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Le cancer de l’endomètre en 2026 : incidence et classification

Le cancer de l’endomètre est l’un des rares cancers dont l’incidence et la mortalité ont continué d’augmenter au cours de la dernière décennie. De nouvelles approches diagnostiques (identification de biomarqueurs) et thérapeutiques (préservant la fertilité, s’appuyant sur l’immunothérapie) sont nécessaires.

Incidence et mortalité

Aux États-Unis, le cancer de l'endomètre représente le quatrième cancer féminin en termes de survenue. Son incidence a augmenté au cours de la dernière décennie (hausse de 1 % par an). Entre 2018 et 2022, le taux d'incidence ajusté sur l'âge dans ce pays était de 28,3 pour 100 000. Outre ces chiffres en augmentation, le cancer de l'endomètre est l'un des rares cancers associés à une majoration du taux de mortalité (progression de 1,5 % par an aux États‑Unis et est désormais la cinquième cause de décès par cancer chez les femmes de ce pays). Cette hausse de la mortalité est en partie attribuable à l'incidence croissante de sous‑types histologiques non endométrioïdes plus agressifs, qui représentent désormais près de 40 % des décès.

Autre fait marquant, le diagnostic est de plus en plus précoce : il s'agit de femmes de moins de 50 ans — souvent en surpoids ou obèses, le surpoids/l'obésité étant le principal facteur de risque avec le diabète — chez qui le cancer est découvert de manière fortuite à l'occasion d'examens réalisés dans un contexte de métrorragies ou de saignements vaginaux. Jusqu'à présent, ce cancer était considéré comme rare avant 50 ans et il était plutôt recherché après la ménopause.

Environ 2 à 5 % des cancers de l'endomètre surviennent dans un contexte de prédisposition génétique (syndrome de Lynch). La durée d'exposition aux hormones naturelles (puberté précoce, ménopause tardive), le traitement hormonal de la ménopause et l'exposition au tamoxifène représentent aussi des facteurs de risque.

Nouvelle classification et nouveaux biomarqueurs

En 2023, la Fédération internationale de gynécologie et d'obstétrique (FIGO) a actualisé la classification des cancers de l'endomètre en introduisant la notion de classification moléculaire (statut POLE, MMR et p53). Les modifications apportées à la classification FIGO entre 2009 et 2023 suscitent le débat : certains estiment qu'elles favorisent une plus grande équité d'accès aux soins pour les femmes, tandis que d'autres soulignent qu'il s'agit d'un passage d'une classification purement anatomique à une classification du niveau de risque. Les comptes rendus d'anatomopathologie doivent désormais spécifier le type histologique de la tumeur, le grade pour les tumeurs endométrioïdes, la présence ou l'absence d'emboles et l'extension de la tumeur (invasion myométriale, atteinte de la séreuse, atteinte du col utérin, du vagin, des annexes ou des organes du voisinage).

L'identification de biomarqueurs permet une meilleure compréhension de la biologie tumorale et des réponses thérapeutiques. Ces sous‑types comprennent les mutations du gène codant pour la polymérase epsilon (POLEmut), le déficit du système de réparation des mésappariements (dMMR), les cas sans profil moléculaire spécifique, ainsi que les mutations du gène TP53 et l'expression anormale de la protéine p53 (p53abn).

Outre les biomarqueurs moléculaires, les biomarqueurs sériques tels que HE4, CA 125, CA 72‑4, CA 19‑9, YKL‑40 et TAG‑72 peuvent faciliter le suivi du traitement et des récidives.

Parmi les autres biomarqueurs sériques qui pourraient fournir des informations sur la réponse immunitaire et avoir une valeur pronostique, on peut citer les récepteurs aux œstrogènes et à la progestérone, ainsi que les biomarqueurs de la réponse inflammatoire et immunitaire tels que la protéine C‑réactive et certaines cytokines.

Enfin, l'ADN tumoral sanguin circulant pourrait devenir un moyen d'obtenir des informations sur les mutations génétiques et les profils de méthylation des tumeurs, contribuant ainsi au dépistage précoce, à l'évaluation de la réponse au traitement et au suivi des récidives.

Source :

Rodriguez V, Morrow M, Rajpara R et coll. Endometrial cancer therapy in 2026. Curr Opin Obstet Gynecol. 2026 Feb 1;38(1):22-33. doi: 10.1097/GCO.0000000000001078

Endometrial cancer therapy in 2026

Dr Isabelle Catala - Lien d'intérêts financiers : aucun • MediQuality

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