COVID-19: Le traçage des malades à l'épreuve de la crise du Covid-19
BRUXELLES 22/04 - Le traçage des malades est une méthode classique en cas d'épidémie pour retrouver les personnes qui ont eu un contact avec le patient positif à la maladie. Le corps médical n'a pas attendu la technologie pour l'appliquer mais son usage pourrait étendre son efficacité. Alors que les Régions planchent sur un modèle commun, basé sur une plate-forme informatique de centralisation pilotée par le Fédéral (e-health), les traçages humain et numérique pourraient se compléter pour accompagner la phase de déconfinement.
"La première chose à faire face à une maladie, c'est de bien la connaître", souligne Sophie Lokietek, médecin au sein de la cellule surveillance des maladies infectieuses à l'Agence wallonne pour une vie de qualité (Aviq).
"Il faut connaître la durée de l'incubation. Dans certains cas, on peut être contagieux avant l'apparition des symptômes, parfois après", précise-t-elle. Ce n'est qu'ensuite qu'il est possible d'entamer la méthode du traçage.
"Le médecin va poser plusieurs questions afin de déterminer la liste des personnes avec qui le patient a été en contact. Il s'agira aussi de préciser la nature du contact et la relation qui lie le patient à ces personnes (contact familial, professionnel, etc.). Les personnes susceptibles d'avoir été trop proches seront alors contactées sans pour autant dévoiler l'identité de la personne infectée", ajoute-t-elle.
Le médecin transmettra ensuite les informations à l'agence régionale, qu'il s'agisse de suspicion ou d'infection confirmée.
"La rapidité d'action est très importante pour traiter le cas mais aussi pour éviter la propagation de la maladie", souligne Sophie Lokietek. "Dans le cas du Covid-19, on a peu de temps pour contacter l'ensemble des personnes."
Pour accompagner le déconfinement, les Régions devraient faire appel à des "contact tracers" (entre 500 et 800 en Wallonie et près de 1.200 en Flandre). Ceux-ci devraient être formés par les structures régionales, compétentes pour le traçage des citoyens en Belgique, afin de lister et contacter les personnes qui ont été en contact avec des patients positifs au Covid-19. A cela pourrait rapidement s'ajouter l'usage d'une application pour étendre le traçage.
"Beaucoup de pays vont y passer et cela a empêché la propagation de la maladie dans certains autres pays (comme en Corée du Sud, ndlr.). Son usage sera toujours dépendant de l'accord préalable des utilisateurs. Cela permettra d'être averti sur son téléphone si on a été en contact rapproché avec une personne positive, mais l'anonymat sera garanti", explique Sophie Lokietek.
L'utilisation d'une application pour smartphone, de traçage des contacts, sera envisagée dans un second temps, en complément du traçage par contact humain, avait affirmé, en début de semaine, le ministre flamand Wouter Beke.
Les experts affirment qu'une application ne pourrait être performante que si 60% à 65% de la population l'utilisent.