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Dr Luc Colemont : « Dépistage du cancer du côlon, dès 45 ans plutôt que 50 »

Opinion

BRUXELLES 28/05 – Les États-Unis ont officiellement décidé cette semaine d'adapter leurs directives en matière de dépistage du cancer du côlon. Celui-ci y est désormais recommandé à partir de l'âge de 45 ans. Quand l’Europe - en l'occurrence la Belgique (à 50 ans) et les Pays-Bas (à 55 ans) - suivra-t-elle cette voie ?

Un message nous est parvenu des États-Unis via les réseaux sociaux, annonçant que « l'US Preventive Services Task Force (USPSTF) avait publié ses nouvelles directives dans la célèbre revue JAMA. L'USPSTF est, en matière de directives de prévention, l'organisme le plus influent et le plus réputé au monde.

Information importante, les nouvelles directives préconisent le dépistage du cancer du côlon à partir de l'âge de 45 ans. Cela ne me surprend pas totalement, mais on ne peut que s'en réjouir. Il y a trois ans exactement, l'American Cancer Society avait déjà formulé des recommandations dans ce sens.

Plus récemment, l'American College of Gastroenterology s'était également prononcé du même avis. Mais maintenant que la plus haute instance publie cette recommandation, nous espérons un impact encore plus grand. Les directives restent des directives, ce ne sont pas des lois, mais tout de même...

Nous savons depuis un certain temps que le cancer du côlon, ce tueur silencieux, se manifeste plus tôt et constitue un problème mondial. Nous ne pouvons pas nier les chiffres. Nous pouvons débattre de la cause pendant des jours et savons qu'il s'agit d'un problème complexe, dans lequel intervient sans aucun doute une combinaison de facteurs différents. Il y a là matière à de nouvelles recherches. Mais attendre les résultats de ces recherches serait une erreur capitale. Nous devons prendre des mesures préventives, au sens propre comme au sens figuré, et intervenir plus tôt. C'est ce que les Américains vont faire désormais.

Je suis très curieux de savoir quelle sera la réaction de ce côté-ci de l'Atlantique. Que va faire l'Europe, et que va faire la Belgique ? Je crains qu'il ne faille attendre longtemps avant d'avoir une directive similaire chez nous. Le coronavirus n'a pas seulement privé tout le monde de liberté, il a aussi, sans aucun doute, mis de côté d'autres thèmes essentiels.  

Ces derniers mois, l'ordre des priorités a été fortement bousculé. Des déclarations rhétoriques ont été faites pour que l'on investisse davantage dans la prévention, mais pour moi, cela ressemble fort à un « attendons de voir pour le croire ». Je parle en connaissance de cause. Les « tables rondes » et autres énièmes « livres blancs » ne mèneront à rien.

Dans la lutte contre le cancer du côlon, l'action est la seule réponse possible. Pourquoi la Belgique ne prendrait-elle pas la tête pour une fois ? N'est-ce pas une belle perspective que de sauver de nombreuses vies, de gagner des années de bonne santé et... d'épargner des coûts ? Ce n'est pas si compliqué. Qui en prendra l'initiative ? Celle-ci viendra-t-elle de la rue de la Loi ou de la rue Wiertz (l'adresse du Parlement européen) ? Je ne doute pas qu'il y ait des politiciens pour prendre ce sujet à cœur !

Je n'attends pas la réponse. Notre asbl Stop Cancer Côlon continuera à taper sur le même clou : « Faites le test ». Et nous avons désormais un nouveau clou, « Dès 45 ans, plutôt que 50 ». Merci l'USPSTF !

Photo copyright : Wim Daneels

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