Attention à la parodontite chez les patients atteints de MICI
« Par rapport à des témoins en bonne santé, les personnes atteintes d’une MICI présentent un risque accru de développer une parodontite. Une approche multidisciplinaire s’impose, incluant les dentistes », telle est la conclusion principale de cette étude iranienne. L’objectif était de déterminer si les patients atteints de MICI ont une odds ratio (OR) plus élevée de parodontite que les sujets indemnes de MICI.
La parodontite et les MICI partagent divers mécanismes physiopathologiques sous-jacents favorisant à la fois le développement et la progression des deux affections. Dans les deux cas, on observe une inflammation chronique, influencée par des facteurs génétiques et environnementaux. L'activation des cellules Th17, par exemple, pourrait jouer un rôle dans le lien entre parodontite et MICI, mais la causalité reste hypothétique.
Des études antérieures ont déjà montré que les patients atteints de MICI présentent des formes plus sévères et plus diffuses de parodontite ainsi que davantage de lésions buccales que les sujets sans MICI. Étant donné le caractère limité et contradictoire des données disponibles sur la prévalence de la parodontite chez les patients MICI, une équipe iranienne a entrepris une revue systématique et une méta-analyse pour approfondir la question, en examinant également les différences de risque entre les patients atteints de maladie de Crohn et ceux atteints de RCH.
Pas de causalité
L'équipe a inclus 11 études dans la revue systématique, dont 10 dans la méta-analyse. Le principal résultat indique que, par rapport au groupe témoin (participants sans MICI), les patients atteints de MICI présentaient une probabilité significativement plus élevée de parodontite (OR : 2,28 ; IC à 95 % : 1,73–3). Chez les patients atteints de RCH, l'odds ratio était encore plus élevé (3,14 ; IC à 95 % : 2,11–4,66) que chez ceux atteints de maladie de Crohn (1,999 ; IC à 95 % : 1,4–2,83). Bien que l'OR soit plus élevé pour la RCH que pour la maladie de Crohn, la différence n'était pas statistiquement significative en raison du chevauchement des intervalles de confiance.
Plusieurs études de la revue signalaient également une plus grande prévalence de poches parodontales profondes chez les patients MICI par rapport aux témoins. Les études incluses étaient observationnelles ; les auteurs iraniens n'ont donc pas pu établir de relation causale ni de sens de l'effet. Il demeure par conséquent incertain dans quelle mesure une MICI aggrave la parodontite, ou l'inverse, ou si d'autres facteurs conduisent à l'une ou l'autre affection. Par ailleurs, certaines études manquaient de consensus sur la définition de la parodontite.
Autre limite importante : des facteurs de confusion majeurs — tabagisme, diabète, habitudes d'hygiène bucco-dentaire et facteurs socio-économiques — n'étaient pas contrôlés de manière homogène. En conclusion, les auteurs plaident pour une approche multidisciplinaire des MICI incluant les prestataires de soins dentaires. Les recherches futures devraient viser à clarifier un éventuel lien causal entre parodontite et MICI.
Source :
Evaluation of the association between periodontitis and inflammatory bowel disease: A systematic review and Meta-analysis. BMC Gastroenterol. 2025 Aug 18;25(1):594. doi: 10.1186/s12876-025-04181-7.