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Automne : début des infections et des campagnes vaccinales

Une nouvelle variante du COVID-19 circule actuellement et pourrait toucher l’Europe cet automne, sans provoquer de lourdes conséquences, selon les rapports en provenance d’Asie. Mais d’autres infections, comme le virus respiratoire syncytial (VRS) et le hMPV, ont déjà causé de lourds dégâts en 2024.

Outre les nourrissons, les personnes âgées constituent le groupe à risque principal pour un évolution sévère des infections à VRS. Le taux de mortalité chez les seniors hospitalisés est de 6 à 8 %. En moyenne, sur quatre saisons, le VRS a entraîné 84,7 hospitalisations pour 100 000 personnes âgées de plus de 60 ans. Le nombre d'hospitalisations liées au VRS était particulièrement élevé (> 300 pour 100 000) chez les résidents d'EHPAD ou les patients atteints de cancers hématologiques, chez les personnes de 75 ans et plus avec une maladie pulmonaire chronique ou des limitations fonctionnelles, et chez les 85 ans et plus présentant un asthme ou des maladies cardiovasculaires.

Une équipe de Pamplona, dirigée par Jesús Castilla de l'Instituto de Salud Pública de Navarra, a étudié quels seniors présentent le plus haut risque de maladie grave. Leur travail a été repris par Eurosurveillance. Le résultat ? Limiter la vaccination contre le VRS aux personnes âgées présentant des facteurs de risque supplémentaires pourrait permettre de prévenir la moitié de toutes les hospitalisations chez les seniors.

La vaccination contre le VRS peut prévenir la majorité des maladies et probablement des décès, mais le coût des trois vaccins approuvés (Abrysvo de Pfizer, Arexvy de GlaxoSmithKline et mResvia de Moderna) empêche de recommander la vaccination à tous les seniors dans de nombreux pays.

La base de l'étude reposait sur le dossier médical électronique de la province de Navarre, où un assureur public prend en charge gratuitement tous les habitants. L'étude est donc populationnelle. Dans les cliniques, les infections à VRS ont été diagnostiquées par PCR dès les hivers 2016/17 à 2019/20, permettant une estimation fiable de la prévalence avant la pandémie et avant l'introduction des vaccins.

L'âge des patients s'est révélé être le principal facteur de risque. Comparativement au groupe 60-64 ans, le nombre d'hospitalisations augmentait d'un facteur 2, 3, 4 et 6 chez les personnes âgées de 70, 75, 80 et 85 ans. Les patients de plus de 75 ans, représentant un tiers des seniors (38,6 %), ont compté pour 76,1 % des hospitalisations liées au VRS.

Le vaccin fonctionne

Marie van der Wielen, de GSK à Wavre, a étudié la durée de protection de la vaccination simple avec Arexvy. L'effet s'affaiblit au cours de la troisième saison. Cependant, dans l'essai crucial de phase 3, un nombre significativement moins important de seniors vaccinés a développé des affections des voies respiratoires basses causées par le VRS par rapport au groupe placebo.

Une dose de rappel administrée avant la deuxième saison a légèrement augmenté l'effet protecteur lors de la troisième saison, comme décrit dans Lancet Infectious Diseases. En juin 2023, Arexvy est devenu le premier des trois vaccins contre le VRS disponibles pour les adultes âgés. Il a été comparé à un placebo dans l'étude AReSVi-006, incluant près de 25 000 seniors de plus de 60 ans. Lors de la première saison, Arexvy a montré un effet protecteur de 82,6 %.

Lors de la deuxième saison, l'effet protecteur est tombé à 56,1 %. Avant cette saison, la moitié des participants avait reçu un rappel, mais l'effet protecteur n'était pas supérieur à celui de la vaccination simple (55,9 %). Les données pour la troisième saison montrent que l'effet protecteur de la vaccination simple est légèrement inférieur (48,0 %), tandis que chez ceux ayant reçu un rappel avant la deuxième saison, l'effet est monté à 68,4 %.

D'autres études sont nécessaires pour déterminer la stratégie optimale, mais ces résultats confirment d'autres travaux : les patients de 70 à 79 ans bénéficient de la vaccination. Chez les personnes de plus de 80 ans, la protection vaccinale n'a pas pu être confirmée de manière fiable, en raison du petit nombre de participants. Les patients présentant des affections cardiorespiratoires ou endocriniennes/métaboliques, ainsi que les patients fragiles avec une vitesse de marche ≥ 0,4 m/s, ont également montré un risque réduit de développer des affections des voies respiratoires basses causées par le VRS après vaccination.

Sources :

The global burden of human metapneumovirus-associated acute respiratory infections in older adults: a systematic review and meta-analysis
Hospitalisation due to respiratory syncytial virus in a population-based cohort of older adults in Spain, 2016/17 to 2019/20
Efficacy, safety, and immunogenicity of the AS01E-adjuvanted respiratory syncytial virus prefusion F protein vaccine (RSVPreF3 OA) in older adults over three respiratory syncytial virus seasons (AReSVi-006): a multicentre, randomised, observer-blinded, placebo-controlled, phase 3 trial
Respiratory tract virus infections in the elderly with pneumonia

Pascale Pierard - Lien d'intérêts financiers : aucun • MediQuality