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PsA et axSpA en Europe : un accès parfois difficile aux traitements

L’arrivée des DMARD, ou médicaments antirhumatismaux modificateurs de la maladie, en particulier les synthétiques ciblés (tsDMARD) et les biologiques (bDMARD), a véritablement révolutionné le traitement du rhumatisme psoriasique (PsA) et de la spondylarthrite axiale (axSpA). Une étude récente met en évidence d’importantes disparités en Europe parmi les patients atteints de PsA ou d’axSpA. Reflets en partie des différents contextes nationaux, ces disparités ont cependant pour inconvénient d’entraver l’accès à ces traitements efficaces. (1)

Publiés en juin 2025 dans Health Policy, ces travaux ont été menés par une vaste équipe européenne.(1) Les auteurs soulignent en préambule qu'il s'agit de la première étude à effectuer des comparaisons entre les différents dispositifs et politiques en Europe sur les DMARD synthétiques ciblés et biologiques (b/tsDMARD) dans le traitement du rhumatisme psoriasique (PsA) et de la spondylarthrite axiale (axSpA), et à corréler ces données au statut socioéconomique du pays en question.

Pour ce faire, ils ont mis en place, entre octobre 2021 et avril 2022, une saisie électronique de données, de type REDCap, basée sur les registres de spondylarthrite membres du réseau European Spondyloarthritis Research Collaboration Network (EuroSpA RCN). Les 15 pays européens analysés ici étaient : Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Islande, Italie, Norvège, Pays-Bas, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovénie, Suède et Suisse. La Belgique ne figurait pas dans cette liste.

Les éléments recensés et comparés portaient sur les dispositifs en vigueur en termes de prescription, d'initiation, de switch, de réduction progressive et d'arrêt des DMARD synthétiques ciblés/biologiques. L'évaluation de la relation avec le statut socioéconomique de chaque pays était fondée sur le PIB par tête, les dépenses de santé par habitant et l'indice de développement humain. 

Les auteurs rappellent tout d'abord des travaux préalables ayant fait apparaître une extrême hétérogénéité, d'un pays à l'autre, parmi les patients PsA et axSpA, en termes de niveaux d'activité de la maladie ou de traitements mis en place par exemple. Le rôle des dispositifs réglementaires au niveau national reste sous-exploré, en dépit d'un impact sur l'accès au diagnostic (retard de diagnostic, d'initiation de traitement, de suivi).

Des situations extrêmement variables d'un pays à l'autre

Le premier constat que posent ces chercheurs est celui d'une très grande diversité des politiques nationales en termes de gestion du PsA et de l'axSpA.

Dans la plupart des pays, le médecin prescrivant des b/tsDMARD doit suivre des recommandations nationales et/ou du centre hospitalier dans lequel il exerce. Les critères sont ainsi très variables et parfois à une certaine « distance » des recommandations des sociétés savantes. La plupart des pays posent en préalable à la prescription de b/tsDAMARD une réponse inadéquate à un traitement (par DMARD synthétique conventionnel ou AINS), mais pas tous. Certains pays posent comme condition un certain niveau d'activité de la maladie, d'autres non. Aucun pays n'exige un arrêt du tabagisme (le tabac réduit la réponse au traitement par anti-TNF). Seul un tiers des pays a formulé des critères d'arrêt du traitement par b/tsDMARD. Deux pays interdisent de réessayer le même b/tsDMARD après un arrêt. En entravant l'accès aux traitements, ces seuils ont un impact négatif : retard de traitement, dommages irréversibles, …

Nettement moins de réglementation dans les pays plus riches

Dans la pratique, cela signifie que la situation d'un patient PsA ou axSpA - et l'évolution de sa maladie - peuvent être radicalement différentes selon son pays de résidence en Europe. Ces seuils semblent correspondre à des objectifs de maîtrise des coûts de santé. L'analyse du statut socioéconomique montre que les pays plus riches ont mis en place nettement moins de réglementation limitant l'accès aux b/tsDMARD. Les priorités politiques au niveau national pourraient également jouer un rôle.

Source :

  1. Brigitte Michelsen, Mikkel Østergaard, Michael John Nissen, et coll. Disparities in the organisation of national healthcare systems for treatment of patients with psoriatic arthritis and axial spondyloarthritis across Europe, Health Policy, Volume 156, 2025, https://doi.org/10.1016/j.healthpol.2025.105311
Disparities in the organisation of national healthcare systems for treatment of patients with psoriatic arthritis and axial spondyloarthritis across Europe

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