COVID-19. Une néerlandaise étudiant la médecine à la VUB témoigne sur la pandémie
BRUXELLES 01/04 - On dirait que c'était hier que j’étais seule dans une pièce avec deux assistants, pour le cours sur « la cellule : structure et fonction ». Après un exercice, j’étais la dernière dans la classe car j'apporte toujours beaucoup (trop) de détails dans mes dessins. Au cours de la conversation, nos avis se sont révélés partagés. Je pensais comme beaucoup de jeunes : les médias mettent le focus, mais les chiffres de la grippe « normale » sont vraiment choquants ! Un des assistants disait que c'était peut-être comme la grippe mexicaine ; ça va et ça vient. L'autre assistant indiquait qu'il pensait que c'était bien plus grave que ce que nous estimions. Une semaine plus tard, l'école fermait ses portes.
Je suis maintenant d'accord avec l'avis du deuxième assistant. Je vis aux Pays-Bas, à la frontière, dans la province qui a été, la première, présentée comme « l'épicentre néerlandais ». Je vois les images qui nous parviennent d'Italie et d'Espagne, et je voudrais aider. Je suis déjà infirmière et j'étudie maintenant pour devenir médecin ; je pourrais quand même me rendre utile ? ! Mais je suis atteinte d'une maladie auto-immune ; mon corps considère ses propres organes comme des « tissus étrangers » et les endommage donc lui-même. Ma sœur a pleuré quand j'ai voulu rejoindre une organisation pour apporter mon aide. Si la maladie me touche et en cas de pénurie d'appareils respiratoires, on choisira de me laisser partir parce que je suis déjà « abîmée » et l'idée de ne pas me voir vieillir lui est insupportable. C'est là que j'ai abandonné.
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