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Biosimilaires en Italie : des économies de 3 milliards en 10 ans

La question des économies réalisées grâce aux biosimilaires reste un sujet central. Une récente étude analyse les économies induites par l’introduction des biosimilaires en Italie sur la période 2013-2022 et apporte d’intéressantes données chiffrées. Le constat est clair : 3 milliards d’économies en 10 ans !(1)

Publiée en juin 2025 dans Value in Health Regional Issues, cette étude a été menée par une petite équipe de chercheurs de Rome.(1) Pour contextualiser leur démarche, ils soulignent le nombre à leurs yeux relativement faible de données sur les réductions de coûts en vie réelle, nombre d'études étant soit basées sur des projections soit ne portant que sur une molécule ou une pathologie spécifique. Leur objectif était donc d'analyser sur la période 2013-2022 les taux d'adoption des biosimilaires en Italie, l'évolution des coûts des biothérapies (princeps et biosimilaires confondus), et les économies réalisées du fait du recours aux biosimilaires. 

En préambule, ils rappellent le rôle essentiel des biothérapies, traitements novateurs dans un certain nombre de pathologies (diabète, maladies auto-immunes, cancers, …), dont la prévalence devrait continuer à croître fortement dans les années à venir. Elles représentent désormais 35 % des dépenses de médicaments en Europe, soit 80 milliards d'euros, en progression à un rythme annuel de 11,3 % (2016-2022), soit pratiquement le double du taux (6,3 %) pour l'ensemble des dépenses de médicaments. 

Ces chercheurs ont ainsi recensé toutes les biothérapies version princeps et version biosimilaire approuvées en Europe (EMA) et commercialisées en Italie en décembre 2022. Sur un total de 16 biothérapies, 12 ont été incluses à l'étude (un produit n'avait pas de biosimilaire en Italie en décembre 2022, et la part de trois autres ne permettait pas une bonne analyse statistique). Les taux d'adoption des biosimilaires et les évolutions des coûts des versions princeps et des versions biosimilaires étaient fondés sur les doses définies journalières (DDD – defined daily dose). Les données sur les volumes et les prix étaient issues de l'Osservatorio Nazionale sull'impiego dei Medicinali (OsMed), une agence officielle italienne. 

Ces 12 biothérapies princeps/biosimilaires étaient : adalimumab, étanercept, infliximab, bevacizumab, époétine, filgrastim, pegfilgrastim, follitropine, insuline glargine, rituximab, somatropine et trastuzumab. Pour 10 de ces 12, un tout premier biosimilaire a été commercialisé en Italie sur cette période 2013-2022, deux produits (époétine et filgrastim) étaient déjà disponibles en version biosimilaire avant 2013.

80 % de biosimilaires 

En 2022, le taux d'adoption de biosimilaires s'établissait à 80 % pour l'ensemble de ces biothérapies. Les biosimilaires du bevacizumab, de l'infliximab, du rituximab, du trastuzumab et du filgrastim étaient en tête de peloton avec des taux d'adoption égaux ou supérieurs à 95 % (respectivement 95 %, 95 %, 98 %, 98 % et 98 %). Les biosimilaires de l'étanercept (80 %), de l'adalimumab (85 %), du pegfilgrastim (86 %) et de l'époétine (90 %) affichaient eux aussi d'excellents taux d'adoption. Pour les trois autres molécules, la pénétration des biosimilaires était nettement plus faible : somatropine, 58 % et follitropine, 42 %, et moins de 40 % pour l'insuline glargine. À l'exception de l'insuline glargine et de la follitropine, tous les biosimilaires passent la barre des 50 % dans les 3 ans suivant leur commercialisation.

Infographie issue de l'étude. (1) En grand format ici

Version princeps et biosimilaires (%) par molécule 2013-2022.

3,09 milliards d'euros

L'analyse du coût moyen par doses définies journalières (DDD) sur cette période de 10 ans montre une courbe descendante des coûts à la fois des princeps et des biosimilaires. Passant de 37,7 millions d'euros en 2013 à 762,6 millions euros en 2022, ces économies liées à l'introduction de nouveaux biosimilaires progressent sur la période et en 2022, représentent 5 % de l'ensemble des dépenses publiques italiennes de médicaments. 

Infographie issue de l'étude. (1) En grand format ici

Coût moyen par DDD par molécule 2013-2022 

Source :

  1. Maria Lucia Marino, Benedetta Bellini, Agnese Cangini, Francesco Trotta, Savings From Biosimilars Use in the Italian National Health Service, Value in Health Regional Issues, Volume 49, 2025, https://doi.org/10.1016/j.vhri.2025.101142
Savings From Biosimilars Use in the Italian National Health Service

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