Cabotégravir + rilpivirine longue durée d’action injectable : une option qui simplifie la vie des PVVIH expérimentés et bien contrôlés
COMBINE-2, une étude européenne en vie réelle, montre que la charge virale reste indétectable à la dernière mesure chez 99% des PVVIH expérimentés avec une virémie contrôlée qui sont passés au cabotégravir + rilpivirine longue durée d’action. Cinq PVVIH sur 937 sont en échecs virologiques confirmés. Ce taux minime traduit le niveau élevé d’adhérence et le potentiel de cette formulation longue durée d’action. Une synthèse des données1 présentées par le Dr A. Pozniak (UK).
Le cabotégravir (CAB) + rilpivirine (RPV) longue durée d'action (LA) est le premier et le seul traitement antirétroviral (ART) complet qui ne nécessite pas une prise quotidienne per os. C'est l'aboutissement d'une recherche de plusieurs années visant à améliorer de facto l'adhérence et le mental des PVVIH hantés par la peur d'oublier une dose ou par le regard des autres. Les études de phase III FLAIR et ATLAS ont bien démontré la non infériorité par rapport aux ART oraux et les études en vie réelle comme BEYOND ou OPERA aux Etats-Unis ou CARLOS en Allemagne ont confirmé la non infériorité. Aujourd'hui, ce sont les données de l'étude européenne COMBINE-2 qui viennent d'être présentées à Kigali (Rwanda).
Des PVVIH belges inclus
L'étude COMBINE-2 a regardé l'évolution de la charge virale (CV) après substitution par CAB+RPV LA chez 956 PVVIH avec une virémie contrôlée sous ART. Ils ont été recrutés en Espagne (54%), en France, Allemagne, Suisse, Pays-Bas, Angleterre et Belgique (6%). L'âge médian est de 45 ans, avec 85% d'hommes, 63% de HSH, un BMI < 30 kg/m2 (77%), une CV à l'inclusion < 50 copies/mL (100%), un taux médian de cellules CD4 de 726, < 350 (5%), ≥ 350 - < 500 (12%), ≥ 500 (83%). Le nombre médian d'années depuis le diagnostic est de 10,9 et le nombre médian d'années sous ART est de 9,4. La majorité (96%) était sous un ART à base de INSTI ou NNRTI. Aucun échec virologique confirmé (CVF) ou résistance n'a été constatée chez 62% des PVVIH pour lesquels les données étaient disponibles.
Un taux élevé de contrôle virémique, un taux faible de CVF
Au moment de l'analyse, 92% étaient encore sous CAB+RPV LA (suivi médian : 10,2 mois) avec un calendrier des injections largement respecté (96%). Sur les 937 PVVIH évaluables, 925 (99%) ont une CV < 50 copies/mL à la dernière mesure (94% à 24 mois). Le contrôle de la virémie est indépendant du BMI (94% pour un BMI < 30 kg/m2 vs 97% pour un BMI > 30 kg/m2). Au total 74 PVVIH (8%) ont arrêté le CAB+RPV LA dont les deux tiers ont continué à être suivis dans l'étude et un tiers a été perdu pour diverses raisons. Cinq patients (0,5%) sont en CVF. Leurs calendriers d'injections avaient été scrupuleusement respectés sans retards ni oublis. Aucun de ces patients n'avaient bénéficié d'une recherche de résistance à l'inclusion. Au moment de l'échec, le patient 1 avait une résistance faible à la RPV et pas de résistance aux INSTI, les patients 2 et 3 n'avaient pas de mutations de résistance, le patient 4 avait des mutations de résistances aux NNRTI, NRTI et aux INSTI, le patient 5 avait des mutations de résistance aux NNRTI et INSTI. Tous ces patients sont revenus à des traitements à base d'inhibiteurs de protéase ou de l'intégrase qui ont permis de revenir à une CV indétectable chez 4/5 patients (donnée non encore disponible pour un patient).

Une option qui rencontre les attentes des PVVIH
- Un pourcentage très élevé de PVVIH européens avec une virémie contrôlée, conserve une CV indétectable après substitution par CAB+RPV LA
- Ce résultat signifie une adhérence et une persistance élevée
- Le taux d'échecs virologiques confirmés est faible
- Les patients en CVF récupèrent une CV indétectable en substituant CAB+RPV LA par un autre ART
Sur cette base, la bithérapie CAB+RPV LA répond aux attentes des PVVIH soucieux de contrôler leur virémie tout en réduisant la charge mentale liée aux traitements per os quotidien.
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