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Décontamination digestive spécifique : pas d’impact sur la mortalité à 90 jours

Chez les patients de réanimation intubés et ventilés, la décontamination digestive sélective (DDS) ne permet pas de réduire la mortalité hospitalière à 90 jours en comparaison avec les soins standards. Cependant, pour John Myburgh (Newton, Australie) qui présentait les résultats de l’étude SuDDICU au cours de la session Hot Topics du 35 ème congrès ESCIM (1), l'intervalle de confiance autour de l'estimation de l'effet est en faveur d’un bénéfice clinique net. Les résultats de cette étude ont été publié simultanément dans le JAMA (2).

La décontamination digestive sélective (DDS) a été initialement proposée par des équipes néerlandaises (D van der Waij, F van Saene) chez les patients immunodéprimés atteints de maladie hématologique, puis son indication a été généralisée aux patients de soins intensifs les plus sévèrement atteints dans les années 1980. 

Le principal objectif du DDS est de prévenir le développement des pneumonies sous ventilation mécanique causée par des bactéries gram-négatives pathogènes et, secondairement, les infections fungiques à point de départ gastro-intestinal supérieur. Pour se faire, les réanimateurs utilisent conjointement une pâte orale et une suspension gastrique de trois agents antimicrobiens non absorbés (colistine, tobramycine, nystatine), associées à un court traitement par un antibiotique intraveineux à large spectre (céphalosporine de troisième génération ou ciprofloxacine). Mais en dépit d'essais cliniques prometteurs, l'utilisation de la DDS reste anecdotique dans les services de soins intensifs. 

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