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Faciliter l’adoption des biosimilaires par les patients … et les professionnels de santé

En dépit de l’abondance de données démontrant leur efficacité et les bénéfices qu’ils peuvent apporter, l’adoption des biosimilaires n’est souvent pas optimale. Que faut-il apporter - aux patients et aux professionnels de santé - pour faciliter l’accès à ces traitements efficaces ? Deux études récentes, l’une finlandaise, l’autre américaine, se penchent chacune à leur manière sur cette question. (1) (2)

La première de ces publications est une intéressante étude parue en janvier 2025 dans BMJ Open et menée par deux chercheuses d'Uusimaa (Finlande). (1)

Leur objectif était d'analyser les attentes d'utilisateurs de biothérapies en version princeps et en version biosimilaire, et d'explorer ainsi quels facteurs pourraient favoriser l'adoption des biosimilaires (et des biothérapies en général) et renforcer l'adhérence au traitement.

Pour ce faire, ces deux chercheuses ont mis sur pied une enquête en ligne anonyme, adressée en 2022, par le biais de 88 pharmacies en Finlande et de deux organisations de patients, à des utilisateurs de versions princeps ou biosimilaires de : adalimumab, étanercept, filgrastim et pegfilgrastim.

Au total, 199 patients utilisant une biothérapie ont complété cette enquête. Leur âge médian était de 50 ans, 69 % étaient des femmes. Pour 66 % d'entre eux, il s'agissait d'un biosimilaire. Pour 60 % c'était leur première biothérapie et 50 % prenaient ce type de traitement depuis au moins 3 ans. Tous les participants s'injectaient eux-mêmes. 

Autonomiser les patients

Dans 65 % des cas, le médecin prescripteur avait pris seul la décision de mettre en place cette biothérapie ; dans seulement 24 % des cas, il s'agissait d'une décision partagée à l'issue d'une discussion évaluant les différentes options de traitement. Les deux produits les plus utilisés (princeps ou biosimilaire) étaient adalimumab (64 %) et étanercept (26 %), pour les affections suivantes : polyarthrite rhumatoïde (32 %), maladie de Crohn (22 %), spondylarthrite axiale (15 %) et rectocolite hémorragique (13 %).

Selon ces patients, les trois principaux facteurs influant sur leur adhérence au traitement – au-delà de l'efficacité du produit bien entendu – étaient les suivants : peu d'effets indésirables (58 %), accès à un accompagnement ou soutien (54 %) et facilité d'utilisation du dispositif d'administration (48 %).

Infographie issue de l'étude. (1) Facteurs jugés importants en plus de l'efficacité du traitement

Interrogés sur la prescription initiale de la biothérapie, la plupart (95 %) estimaient avoir reçu suffisamment d'informations et d'instructions sur l'auto-administration de leur traitement. Ils étaient 89 % à souligner l'importance d'un contact personnel, face à face. Les autres facteurs contribuant à leurs yeux à des conditions optimales étaient : informations sur les effets indésirables (49 %), instructions sur le choix du site d'injection (48 %) et conseils pratiques de conservation et transport du produit (40 %).

Les utilisateurs de biosimilaires étaient plus sensibles aux questions liées aux effets indésirables que les utilisateurs de princeps (49 % vs 35 %), un écart qui souligne la nécessité d'informer davantage sur les biosimilaires (par définition, de commercialisation plus récente que les princeps).

Infographie issue de l'étude. (1) Besoins en informations spécifiés par sous-groupe (biosimilaires/princeps)

Informer aussi les praticiens

L'étude américaine publiée en mai 2025 dans Journal of the American Board of Family Medicine (JABFM), centrée uniquement sur les biosimilaires, présentait l'intérêt d'inclure à la fois des patients (n = 379) et des professionnels de santé (n = 368). (2) L'approche originale était de leur soumettre en différents sous-groupes plus un groupe témoin, des informations sur un biosimilaire fictif.

Ses conclusions montrent que dans ces deux groupes, les informations sur les biosimilaires ne sont pas toujours comprises de manière correcte, et soulignent donc l'importance de renforcer l'éducation sur ces produits, parmi les patients mais aussi parmi les professionnels de santé.

Sources :

  1. Pölkki M, Prami T. Cross-sectional patient survey of biological medicine users in Finland to investigate the types of guidance needed by patients in order to carry out their treatment successfully. BMJ Open. 2025 Jan 15 https://doi.org/10.1136/bmjopen-2024-090136
  2. Johnson M, Thompson JE, Tilley AA, et coll. Perceptions and Preferences for Defining Biosimilar Products in Prescription Drug Promotion. J Am Board Fam Med. 2025 May 12 https://doi.org/10.3122/jabfm.2024.240151R1
Cross-sectional patient survey of biological medicine users in Finland to investigate the types of guidance needed by patients in order to carry out their treatment successfully
Perceptions and Preferences for Defining Biosimilar Products in Prescription Drug Promotion

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