Covid-19 : Le gouvernement envisage d'offrir deux tests gratuits à ceux qui n'ont pu recevoir un vaccin, Unia réagit
BRUXELLES 04/06 - Le gouvernement fédéral est prêt à offrir la possibilité aux personnes qui n'ont pas encore eu l'occasion de se faire vacciner de faire deux tests PCR gratuits, ont indiqué jeudi à la Chambre le Premier ministre, Alexander De Croo, et le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke.
Le comité de concertation se réunit ce vendredi. Programme de la réunion: les voyages à l'étranger à l'approche des grandes vacances. Le 1er juillet doit entrer en vigueur un certificat européen permettant de franchir les frontières qui reposera sur la vaccination, le test PCR ou le test antigénique pour les personnes qui auraient déjà contracté le Covid-19.
Le gouvernement n'a pas l'intention d'offrir la gratuité intégrale des tests PCR. Aux yeux de M. Vandenbroucke, il s'agit là d'une question de responsabilité à la fois budgétaire et personnelle et de solidarité. À partir du moment où des gens ont eu largement la possibilité de se faire vacciner et ne l'ont pas utilisée, rien ne justifie de leur offrir encore des tests gratuits, a-t-il expliqué.
L'une des conditions pour des assouplissements futurs est la progression de la vaccination. Le Premier ministre a rappelé que la Belgique était dans le peloton de tête européen et le gouvernement entend conserver cette position. Le comité de concertation devrait confier ce vendredi la mission à la taskforce vaccination de se pencher sur les réticences qui se manifestent encore face au vaccin et de formuler des recommandations à ce sujet, a indiqué M. Vandenbroucke.
Unia craint une "discrimination indirecte"
Des tests PCR gratuits uniquement pour les personnes "qui n'ont pas pu" se faire vacciner ouvre la porte à des discriminations indirectes et à des violations de la vie privée des citoyens, affirme ce vendredi Unia, le centre interfédéral pour l'égalité des chances, sur son site internet.
Face à cette proposition, Unia met en garde contre le risque d'une discrimination indirecte. "Cette différence de traitement fondée sur 'la volonté de se faire vacciner' pose question. Car derrière certains refus vaccinaux se cachent aussi des motivations liées à l'état de santé, aux convictions personnelles, ou à une difficulté d'accès au vaccin pour certaines personnes en situation précaire".
"Dans ce contexte, réserver la gratuité d'un test PCR aux personnes 'qui n'ont pas pu' se faire vacciner pourrait désavantager de manière indirecte des groupes protégés par les dispositions visant à lutter contre les discriminations. Cette mesure pourrait donc constituer une forme de discrimination indirecte", explique Unia.
Le centre signale encore que "si seules les personnes ayant refusé la vaccination doivent payer leur test PCR, on peut supposer que le personnel du centre de testing aura accès aux raisons de leur refus, ou du moins à une banque de données distinguant les refus jugés légitimes et les autres. Ce type de dispositif, s'il existe, pose question quant aux principes de protection de la vie privée ou de liberté convictionnelle."
Unia s'inquiète par ailleurs que de telles mesures soient prises sans concertation avec la société civile et des experts.