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ERS 2025 : Avancer aussi sur l’asthme sévère.

L’asthme sévère figurait en bonne place parmi les thèmes largement abordés lors du congrès de l’European Respiratory Society, à Amsterdam en septembre 2025 (ERS 2025). Les innovations thérapeutiques constantes et la progression des connaissances permettent d’améliorer et d’affiner la prise en charge. Un petit tour d’horizon (sélectif) de plusieurs présentations dans ce domaine, et notamment des études issues du projet SHARP, dont la Pr. Florence Schleich (Liège) est l’une des coprésidentes.

Vaste projet de recherche rassemblant 270 membres de 28 pays en Europe, le registre SHARP.

(pour Severe Heterogeneous Asthma Research collaboration, Patient-centered) s'intéresse, comme son nom l'indique, à l'asthme sévère et l'une de ses particularités est son fort centrage sur les patients. La Pr Florence Schleich (Liège) en est l'une des coprésidentes et la Pr Shane Hanon (Bruxelles) est la « National Country Lead » pour la Belgique. Dans le cadre de l'ERS 2025, plusieurs équipes liées au projet de recherche SHARP ont présenté les résultats de leurs travaux.

La multimorbidité reste sous-explorée

La première de ces études portait sur la multimorbidité dans l'asthme sévère. (1) Rappelant la fréquence des comorbidités, souvent multiples, dans l'asthme sévère et leur impact sur l'état de santé et la qualité de vie des patients, ces chercheurs s'intéressaient à la manière dont les spécialistes de l'asthme sévère d'une part et les pneumologues plus généralistes d'autre part utilisent les ressources à leur disposition en termes de prise en charge de la multimorbidité.

Menée sous forme d'enquête auprès de médecins (495 réponses de 25 pays en Europe), cette étude fait apparaître une plus grande conscience des risques liés à la multimorbidité parmi les spécialistes de l'asthme sévère (SAS). Ceux-ci disposaient d'ailleurs beaucoup plus souvent d'un accès à une équipe pluridisciplinaire dédiée et la plupart d'entre eux (75 %) évaluaient systématiquement la présence de comorbidités en cas d'asthme sévère (ils n'étaient que 52 % pami les pneumologues généralistes). Les SAS estimaient sur la base de leur expérience que les multiples comorbidités étaient très fréquentes dans l'asthme sévère et qu'elles impactaient lourdement l'évolution de l'asthme sévère et la santé en général de ces patients. 

Biothérapies efficaces aussi chez les fumeurs asthmatiques…

Une autre étude, menée elle aussi des équipes liées à SHARP, évaluait l'efficacité des biothérapies déjà disponibles, chez des fumeurs atteints d'asthme sévère (fumeurs actifs et anciens fumeurs). (2)

Les données étaient issues du registre ERS SHARP et portaient sur 3 689 personnes souffrant d'asthme sévère (à l'inclusion et à 1 an après le début du traitement par biothérapie). Parmi ces asthmatiques, 2 282 n'avaient jamais fumé, 505 étaient d'anciens fumeurs « modérés » (<10 paquets-années), 766 d'anciens gros fumeurs (≥ 10 paquets-années) et 136 des fumeurs actifs.

À 1 an sous biothérapie, on observe parmi les fumeurs et anciens fumeurs une amélioration du contrôle des symptômes (+220 %, +215 %, +200 %), une réduction du nombre d'exacerbations fréquentes (>2 par an) (-67 %, -65 %, -61 %), une amélioration de la qualité de vie liée à l'asthme (+18 %, +23 %, +118 %), et de meilleurs chiffres de VEMS pré-bronchodilatateur (+10 %, +9 %, +6 %). 

L'un des éléments à retenir ici est l'absence de différence significative avec le groupe n'ayant jamais fumé (sauf pour la qualité de vie de vie liée à l'asthme). Il semble que les praticiens hésitent régulièrement à prescrire des biothérapies à des fumeurs, un aspect que ces chercheurs rappellent en soulignant que les résultats de leur étude montrent la bonne efficacité des biothérapies quel que soit le statut tabagique. 

Infographie issue de la présentation. (2) Modifications en % à 1 an sous biothérapie.

...et chez les asthmatiques âgés

Dans une optique assez voisine, une autre étude « SHARP » s'intéressait aux prescriptions de biothérapies dans l'asthme sévère, selon les tranches d'âge des patients. (3)

Issues ici aussi du registre SHARP, les données portaient sur 4 116 patients souffrant d'asthme sévère. Parmi eux, 21,5 % (n = 887) avaient entre 18 et 44 ans, 23 % (n = 929) entre 45 et 54 ans, 54 % (n = 2 215) entre 55 et 79 ans, et 2 % (n = 85) 80 ans ou plus. L'analyse des marqueurs de l'inflammation de type 2 ne faisait apparaître aucune différence liée à l'âge, mais les plus de 80 ans étaient moins souvent traités par biothérapies qu'ils n'auraient pu ou n'auraient dû l'être. 

Infographie issue de la présentation. (3)

Sources :

  1. D. Matisa et coll. Multimorbidity in severe asthma: resources and perspectives from severe asthma specialists and general respiratory physicians in SHARP. Congrès annuel de l'European Respiratory Society (ERS 2025), Amsterdam (Pays-Bas), septembre 2025.
  2. J. Charriot et coll. Evidence of efficacy of biologics in smokers with severe asthma in the SHARP CRC registry. Congrès annuel de l'European Respiratory Society (ERS 2025), Amsterdam (Pays-Bas), septembre 2025.
  3. S. Principe et coll. Age-related differences in severe asthma patients addressed to biologics: insights from the SHARP Colaboration, Congrès annuel de l'European Respiratory Society (ERS 2025), Amsterdam (Pays-Bas), septembre 2025.
The ERS Congress
SHARP - improving the life of people with severe asthma

Patrice Pinguet - Lien d'intérêts financiers : aucun • MediQuality