Tracing des contacts et conflits d'intérêts: Frank Robben tente de rassurer
BRUXELLES 20/06 - Frank Robben, le patron controversé de la plateforme de santé en ligne e-health et de la banque carrefour de la sécurité sociale (BCS), qui a aussi rédigé l'arrêté royal fixant les conditions du suivi des contacts des malades du Covid-19, s'est défendu vendredi au micro de BX1, après une enquête parue dans le magazine Wilfried dénonçant sa trop forte concentration de pouvoirs en matière de données privées.
"L'article indique qu'il y aurait un grand big brother. Nous faisons l'inverse depuis 30 ans", se défend Frank Robben, qui indique que les données de la banque carrefour et de e-health sont stockées de façon "tout à fait décentralisée". "C'est le choix politique qui a été fait depuis toujours", insiste-t-il. Le fonctionnaire ne mentionne toutefois pas la base de données centralisée prévue dans son arrêté royal et gérée par l'Institut de santé publique Sciensano dans le cadre du tracing du Covid-19, mise en cause par Wilfried.
A la demande du gouvernement, j'ai aidé à implémenter le système du suivi des contacts en 18 jours. Mes excuses si j'aurais brusqué des gens dans ce rythme infernal. Je n'ai, à ma propre initiative, pas participé à la délibération de l'APB, pour éviter tout conflit d'intérêt. https://t.co/nN7vTA8Keo
— Frank Robben (@FrRobben) June 20, 2020
"Avec des articles pareils, on détricote la confiance, qui est absolument nécessaire", déplore Frank Robben. "Cela n'aide pas d'attaquer quelqu'un personnellement, il faut analyser le système", poursuit-il, tout en admettant comprendre les craintes au sujet d'un éventuel successeur moins bien intentionné que lui.
Les attaques ad hominem sont pour le compte de ceux qui ont cru devoir les faire. Quiconque me connaît, sait que j'essaie délibérément de concilier les droits fondamentaux à la protection sociale, à des soins de santé de qualité et à la protection des données. https://t.co/nN7vTA8Keo
— Frank Robben (@FrRobben) June 20, 2020
Le fonctionnaire n'aborde pas non plus la légalité de son mandat à l'Autorité de la protection des données (APD). L'APD donne des avis et il n'est pas permis de participer aux délibérations concernant un texte qu'on a élaboré, s'est-il contenté de préciser.
Quant au Comité de la sécurité de l'information (CSI), qui définit qui est autorisé à puiser dans les données de Sciensano et monté par Frank Robben, le fonctionnaire rappelle qu'il est nommé par le Parlement, ce qui était précisément le problème soulevé par Wilfried. Les députés ont approuvé l'organe contre l'avis de la Commission européenne et du Conseil d'État, contre la Constitution belge et le règlement général sur la protection des données (RGPD), écrit vendredi le magazine.