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Traitement de l’épilepsie réfractaire : de la souris à l’homme, les espoirs de la thérapie génique

Une équipe française vient de démontrer que le blocage des récepteurs du glutamate de type kaïnate dont certains contiennent la protéine GluK2, diminue la transmission des messages excitateurs et réduit les crises épileptiques dans un modèle animal. Le traitement implique l’administration d’un ARN lié à un adénovirus qui va se lier à l’ARN messager de la protéine GluK2 et inhiber sa production. Une étude ex vivo sur des tissus cérébraux de patients ayant bénéficié d’une réduction chirurgicale du foyer épileptique montre que l’administration de l’ARN thérapeutique réduit drastiquement l’activité neuronale associée aux crises épileptiques.

Environ un tiers des patients épileptiques ne répond pas aux anti-épileptiques classiques. Une ablation du foyer épileptique est alors proposée sous réserve qu'il soit localisé et accessible. Cette approche chirurgicale est néanmoins sujette à caution par les effets indésirables et les résultats en demi-teinte, amenant à rechercher de nouvelles stratégies pour ces patients. L'une d'elle, la thérapie génique, utilisée déjà dans de nombreuses autres maladies, s'avère prometteuse même si sa mise en œuvre est complexe. Elle cible les récepteurs de type GluK2/GluK5 localisés de manière ectopique au niveau des synapses aberrantes formées par le bourgeonnement des axones de cellules granulaires du gyrus denté. L'hypothèse est que ces récepteurs jouent un rôle de détonateur dans le déclenchement des décharges épileptiques dans l'hippocampe. En 2014, une première étude avait démontré dans un modèle murin d'épilepsie du lobe temporal, que cette voie méritait d'être explorée. La suppression par thérapie génique de grik2, le gène codant pour la sous-unité GluK2 des récepteurs de glutamate de type kaïnate ou l'inhibition pharmacologique des récepteurs GluK2/GluK5, conduisait à une réduction du nombre de crises épileptiques spontanées et récurrentes. Mais la toxicité pharmacologique des molécules utilisées était rédhibitoire chez l'homme.

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