique et un faible IMC (≤ 19,5 kg/m2), présentant une forme de « diabète à faible IMC ». Après avoir exclu, à l'aide d'analyse immunogénétique, un diagnostic de tous les autres types de diabète, des comparaisons étaient effectuées avec des groupes témoins appariés (un groupe DT1, un groupe DT2 et un sans diabète). Une approche intelligente qui a permis d'isoler un profil spécifique et a ouvert la voie au consensus d'experts de 2025.

20 à 25 millions de DT5 dans le monde

(estimation provisoire)

Longtemps et souvent confondu avec le DT1 ou le DT2, le DT5 s'en distingue par un certain nombre de caractéristiques. Il s'agit non pas d'une résistance à l'insuline comme dans le DT2, ni de lésions du pancréas induites par des réactions auto-immunes comme dans le DT1, mais d'une incapacité (d'origine non auto-immune) du pancréas à produire suffisamment d'insuline, en raison d'un sous-développement du tissu pancréatique. 

Il est lié à une sous-nutrition prolongée (à la petite enfance, l'enfance, l'adolescence), y compris des déficits nutritionnels de la mère, des infections fréquentes, une insécurité alimentaire chronique.

Sa prise en charge doit tout d'abord viser un diagnostic différentiel (afin d'éviter des doses d'insuline pouvant être fatales) et une correction de la dénutrition chronique.

Infographie issue de l'étude. (3)

Sources : 

  1. Fédération internationale du Diabète-International Diabetes Federation (FID-IFD), Dossier diabète de type 5. 2025. https://idf.org/fr/about-diabetes/types-of-diabetes/type-5-diabetes/
  2. Justine Evans, The long overdue classification of type 5 diabetes, Fédération internationale du Diabète-International Diabetes Federation (FID-IFD), mai 2025. https://diabetesvoice.org/en/caring-for-diabetes/the-long-overdue-classification-of-type-5-diabetes/
  3. Pradnyashree Wadivkar, et coll. Classifying a distinct form of diabetes in lean individuals with a history of undernutrition: an international consensus statement, The Lancet Global Health, Volume 13, Issue 10, 2025, https://doi.org/10.1016/S2214-109X(25)00263-3
  4. P. Hugh-Jones, DIABETES IN JAMAICA, The Lancet, Volume 266, Issue 6896, 1955, Pages 891-897. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(55)92530-7
  5. Lontchi-Yimagou E, Dasgupta R, Anoop S, Kehlenbrink S, et coll. An Atypical Form of Diabetes Among Individuals With Low BMI. Diabetes Care. 2022 Jun 2 https://doi.org/10.2337/dc21-1957
Diabète de type 5
The long overdue classification of type 5 diabetes
Classifying a distinct form of diabetes in lean individuals with a history of undernutrition: an international consensus statement
Diabetes in Jamaica
An Atypical Form of Diabetes Among Individuals With Low BMI

Patrice Pinguet - Lien d'intérêts financiers : aucun • MediQuality