Efficacité et protection collective 17 ans après l'introduction du vaccin HPV
Les années écoulées depuis l’introduction de la vaccination HPV apportent un recul qui permet d’analyser son impact, même si c’est sur une durée encore relativement courte. C’est ce que fait une étude américaine publiée en septembre 2025. Examinant la période 2006-2023, elle met en évidence un niveau « robuste » d’efficacité au niveau de la population et de protection collective. (1)
Publiés dans JAMA Pediatrics, ces travaux ont été menés par une petite équipe américaine (incluant également un chercheur canadien). (1) L'objectif était d'examiner l'efficacité et la protection collective sur les 17 premières années écoulées depuis l'introduction de la vaccination contre les infections à papillomavirus humain (ou vaccination HPV), aux États-Unis, chez des jeunes filles et jeunes femmes à risque majoré d'infection à HPV et de cancers qui y sont liés.
Les auteurs soulignent que nombre d'essais cliniques ont établi l'efficacité et la valeur des vaccins HPV, mais que l‘on ne dispose pas encore de suffisamment de données en vie réelle à l'échelle d'une population.
À titre de rappel, en juin 2006, la FDA américaine approuve le premier vaccin contre les HPV, un vaccin quadrivalent. En septembre 2006, la Commission européenne fait de même (en Belgique, la vaccination débute en 2007). Plus tard ce vaccin quadrivalent sera remplacé par un vaccin nonavalent, visant donc 9 génotypes d'HPV. D'abord réservée aux jeunes filles de moins de 15 ans n'ayant jamais eu de rapports sexuels, la vaccination a par la suite été étendue aux jeunes filles plus âgées et aux jeunes femmes, puis quelques années plus tard, aux jeunes garçons et aux jeunes hommes. Plus efficace chez des sujets de moins de 15 ans, la vaccination conserve néanmoins son efficacité chez des sujets plus âgés (schéma à 3 doses au lieu de 2) ou lorsque ceux-ci ont déjà eu des relations sexuelles (vaccination dite « de rattrapage »).
Portant sur la période 2006-2023 et les premières vagues de vaccination, cette étude américaine ciblait par conséquent les jeunes filles et les jeunes femmes adultes.
L'analyse portaient sur les données issues 6 études de surveillance épidémiologique (2006-2023) et un échantillon d'adolescentes et de jeunes femmes déjà sexuellement actives, âgées de 13 à 26 ans. Recrutées dans un cadre clinique, ces participantes étaient stratifiées en fonction de leur statut de vaccination HPV (celles ayant reçu au moins 1 dose de vaccin étaient considérées comme étant vaccinées).
L'efficacité et la protection collective étaient évaluées en comparant les proportions de participantes vaccinées et non vaccinées se révélant positives à au moins 1 génotype d'HPV inclus dans le vaccin bivalent (2vHPV), quadrivalent (4vHPV) ou nonavalent (9vHPV) dans chacune des 6 études de surveillance.
Au total, il s'agissait de 2 335 participantes, d'un âge moyen s'établissant à 18,9 ans. Parmi elles, 1 195 (51,2 %) mentionnaient un antécédent d'infection sexuellement transmissible (IST) et 1 843 (78,9 %) indiquaient avoir eu au moins 2 partenaires sexuels hommes.
Les taux de vaccination sont passés de 0 sur 371 participantes en 2006 à 330 sur 402 participantes (82,1 %) en 2023. Parmi les participantes vaccinées, la positivité a chuté, passant de 93 participantes sur 371 (27,7 %) à 1 participante sur 330 (0,4 %) pour le 2vHPV, de 118 participantes (35,4 %) à 3 participantes (2,1 %) pour le 4vHPV, et de 163 participantes (48,6 %) à 21 participantes (11,8 %) pour le 9vHPV. Parmi les participantes non vaccinées, la positivité a également diminué, passant de 93 participantes sur 371 (25,8 %) à 3 participantes sur 72 (7,3 %) pour le 2vHPV, de 118 participantes (25,3 %) à 4 participantes (6,1 %) pour le 4vHPV, et de 163 participantes (42,7 %) à 13 participantes (31,1 %) pour le 9vHPV.
Les OR ajustés montraient également des réductions significatives du risque de contamination par au moins 1 génotype d'HPV, variables selon les types de vaccins (2-, 4- ou 9-valent) et le sous-groupe (vaccinées/non vaccinées).
Les auteurs concluent à un niveau robuste d'efficacité au niveau de la population et de protection collective 17 ans après l'introduction du premier vaccin HPV.
Source :
- DeSieghardt A, Ding L, Ermel A, et coll. Population-Level Effectiveness and Herd Protection 17 Years After HPV Vaccine Introduction. JAMA Pediatr. 2025 Sep 29. https://doi.org/10.1001/jamapediatrics.2025.3568
Pour aller plus loin :
- Site belge « Les HPV » https://www.les-hpv.be/vaccins-hpv/
- « HPV : Mythes versus réalité » https://www.les-hpv.be/mythes-versus-realite/
- Dossier « Se protéger contre plusieurs cancers grâce à la vaccination HPV (papillomavirus humains) » https://www.cancer.fr/toute-l-information-sur-les-cancers/prevenir-les-risques-de-cancers/vaccination-contre-les-cancers-hpv