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DT2 au quotidien : rôle de la dépression, de l’alimentation saine, et du sexe féminin (3 études EASD)

Lors de l’EASD 2025, à Vienne (Autriche), en septembre, plusieurs présentations s’intéressaient à différents aspects jouant un rôle dans le DT2 au quotidien. Une étude britannique examinait l’impact des troubles dépressifs, (1) une étude néerlandaise celui de l’accès à une alimentation saine, (2) et une étude italienne, d’éventuelles différences hommes-femmes dans la réponse au traitement. (3) Au final, des données qui vont dans le sens d’une individualisation des traitements et permettent d’améliorer la gestion du DT2 au quotidien.

Menée par une équipe britannique (Londres, Exeter), cette première étude se proposait d'examiner de manière spécifique une population de diabétiques de type 2 (DT2) souffrant également de troubles dépressifs, afin de déterminer si la prise en charge de leur DT2 en soins primaires était différente et si cela influait sur la mortalité toutes causes confondues. (1)

Mesures plus fréquentes de l'HbA1c

et risque majoré de mortalité 

Au total, 470 225 diabétiques de type 2 ont pu être inclus à l'analyse, dont 20,1 % présentant des troubles dépressifs préexistants et 6,1 % des troubles dépressifs incidents. 

De manière un peu contre-intuitive, les résultats montrent une plus grande fréquence des mesures d'HbA1c chez les DT2 souffrant de dépression : préexistante (IRR : 1,06, IC à 95 % : 1,05-1,07) ou incidente (IRR : 1,04, IC à 95 % : 1,03-1,05). 

La présence de troubles dépressifs comorbides (préexistants, incidents ou récurrents) était associée à une plus forte mortalité toutes causes confondues après ajustement sur la fréquence des mesures d'HbA1c (dépression incidente, HR : 1,41, IC à 95 % : 1,37-1,45). 

Dans l'ensemble de la cohorte (diabétiques dépressifs et non dépressifs), une plus grande fréquence des mesures d'HbA1c était associée à un moindre risque de mortalité toutes causes confondues (HR : 0,93, IC à 95 % : 0,92-0,94).

Les auteurs plaident pour une meilleure surveillance et prise en charge des troubles dépressifs comorbides chez les DT2. 

Faciliter l'accès à une alimentation saine

Menée par une équipe de Rotterdam (Pays-Bas), la deuxième étude présentait des résultats du tout premier programme européen de type « Food Prescription Program » sur le contrôle glycémique, chez des adultes DT2 en surpoids. 

Appelés parfois « Programme de prescription alimentaire » ou « nutrition sur ordonnance », les Food Prescription Programs (FPP) visent à faciliter l'accès de populations au statut socioéconomique moins favorisé à des produits participant à une alimentation saine. 

Dans cet essai contrôlé randomisé de 3 mois, il s'agissait de DT2 en surpoids (IMC > 25 kg/m2), âgés de 18 à 75 ans, vivant à Rotterdam et disposant de revenus annuels inférieurs à 25 000 euros. Tous les participants suivaient un régime de type méditerranéen et avaient 3 entretiens avec un diététicien sur ces 3 mois. Ceux dans le bras FPP recevaient des colis hebdomadaires gratuits de produits sains (issus de l'agriculture locale) et participaient à 3 ateliers de cuisine et de santé.

Au total, il s'agissait dans cet essai pilote de 35 DT2 (âge moyen 57,3 ans, 74 % de femmes), dont 17 dans le bras FPP.

À 3 mois, on observait déjà de légères mais notables améliorations dans le bras FPP en termes de poids (de 92,0 kg à l'inclusion à 90,8), d'IMC (de 31,0 à 29,7 kg/m2), de glycémie à jeun (de 8,9 à 8,3 mmol/l) et de qualité de vie (SF-36 gênes physiques, bien-être émotionnel). Aucun changement significatif n'était constaté dans le groupe témoin. Les participants FPP rapportaient également une meilleure satisfaction de leur traitement. En termes d'HbA1c, de prise de médicaments et de facteurs de risque cardiovasculaire, les résultats étaient similaires dans les deux bras. 

Les hommes sous GLP1 perdent moins de poids

Pour finir, une étude italienne (Padoue, Trévise, Rome) analysait les différences entre les sexes dans une cohorte de DT2 traités par analogues du GLP-1.(3) Au total, 7 847 DT2 (60 % d'hommes, HbA1c moyenne 8,0 %) répartis en 2 cohortes. Sur un suivi médian de 4 ans, on constatait tout d'abord une absence de différences H-F en termes de baisse de l'HbA1c ou de déclin de la fonction rénale (eGFR), mais un écart significatif en termes de perte de poids. 

Ces femmes DT2 étaient en effet plus nombreuses que ces hommes DT2 à parvenir à une perte de poids ≥5 % (66,5 % vs. 58,0 %) ou ≥10 % (40,0 % vs. 30,7 %), et ce, indépendamment des molécules ou des dosages utilisés. 

Sources :

  1. D. Handley, R. Bala, K. Young, et coll. Depression increases both HbA 1c testing frequency and risk of all-cause mortality in type 2 diabetes, 61e Congrès de l'European Association for the Study of Diabetes (EASD 2025), Vienne (Autriche), septembre 2025.
  2. K.A.C. Berk, C.A.W. Dietvorst, N. Perdeck, et coll. Food and exercise: the best marriage of convenience. Effects of the first European Food Prescription Programme for people with type 2 diabetes and low socioeconomic status: a randomised controlled pilot trial, 61e Congrès de l'European Association for the Study of Diabetes (EASD 2025), Vienne (Autriche), septembre 2025.
  3. M. Marassi, A. Cignarella, G. Russo, et coll. Sex differences in the weight response to GLP-1RA in people with type 2 diabetes: a long-term longitudinal real-world study, 61e Congrès de l'European Association for the Study of Diabetes (EASD 2025), Vienne (Autriche), septembre 2025.
EASD 2025

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