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La Belgique loupe son objectif d’éradication de l’hépatite C

BRUXELLES 09/10 - A l’horizon 2030, l’hépatite virale appartiendra au passé. C’est quoi qu’il en soit ce que notre pays, aux côtés de l’ensemble des Etats membres de l’UE, avait promis en 2016 devant l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). La réalité est tout autre. Quatre ans après la date, les démarches entreprises dans notre pays en direction de l’éradication de l’hépatite virale s’avèrent insuffisantes. La Belgique compte encore et toujours parmi le groupe de pays en queue de peloton. Plus fort encore: à politique inchangée, notre pays ne parviendra même pas à réaliser l’objectif OMS à l’horizon 2050.

Briser la chaîne
 
Au cours des dix prochaines années, notre pays devra donc combler un retard conséquent. En effet, l'hépatite virale n'est pas innocente. L'hépatite C surtout cause d'importants dégâts. Dans notre pays, selon les calculs de la coalition belge contre le VHC, 18 000 personnes sont atteintes par l'hépatite C en Belgique et pas moins de 300 patients décéderaient chaque année des suites de leur contamination.
 
Dr. Jean-Pierre Mulkay, gastro-entérologue au CHU Saint-Pierre et porte-parole de la coalition contre le VHC, regrette ces chiffres : «Etant donné que les porteurs du virus demeurent parfois asymptomatiques pendant longtemps, ils contaminent souvent des gens de leur environnement par contact intersanguin. C'est précisément cette chaîne de contamination que nous devons rompre. Tant que nous n'y parvenons pas, nous ne parviendrons pas à mettre un terme aux risques pour le patient même, pour la santé publique et pour le budget des soins de santé. D'autre part, nous disposons d'un traitement très efficace et bien toléré, qui offre une chance de guérison de plus de 95%».
 
Une concertation issue de la coalition
 
Chaque année, 1 200 personnes devraient être traitées en Belgique, selon les calculs de la coalition belge contre le VHC. Cette coalition a formulé des recommandations de politique essentielles pour remettre la Belgique sur la bonne voie. « En raison de la nature latente de l'hépatite C et du fait qu'elle touche les groupes plus fragiles, un bon suivi revêt une importance cruciale. Pour cela, une approche correctement coordonnée au niveau national s'impose, car des demi-mesures auront autant d'effet que des coups d'épée dans l'eau », souligne dr. Jean-Pierre Mulkay. Et ce dernier d'ajouter : « L'importance d'une stratégie globale et multidisciplinaire, allant de la prévention au traitement et au suivi, transparaît clairement dans nos recommandations ».
 
Dans les recommandations de politique, une attention particulière est portée aux différents points aveugles de la politique actuelle. Ceux-ci sont imputables à un manque de coordination des soins de santé, mais aussi aux compétences fragmentées dans notre pays. Tandis que la prévention repose sur les épaules des communautés, le traitement de l'hépatite C est une compétence du SPF Santé Publique. Un prisonnier doit quant à lui faire appel aux services du SPF Justice. Selon dr. Mulkay, le rôle de cette inefficacité ne peut pas être sous-estimé: « L'hépatite C prospère en marge de la société. Il est frappant de constater que ce sont précisément ces gens qui passent au travers des mailles du filet ».
 
Table ronde
 
Le 9 octobre, la coalition organise une table ronde visant à entamer un dialogue avec les principaux acteurs sur le terrain au sujet de l'actuelle politique en matière d'hépatite et les recommandations de la coalition d'experts. Les décideurs politiques et autres intéressés ont pu prendre part virtuellement à la table ronde traitant du document de vision « Une Belgique sans hépatite à l'horizon 2030 ». Durant une phase suivante, la coalition partagera ses recommandations de politique avec les ministres compétents et autres décideurs politiques. De la sorte, la coalition s'efforce de replacer l'éradication de l'hépatite parmi les priorités à l'ordre du jour.
 

Coalition VHC