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EULAR - 3 brèves de congrès : artérite à cellules géantes, orthèse du genou, catastrophisme

En vrac, des brèves de l’EULAR 2025 (Barcelone, 11-14 juin) : de nouvelles données sur l’aspirine à faible dose et le risque cardiovasculaire dans l’artérite à cellules géantes (1) un éventuel bénéfice additionnel des orthèses dans la gonarthrose (2) et l’impact du catastrophisme (ou dramatisation de la douleur) sur le ressenti de la douleur dans le rhumatisme psoriasique (3)

Aspirine à faible dose dans l'artérite à cellules géantes ?

Les patients atteints d'artérite à cellules géantes (ou maladie de Horton), une artériopathie inflammatoire chronique survenant chez le sujet âgé, sont exposés à un risque d'événements cardiovasculaires majeurs (MACE), risque doublé par rapport aux témoins. La question du rôle éventuel de l'aspirine à faible dose dans la réduction de ce risque cardiovasculaire fait débat et les données disponibles sont contradictoires. Dans l'étude présentée à l'EULAR 2025,(1) ces chercheurs (Paris, France) se proposaient donc d'évaluer les effets de l'aspirine à faible dose en termes de MACE chez des patients au diagnostic confirmé d'artérite à cellules géantes. Il s'agissait de 14 355 patients : âge moyen 73,3 ans, 71 % de femmes et 23 % également atteints de pseudo-polyarthrite rhizomélique (PPR). Parmi ces participants, 4 617 (32 %) ont commencé à prendre de l'aspirine à faible dose à titre préventif, durée moyenne de traitement 660 jours. 

Infographie issue de l'étude. (1) Risque cumulé de MACE

 

Infographie issue de l'étude. (1) Risque cumulé d'hémorragie

À 1 an, pas de différences significatives entre les 2 groupes, mais un risque majoré d'hémorragie côté aspirine. Néanmoins, à 3 ans, le risque était cependant similaire dans les 2 groupes. Côté aspirine, à 3 ans, un risque moindre de MACE (10,15 % vs 11,51 %) et une mortalité toutes causes confondues légèrement plus faible (RD -0,87 %). Des données qui font un peu avancer les choses mais devront être confirmées.

Orthèse or not Orthèse

Une étude britannique s'intéressait au bénéfice éventuel du port d'une orthèse dans l'arthrose du genou. (2) Les patients étaient répartis en 2 groupes : approche courante (conseils, informations écrites et instructions d'exercices) ou approche courante + port d'une orthèse. Agés d'au moins 45 ans, ces patients au diagnostic confirmé de gonarthrose présentaient tous des douleurs modérées à sévères à la mise en charge. 

Au final, il s'agissait de 466 participants (âge moyen 64 ans, 46 % de femmes). À l'évaluation à 6 mois, on observait une bonne amélioration dans les deux groupes, un peu plus marquée dans le groupe orthèse. L'analyse montrait notamment un effet additionnel de l'orthèse en termes de douleur et d'activités de la vie quotidienne. Aucun effet indésirable majeur n'était constaté. Ces chercheurs concluent à un bénéfice additionnel, modeste mais appréciable et surtout facile à mettre en place.  

Peut-on dramatiser la douleur ?

La réponse est oui. Une étude associant des chercheurs polonais et norvégiens s'intéressait au catastrophisme ou dramatisation de la douleur, et à son rôle pour expliquer les écarts entre données objectives et subjectives dans le rhumatisme psoriasique (PsA). (3)

Leur constat initial était que les niveaux de douleurs rapportés par les patients ne correspondaient pas toujours aux signes cliniques d'inflammation, ni aux outils évaluant l'état clinique et le nombre des articulations affectées. Le phénomène de dramatisation de la douleur est défini par un sentiment excessif d'impuissance, une rumination de type catastrophisme et une exagération de l'intensité ou de la fréquence des douleurs.

Il s'agissait ici de 218 patients PsA : âge moyen 47,4 ans, 50,9 % de femmes, IMC moyen 27,3 kg/m2, durée moyenne de la maladie 7,9 ans, CRP moyenne 4,0 et score DAPSA (activité de la maladie) 12,4. Le score moyen de dramatisation de la douleur mesurée par un outil validé s'établissait à 1,6 (échelle de 0 à 6). 44 % étaient sous DMARD biologiques, 47,2 % sous DMARD synthétiques conventionnels et 6 % sous corticoïdes.

L'analyse multivariée montre qu'un score plus élevé de dramatisation de la douleur et un IMC élevé étaient associés de manière indépendante à de plus grands écarts entre données objectives et données subjectives de douleur dans le PsA. 

Sources :

  1. M. Beydon, et coll. Low-dose Aspirin for Cardiovascular Disease Primary Prevention at Giant Cell Arteritis Diagnosis: Emulation of a Target Trial in the French Healthcare Data System (SNDS). EULAR 2025, Barcelone, 11-14 juin 2025 https://scientific.sparx-ip.net/archiveeular/index.cfm?c=a&view=1&searchfor=OP0060&item=2025OP0060
  2. M. Holden, et coll.  Knee bracing plus advice, written information and exercise instruction versus advice, written information and exercise instruction alone in adults with knee osteoarthritis: the prop oa parallel-group, superiority, randomised controlled trial. EULAR 2025, Barcelone, 11-14 juin 2025 https://scientific.sparx-ip.net/archiveeular/index.cfm?c=a&searchfor=OP0225&view=1&item=2025OP0225
  3. M. Wilk, et coll.  The role of pain catastrophizing in explaining discrepancies between tender and swollen joint counts in psoriatic arthritis. EULAR 2025, Barcelone, 11-14 juin 2025 https://scientific.sparx-ip.net/archiveeular/index.cfm?c=a&searchfor=POS0215&view=1&item=2025POS0215
Welcome To EULAR 2025, Barcelona
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KNEE BRACING PLUS ADVICE, WRITTEN INFORMATION AND EXERCISE INSTRUCTION VERSUS ADVICE, WRITTEN INFORMATION AND EXERCISE INSTRUCTION ALONE IN ADULTS WITH KNEE OSTEOARTHRITIS: THE PROP OA PARALLEL-GROUP, SUPERIORITY, RANDOMISED CONTROLLED TRIAL
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