Dépémokimab deux fois par an actif dans la rhinosinusite chronique avec polypose
Du fait de son action sur l’inflammation de type 2, le dépémokimab, premier anti IL-5 à action prolongée, est efficace tout particulièrement sur l’asthme associé à une rhinosinusite chronique avec polypose nasale. L’action sur les signes subjectifs est particulièrement rapide. Deux études sur le dépémokimab ont été présentées à l’occasion du congrès annuel de l’European Respiratory Society (ERS 2025).
Une amélioration particulièrement marquée de l'asthme en cas de sinusite chronique avec polypose associée
Enrico Heffler et coll. (Milan, Italie) ont présenté à l'occasion de la session « Cutting-edge trial data on biologics for airway diseases : asthma, COPD, chronic rhinosinusitis with nasal polys and chronic cough » co-présidée par Florence Schleich (Liège), les résultats d'une sous-étude de SWIFT-1/2 dans une population particulière de patients souffrant d'asthme associé à une rhinosinusite chronique avec polypose nasale. Le dépémokimab est le premier anticorps monoclonal d'action longue dirigé contre l'interleukine IL-5. Il a fait l'objet d'études cliniques de phase III avec deux injections par an chez des patients atteints d'asthme sévère à éosinophiles. Ce traitement sur 52 semaines a permis de faire baisser la fréquence des exacerbations (54 %) et le taux d'éosinophiles, et d'améliorer la qualité de vie, sans modifier le volume expiratoire maximal en une seconde (VEMS) pré-bronchodilatateur, ni les symptômes nocturnes.
Parce que l'asthme sévère à éosinophiles est souvent associé à une rhinosinusite chronique avec polypose nasale, une analyse en sous-groupes a été effectuée. Les patients étaient traités avec leurs médicaments habituels et recevaient en outre soit du dépémokimab soit un placebo.

Illustration extraite de la présentation (1)
A 52 semaines, le dépémokimab fait encore mieux chez les patients atteints d'asthme et de sinusite que chez les patients asthmatiques : baisse de 69 % des exacerbations en comparaison au placebo contre 51 % (différence non significative du fait du faible nombre de patients). Cette différence pourrait s'expliquer par le fait que la coexistence des deux pathologies analysées survient majoritairement en cas d'inflammation de type 2. Or c'est sur cette anomalie immunitaire que le dépémokimab est le plus efficace. Analyser les comorbidités de l'asthme pourrait favoriser un choix thérapeutique incluant le dépémokimab.
Des résultats très précoces sur la perte d'odorat et l'obstruction
Au cours de cette même session, Marjolein Cornet et coll. (Leiderdorp, Pays-Bas) a souligné combien les patients inclus dans les études sur le dépémokimab ont apprécié la perspective de ne devoir recevoir de traitement que deux fois par an, du fait de la longue durée d'action de la substance active. La première série d'essais de cette molécule ANCHOR-1/2 avait pour but d'évaluer la sécurité et l'efficacité du traitement. Selon les données poolées, la moyenne des moindres carrés du score NPS (nasal polyp score) a diminué de 0,5 point chez les patients traités par dépémokimab alors qu'elle a augmenté de 0,1 point dans le groupe placebo et pour l'obstruction nasale, le score a baissé de respectivement 0,77 et 0,53 point.

Illustration extraite de la présentation (2)
Les résultats étaient également positifs pour les critères secondaires, avec une différence de -0,19 point pour le score des symptômes de rhinorrhée sur l'échelle de réponse verbale et de -0,22 point pour le score des symptômes de perte d'odorat sur l'échelle de réponse verbale au cours des semaines 49-52.
À l'issue de la période d'étude, 24 % des patients traités par dépémokimab n'avaient plus besoin de chirurgie, contre 14 % dans le groupe placebo, soit un risque relatif de chirurgie significatif de 2,2. Ils étaient respectivement 70 % et 59 % à ne plus prendre de glucocorticoïdes systémiques.
L'analyse par sous-groupe montre notamment que le dépémokimab a un effet plus important chez les patients asthmatiques et ceux qui ont un taux d'éosinophiles supérieur à 300 cellules par µL.
Marjolein Cornet et son équipe ont aussi analysé la vitesse d'amélioration des symptômes ORL des patients : ainsi la perte d'odorat était améliorée dès la première semaine et l'obstruction nasale dès la 4e semaine. Et ces réponses ont non seulement persisté mais elles ont même augmenté au cours des 52 semaines de l'étude.
Sources :
Session Cutting-edge trial data on biologics for airway diseases: asthma, COPD, chronic rhinosinusitis with nasal polyps and chronic cough
- Heffler E, Jacques L, Zhu CQ et coll. Twice-yearly depemokimab demonstrates efficacy in patients with asthma and comorbid chronic rhinosinusitis with nasal polyps (CRSwNP): Phase III SWIFT-1/2 studies. Congrès annuel de l'European Respiratory Society (ERS 2025), Amsterdam (Pays-Bas), septembre 2025
- Cornet M, Pfaar O, Gevaert P et coll. Depemokimab is associated with early and sustained improvements in patient-reported outcomes in CRSwNP: data from the ANCHOR-1/2 trials. Congrès annuel de l'European Respiratory Society (ERS 2025), Amsterdam (Pays-Bas), septembre 2025