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SFD 2025 - Diabète et bien-être sexuel : un plus à ne pas négliger

Lors du congrès 2025 de la Société francophone de diabète (SFD 2025), à Paris début avril, plusieurs présentations avaient pour thème : sexualité et diabète. Elles ont en commun un message particulièrement positif : lorsque le diabète impacte le bien-être sexuel, des solutions existent ! Elles nécessitent simplement des approches ouvertes et décomplexées.(1) (2)

Le programme du congrès SFD 2025 comprenait un très intéressant symposium paramédical intitulé « Diabète et santé sexuelle : du désir au plaisir ». Assurée par le Dr Raphaël Sellam, urologue andrologue (Paris), la première présentation était centrée sur la sexualité masculine. (1)

En préambule, il rappelait un certain nombre de faits : la forte progression du diabète (246 millions de diabétiques dans le monde en 2007, 380 millions en 2025), la reconnaissance des troubles sexuels (dès 1906) parmi les complications du diabète, l'importance de la sexualité (droit fondamental et composante essentielle du bien-être). Il ajoutait également que dans certains cas, c'est une consultation pour dysfonction érectile qui permet de mettre en évidence la présence d'un diabète.

1 homme sur 3 après 40 ans, 1 sur 2 après 50 ans

Longtemps un sujet tabou, la dysfonction érectile - dans la population générale - est plus fréquente qu'on ne le pense parfois : 1 homme sur 3 après 40 ans, 1 sur 2 après 50 ans. Sa prévalence augmente avec le nombre de comorbidités (dépression, hyperlipidémie, diabète de type 2, hypertension, …) et de facteurs de risque (tabagisme, sédentarité, …). Les diabétiques sont donc particulièrement exposés s'ils conjuguent plusieurs facteurs de risque ou comorbidités. 

Seuls 22 % consultent

La solution réside en partie dans l'adoption d'une hygiène de vie cardiovasculaire (alimentation, activité physique, …. ) et une bonne prise en charge des pathologies précitées, en améliorant la santé cardiovasculaire, on améliore la fonction érectile. Une prise en charge des aspects psychologiques (image de soi, anxiété, …) apporte également de bons résultats, tout comme le vaste arsenal médicamenteux désormais disponible. Le Dr Sellam cite au passage un chiffre révélateur : seuls 22 % des hommes souffrant de dysfonction érectile consultent un médecin.

Repenser sa sexualité pour mieux la vivre

Dans la même série thématique, Sébastien Landry, sexologue clinicien (Le Mans), (2) tenait un fervent plaidoyer - valable d'ailleurs pour les diabétiques comme pour les non-diabétiques - pour une sexualité décomplexée, recentrée sur les attentes de l'individu et la mise en place d'un bien-être sexuel bénéficiant au bien-être général et à la santé. 

Il rappelle tout d'abord le rôle de la vision que nous avons de la sexualité. Dans le contexte moderne actuel, cette vision est très fortement ancrée dans l'idée de performance. Reposant en partie sur un substrat culturel, cet ancrage dans la performance (sous des formes différentes pour les hommes et les femmes, mais valant pour les deux sexes) est démultiplié par la diffusion de la pornographie. 

Infographie issue de la présentation. (2)

Offrant une vision réductrice et souvent caricaturale ou extrême, la pornographie propage une approche de la sexualité purement « mécanique » et extrêmement centrée sur la pénétration. Dans un tel contexte, dès qu'il y a dysfonctionnement quel qu'il soit et quelle que soit son origine, il y a ainsi une non-performance, qui génère facilement un sentiment d'échec. C'est le cas des hommes et des femmes diabétiques, que leur diabète expose à un risque majoré de troubles sexuels.

Sortir de l'angoisse de performance

Infographie issue de la présentation. (2) Cercle vicieux anxiété sexuelle hommes et femmes 

Infographie issue de la présentation. (2) Cercle vicieux : exemple de la dysfonction érectile 

Or la sexualité et le bien-être sexuel englobent un champ beaucoup plus vaste et beaucoup plus diversifié. C'est ce qu'il convient d'explorer. 

Parmi les approches à privilégier : apprendre à se connaître, communiquer avec son/sa partenaire (parler non seulement de sexualité, mais aussi de désir, de plaisir, d'intimité), interroger le dysfonctionnement sexuel (est-il toujours présent ou uniquement lors d'un rapport ? Dans ce dernier cas, l'origine est sans doute psychogène), explorer la masturbation (aussi source de bien-être sexuel et d'orgasmes), se réapproprier un corps altéré par le diabète (prise de poids, dispositifs médicaux visibles, …), prendre conscience de l'impact d'une fatigue pathologique (différente d'une fatigue normale), penser à la rééducation périnéale (aussi pour les hommes), ...

D'où l'importance d'une prise de conscience chez les patients diabétiques - et les praticiens - afin de pouvoir aller vers des solutions, souvent très faciles à mettre en place.

Sources :

  1. Dr Raphaël Sellam, « Dysfonction érectile : de l'origine aux solutions », Congrès 2025 de la Société francophone du diabète (SFD), Paris, 1-4 avril 2025 https://virtuel.congres-sfd.com/fr
  2. Sébastien Landry, « Moi, mon diabète, mon partenaire : on en parle ? » Congrès 2025 de la Société francophone du diabète (SFD), Paris, 1-4 avril 2025 https://virtuel.congres-sfd.com/fr

Patrice Pinguet - Lien d'intérêts financiers : aucun • MediQuality