MICI : où l’on reparle de l’activité physique !
Trop absente de nos modes de vie modernes sédentaires, l’activité physique est désormais un leitmotiv récurrent dans nombre d’études soulignant son importance dans diverses pathologies, y compris pour les MICI. Une récente étude montre ainsi des bénéfices de l’activité physique en termes d’activité de la maladie et de gênes fonctionnelles chez des patients atteints de MICI (1). Une étude espagnole souligne quant à elle son impact positif sur la qualité de vie, en particulier pour les femmes (2).
Publiée en avril 2026 dans Digestive and Liver Disease, cette première étude a été menée par une vaste équipe de divers centres, dont de nombreux chercheurs de Nîmes (France) et un chercheur belge (Hôpital Erasme, Bruxelles) (1). Leur objectif était d'évaluer l'impact de la pratique d'une activité physique sur le niveau d'activité des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI).
Les données étaient issues de l'étude transversale multicentrique mise en place par le Groupe d'Étude Thérapeutique des Affections Inflammatoires du Tube Digestif (GETAID), et incluant 40 centres spécialisés dans les MICI en France et en Belgique.
Les niveaux d'activité physique étaient évalués à l'aide de la version courte de l'International Physical Activity Questionnaire, classés en niveau léger, modéré ou élevé. L'activité de la maladie était évaluée à l'aide de PRO-2 (Patient-Reported Outcome-2), et du questionnaire IBD-disk pour les gênes fonctionnelles.
Entre avril et mai 2023, un total de 2 514 patients suivis en consultations externes ont complété un questionnaire sur leur activité physique, le degré d'activité de leur MICI et leurs gênes fonctionnelles liées à leur MICI. Parmi eux, 1 715 étaient atteints de maladie de Crohn et 799 de rectocolite hémorragique (RCH).
Leur âge moyen s'établissait à 42,4 ans, 52,3 % étaient des femmes et 56,4 % étaient en rémission clinique. Ils étaient peu actifs (49,8 % niveau léger d'activité physique, 35,2 % niveau modéré, 15,0 % niveau élevé) et seuls 28,8 % avaient un niveau d'activité physique correspondant aux recommandations de l'OMS (≥150 min d'activité modérée à vigoureuse ou ≥75 min d'activité vigoureuse par semaine).
Les niveaux modérés et élevés d'activité physique étaient associés à des taux plus élevés de rémission clinique chez les patients atteints de maladie de Crohn : OR 1,30 (1,08–1,57) niveau modéré et 1,33 (1,03–1,72) niveau élevé vs niveau léger d'activité physique. Un bénéfice que l'on ne retrouvait pas dans la rectocolite hémorragique (RCH).
Pour ce qui est des gênes fonctionnelles liées aux MICI, les niveaux modérés et élevés d'activité physique étaient associés à des niveaux plus faibles de gênes fonctionnelles, à la fois dans la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique (RCH).
Différences entre hommes et femmes
Une étude espagnole (2) publiée dans Gastroenterología y Hepatología (English Edition) en février 2026 met en évidence des différences selon le sexe, dans la maladie de Crohn. À des niveaux similaires d'inflammation et d'activité de la maladie, les femmes ont des niveaux d'activité physique plus faibles que ceux des hommes, et rapportent également une moins bonne qualité de vie (notamment en termes de bien-être psychosocial).
Sources :