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Assises Bruxelles - Un infirmier déclaré coupable de l'assassinat de son amie par empoisonnement

BRUXELLES 09/02 - Le jury de la cour d'assises de Bruxelles a déclaré, mardi après-midi, un infirmier de 61 ans coupable d'avoir assassiné son amie, qui lui avait demandé de lui donner la mort, en juin 2016 à Schaerbeek. Il était en aveu de lui avoir injecté une dose élevée de morphine.

"En injectant à la victime puis à lui-même des substances à dose létale, son intention était clairement de donner la mort à celle-ci, puis à lui-même", a argumenté le jury.

"L'expert en toxicologie a conclu que la dose de morphine dans le sang de la victime était toxique et les médecins légistes ont déclaré que sa mort était la conséquence d'un surdosage de morphine."

Le jury a également tenu compte des aveux de l'accusé. Celui-ci a déclaré que la victime lui avait demandé à plusieurs reprises de l'aider à mourir et qu'il avait tenté de l'en dissuader et de lui parler d'autres solutions à ses problèmes. Ils avaient notamment évoqué l'idée de partir ensemble à l'étranger. Ils étaient aussi partis quelques jours à la mer peu avant les faits, pendant lesquels la victime avait cessé de consommer de l'alcool et s'était sentie mieux, avait-il raconté.

L'accusé a affirmé qu'il avait fini par se ranger lui aussi à cette idée de mourir, n'ayant pas trouvé d'autres solutions à ses propres problèmes.

Le 21 juin 2016 en début d'après-midi, la police et les services de secours sont intervenus dans l'appartement occupé par l'accusé, P.T., rue des Azalées à Schaerbeek. Ce dernier a été découvert sur son lit, en détresse respiratoire. À côté de lui se trouvait une dame, qui ne donnait plus signe de vie. Deux traces d'injections intravasculaires ont été découvertes au niveau de ses poignets. Celle-ci a été identifiée comme étant S.E., une femme âgée de 48 ans.

L'autopsie a plus tard conclu qu'elle est décédée après avoir reçu une dose létale de morphine. Dès qu'il n'a plus été en danger de mort, P.T., infirmier en soins palliatifs, a expliqué à la police que S.E. lui avait demandé de l'aider à mourir et qu'il avait décidé de se donner la mort avec elle. Il a déclaré qu'il avait préparé des seringues de morphine, de Valium et de Dormicum, provenant de sa sacoche d'urgence. Il a commencé par faire les injections à son amie puis à lui-même.

Une lettre d'adieu, rédigée par la victime, datée du 20 juin 2016, a été retrouvée par les enquêteurs. Elle y raconte avoir pris la décision d'en finir avec la vie, face à son mal-être auquel elle ne trouvait pas de remède, après des années de souffrances psychiques. P.T. et S.E. s'étaient rencontrés à la clinique La Ramée à Uccle, en avril 2016, où ils étaient tous deux soignés pour dépression. 

AUM/ • Belga

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