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Vaccin contre le zona : une protection contre le surrisque vasculaire

Dans une récente étude menée sur une cohorte nationale coréenne, le risque cardiovasculaire a diminué de 23 % après une vaccination contre le zona. Cette protection est particulièrement marquée chez les diabétiques.

Dès 2010, plusieurs études ont montré que des accidents cérébrovasculaires pouvaient survenir dans les jours ou les mois suivant une varicelle ou un zona. Une équipe taïwanaise avait alors notamment rapporté une augmentation de 30 % des AVC jusqu'à un an après une crise de zona, et un quadruplement des AVC après un zona ophtalmique. Par ailleurs, de rares cas d'AVC ont également été observés dans les suites d'épisodes de varicelle chez des enfants. En 2014, une étude cas‑contrôle rétrospective de grande ampleur a confirmé que le virus varicelle‑zona est un facteur de risque indépendant d'accident ischémique transitoire (AIT) et d'infarctus du myocarde (IDM) chez tous les adultes, et ce, jusqu'à 24 ans après l'épisode aigu.

Après ajustement, l'étude montre un risque accru de 15 % d'AIT et de 10 % d'IDM chez les patients ayant développé un zona. Aucune preuve de majoration du risque d'AVC n'a cependant été notée dans l'analyse globale. Les chercheurs observent toutefois une augmentation importante et statistiquement significative des AVC lorsque l'épisode de zona survient avant 40 ans. Ils expliquent ce phénomène par la probable vulnérabilité inhérente aux personnes qui développent un zona précocement.

Moins d'événements majeurs

La vaccination contre le zona pourrait-elle avoir des bénéfices pour la santé individuelle et la santé publique en abaissant le risque cardiovasculaire ? C'est ce que montre une récente étude sud‑coréenne(1), portant sur un vaccin vivant, qui a observé une baisse du risque cardiovasculaire chez plus de 2,2 millions de personnes de plus de 50 ans sélectionnées dans une cohorte nationale.

Chez des personnes âgées en moyenne de 61,3 ans, majoritairement des femmes (56,8 %) et suivies en moyenne pendant 6 ans, la vaccination contre le zona (vaccin vivant) était associée à un risque cardiovasculaire global diminué de 23 %, en particulier pour les événements majeurs (−26 %), l'insuffisance cardiaque (−26 %), les accidents cérébrovasculaires (−24 %), les cardiopathies ischémiques (−22 %), les événements thrombotiques (−22 %) et les arythmies (−21 %). L'association protectrice était observée jusqu'à 8 ans; elle était maximale dans les 2–3 ans après la vaccination. La baisse du risque cardiovasculaire était plus prononcée chez les hommes, les personnes de moins de 60 ans, celles ayant de faibles revenus, vivant en zone rurale ou ayant une mauvaise hygiène de vie.

Comment le vaccin peut‑il exercer un effet cardiovasculaire protecteur ? Le virus varicelle‑zona (VZV) peut entraîner une vasculopathie extra‑ et intracrânienne (pouvant être à l'origine d'hémorragies et d'ischémies cérébro‑ et cardiovasculaires), un état inflammatoire associé à une hypercoagulabilité (rupture de plaques d'athérome, thromboses). Sans compter que les zonas sévères semblent être associés à un surrisque d'insuffisance cardiaque. De plus, le virus pourrait aussi toucher le nerf vague, dont l'atteinte peut être à l'origine d'une dysfonction du système nerveux autonome et d'arythmies.

Tous les types de diabètes

Aux États‑Unis, une étude de cohorte rétrospective(2), ayant suivi 4,9 millions de patients diabétiques de 2006 à 2022 (base de données TriNetX), s'est penchée de manière spécifique sur la question de la prévention cardiovasculaire par la vaccination dans cette population. Elle a inclus 45 960 diabétiques vaccinés contre le zona et 4 835 246 non‑vaccinés. Un appariement par score de propension a été réalisé, et les nouveaux événements cardiovasculaires majeurs ont été recensés. L'âge moyen des patients était de 63,5 ans, les femmes étaient très légèrement minoritaires (49,2 %). Le taux d'incidence des événements était plus faible chez les participants vaccinés que chez les non‑vaccinés : HR global : 0,76 (0,72–0,79), HR 0,73 (0,69–0,78) pour la coronaropathie, HR 0,79 (0,74–0,84) pour l'AVC et HR 0,54 (0,52–0,57) pour la mortalité toutes causes confondues.

Ces effets protecteurs sont restés constants quel que soit le groupe d'âge, le sexe et le type de diabète, étayant ainsi le bénéfice potentiel de la vaccination contre le zona dans la réduction du risque cardiovasculaire. Des études prospectives sont indispensables pour confirmer ce résultat prometteur.

Sources :
  1. Lee S, Lee K, Oh J et coll. Live zoster vaccination and cardiovascular outcomes: a nationwide, South Korean study. Eur Heart J. 2025 Aug 8;46(30):2991-3002.doi: 10.1093/eurheartj/ehaf230.
  2. Kornelius E, Lo SC, Huang CN et coll. Association of herpes zoster vaccination and cardiovascular risk in patients with diabetes: long-term insights from a retrospective cohort study. BMJ Open. 2025 Feb 18;15(2):e090428. doi: 10.1136/bmjopen-2024-090428.
Live zoster vaccination and cardiovascular outcomes: a nationwide, South Korean study
Association of herpes zoster vaccination and cardiovascular risk in patients with diabetes: long-term insights from a retrospective cohort study

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