Traitement des aspergilloses cérébrales : quel antifongique choisir ?
L’aspergillose cérébrale est une des formes les plus sévères d’aspergilloses invasives. Les recommandations plaident pour l’utilisation en première ligne du voriconazole ou de l’isavuconazole qui présente l’avantage d’une meilleure tolérance et un moindre risque d’interactions médicamenteuses. Toutefois, à ce jour peu de cas cliniques ont été publiés. Qu’en est-il dans cette série de 40 patients menée à l’initiative du groupe européen EFISG et présentée par le Pr A. Serris (Paris) lors du dernier ECCMID 2023 ?
Les aspergilloses sont une cause majeure d'infections fongiques invasives. Elles concernent principalement les personnes immunodéprimées suite à une infection par le VIH, une aplasie liée à une chimiothérapie ou une leucémie aiguë, un traitement immunosuppresseur post greffe d'organe, voire un déficit immunitaire congénital. Le facteur de risque principal est une neutropénie profonde et prolongée. La localisation cérébrale représente 10% à 40% des aspergilloses invasives. La dissémination est hématogène à partir de lésions pulmonaires (67%) ou une extension d'une infection aiguë. L'imagerie montre des abcès cérébraux (83%), une méningite (20%) ou une vasculite (18%). A. fumigatus est identifié dans 65% des cas et A. flavus dans 10% des cas. Le pronostique est très sombre avec un taux de mortalité estimé entre 85% et 100%. Le voriconazole est la molécule de choix du traitement de l'aspergillose cérébrale, rejoint par l'isavuconazole (ISA) après son approbation par la FDA. Il est tout aussi efficace mais mieux toléré et à moindre risque d'interactions médicamenteuses, ne requérant pas d'adaptation posologique dans la plupart des cas, y compris chez les patients avec une insuffisance rénale ou hépatique.
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