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Rentrée des classes au centre médical pédiatrique de Clairs Vallons

Mont-Saint-Guibert 14/09 - Si le mois de septembre est synonyme de rentrée scolaire, le retour sur les bancs au centre médical pédiatrique de Clair Vallons est un peu différent. Cet enseignement de type 5 (destiné aux enfants malades) offre un apprentissage individualisé ou en petits groupes visant avant tout le bien-être de l'enfant. Mediquality a visité ce centre et a interviewé la directrice pédagogique, Marie Lecoq ainsi que la directrice médicale adjointe et pédopsychiatre, la Dr Frédérique Legros.

 Au cœur d'un parc de 10 hectares en pleine nature brabançonne, le centre médical pédiatrique  Clairs Vallons accueille en moyenne 120 enfants âgés de 0 à 18 ans. 7 pavillons avec chacun un univers différent pour des prises en charge très variées comprenant l'obésité, les maladies chroniques et les difficultés relationnelles parents/enfants et parents/bébés.
 
À côté de ces pavillons, au milieu du parc, une école de type 5 a été créée pour les études maternelle, primaire et secondaire.  Si les unités comprennent des pathologies très différentes, en classe les enfants se retrouvent tous ensemble par niveau avec un apprentissage individualisé ou en petit groupe. Pour chaque tranche d'âge, le projet est adapté en fonction des objectifs et des besoins spécifiques.
 
« L'idée est de viser le bien-être de l'enfant avant tout », affirme Marie Lecoq, directrice pédagogique de l'école.  Pour les enfants du niveau primaire, la rentrée des classes peut parfois être compliquée au niveau émotionnel. « Avant d'entamer les cours, on va d'abord les mettre à l'aise, car certains ont des phobies scolaires. On prendra donc le temps de leur faire découvrir leur environnement, ce qui peut parfois être long, car le malaise peut être très présent et l'enfant pas du tout disponible à l'apprentissage. Ensuite, on les rassemble par niveau », explique-t-elle.
 
« Nous avons des élèves avec tous types de pathologies », précise-t-elle. « Des élèves avec un diabète non équilibré, certains avec des soins que les parents ne peuvent pas mettre en place, d'autres en attente de greffes ou en post greffes. On accueille également des enfants qui ont des troubles de TDAH, de dyslexie orthographique, des enfants souffrant d'obésité ou encore des traumas liés aux difficultés relationnelles parents/ enfants. »
 
 En classe, l'apprentissage est souvent individualisé, mais, « on fera des petits groupes autant que possible, car c'est évidemment plus chouette de voir une nouvelle matière tous ensemble. Il est rare d'avoir un grand groupe avec les mêmes besoins. Nous faisons face également à des enfants qui ont parfois de grands retards scolaires. Certains s'inscrivent en 4e primaire, mais doivent revoir toute la matière de 1er et 2e primaire qui n'a pas été acquise », poursuit-elle.
 
L'école fait face également à une difficulté d'ordre organisationnelle : « Les élèves arrivent à Clairs Vallons pour un séjour d'un an en général, mais, celui-ci peut être au début comme en plein milieu de l'année. Certains partent  fin du mois de septembre par exemple, car leur séjour se termine et ils vont être redirigés vers leur école d'origine », explique la directrice pédagogique.
 
Une journée type 
Au centre médical pédiatrique Clair Vallons, les enfants se réveillent à 7h30 et prennent leur petit déjeuner tous ensemble dans chaque pavillon. Ils rentrent en classe à 8h40 et poursuivent les cours généraux jusqu'à 12h20. 
 
« Pendant ces heures scolaires, il peut y avoir une prise en charge médicale telle que diététique, kiné, logopédique ou psychologique, ensuite ils prennent le repas en groupe avec un éducateur et l'après-midi, ils suivent des ateliers », précise la Dr Frédérique Legros, pédopsychiatre et directrice médicale adjointe du centre médical pédiatrique Clairs Vallons.
 
« Nous proposons des activités ludiques accompagnées d'un éducateur, toujours en lien avec l'apprentissage, tels que des ateliers d'éveil, de musique ou encore de cuisine », poursuit Marie Lecoq. 
« On va lâcher la pression au niveau scolaire et apprendre plein de choses, mais de manière différente. Dans l'atelier de cuisine par exemple, ils apprendront les mesures et du vocabulaire lié à cette thématique », explique-t-elle. « Tout au long de la journée, les enfants sont intégrés à la vie scolaire, mais on doit tenir compte des besoins de chacun. » 
 
« Le vendredi en fin de journée », ajoute le Dr Legros, « les parents viennent rechercher les enfants s'ils ne restent pas le weekend et des entretiens sont organisés avec les éducateurs et les psychologues. Nous gardons aussi le contact avec l'éducateur référent afin de travailler dans le milieu de l'enfant, pour savoir comment se passe le weekend et soutenir les parents », explique-t-elle.
« Certains enfants restent le weekend, cela va dépendre d'une situation à l'autre.  Dans le cas des enfants à difficultés relationnelles, nous avons par exemple des situations de maltraitance pour lesquelles un juge va nous demander une expertise. Pendant ce temps-là, l'enfant ne rentre pas chez lui. »
Dans l'unité obésité, les enfants en général repartent dans leur famille le weekend, mais ils ont un suivi. « Ils sont sensibilisés au mieux manger et à la faim émotionnelle, une sensibilisation qui est prévue pour les parents également », précise le Dr Legros.
 
Des projets personnalisés dans le secondaire
« Au niveau des patients adolescents, nous accueillons des élèves de tout horizon que ce soit du secondaire général, technique ou professionnel, jusqu'en 4ème année », explique Marie Lecoq. Le suivi scolaire est assuré en collaboration avec les écoles d'origine des patients.
 
 « L'école de chaque élève où il était scolarisé est contactée pour établir la collaboration et expliquer le quotidien des élèves, car ils ont chacun un projet thérapeutique qui leur prend beaucoup de temps », poursuit-elle. « Ensuite, chaque professeur de Clairs Vallons va contacter son homologue de l'école d'origine pour demander les manuels ou les cours si l'élève est au second degré de l'enseignement secondaire . Car si l'enfant doit réintégrer son école en cours d'année, il est indispensable qu'il ait travaillé dans les cours de l'école d'origine. » 
 
Pour les cours pratiques, dans le cas de l'enseignement professionnel ou technique, une convention de collaboration avec l'école a été créée afin que l'élève ne soit pénalisé à la délibération de fin d'année .  Le jeune ne sera pas soumis aux examens pour certaines options et il sera dispensé des cours pratiques.
« En effet, il est impossible que les élèves aillent assister à leurs options pratiques, car nous avons des élèves qui viennent d'un peu partout en Belgique et par ailleurs, il nous est impossible d'offrir toutes les options avec tout le matériel et les professeurs qualifiés », fait remarquer Marie Lecoq. 
 
En revanche, des ateliers sont proposés tels que l'horticulture ou encore la menuiserie. « Ils ont été mis en place pour ceux qui veulent découvrir des spécialités manuelles. Ils y prennent d'ailleurs parfois goût en les découvrant », ajoute-t-elle.
 
« Le centre permet vraiment aux jeunes d'avoir une bulle pour se reconstruire et de récupérer leur retard scolaire si nécessaire. Certains élèves ont des besoins très importants, et il faut favoriser le bien-être pour tous », insiste-t-elle.
 
Comment se réalise l'admission de l'enfant ?
« L'enfant doit être admis sous prescription médicale venant soit d'un médecin généraliste, un pédiatre ou un pédopsychiatre », précise la pédopsychiatre. « On fixe un premier rendez-vous avec tous les intervenants et l'enfant :  les parents, le SAJ si c'est le cas et le médecin qui envoie. On va analyser la situation et vérifier que nous sommes le bon centre pour aider le jeune. Après ce premier rendez-vous, si l'analyse confirme que c'est une bonne indication, il sera admis et convoqué à un deuxième rendez-vous avec sa famille. Lors de la deuxième rencontre, on lui expliquera pourquoi il va intégrer le centre de Clairs Vallons et ce qui va être réalisé comme travail. Nous lui faisons également visiter l'unité et sa chambre et lui expliquons comment la journée va se passer. Durant ce deuxième rendez-vous, nous nous occuperons aussi de l'inscription scolaire et une visite du pédiatre sera prévue », poursuit-elle.
 
« Une inscription peut donc se faire assez rapidement », fait remarquer le Dr Legros. « Dans les unités de problèmes relationnels parents/enfants, si nous nous trouvons dans une situation de maltraitance, en une semaine l'enfant peut être admis, s'il y a de la place. »
 
L'importance du suivi du projet thérapeutique
L'enfant peut rester un an maximum dans le centre, mais il se peut qu'il ne reste que trois mois après un bilan de la situation.  Deux formules sont proposées à sa sortie : « Il peut soit venir la journée à l'école en suivant l'enseignement individualisé et une prise en charge psychologique, logopédique et ensuite rentrer dormir chez lui, soit suivre une formule de follow up  en suivant les cours près de chez lui et continuant le suivi psychologique et médical au centre de Clairs Vallons. »
 
Le suivi au niveau de la scolarité
« Quand l'élève a fini sa scolarité à Clairs Vallons », explique Marie Lecoq, « on va transmettre à l'école suivante un PIA ( un plan individuel d'apprentissage) .  Le contact avec les écoles et les instituteurs va dépendre de la collaboration mise en place. « Certaines écoles, certain.es instituteurs-rices gardent le contact et d'année en année la collaboration va perdurer et nous recevrons des retours. En revanche, avec d'autres écoles, les retours sont limités. quand les structures sont plus grandes, la collaboration se met souvent moins bien en place. En ce qui concerne les parents, cela dépend, explique-t-elle : « Certains donnent des nouvelles, d'autres pas du tout. En général, au plus les enfants sont jeunes, au plus on va avoir de retours et au plus le suivi va être important avec l'école », conclut-elle.
 
La réforme en santé mentale a -t-elle eu un impact sur les soins dans le centre de Clairs Vallons ?
« Beaucoup de choses ont été mises en place au niveau de l'enfant et de sa famille », observe le Dr Legros. Il y a vraiment eu une prise de conscience des besoins, selon la pédopsychiatre.
 
« Il y a notamment les équipes mobiles qui permettent de passer le relai pour des familles qui habitent loin et des psychologues de première ligne. Au niveau des difficultés de santé mentale chez l'enfant et l'adolescent, on remarque une prise de conscience de nombreux éléments. »
 
Suite à cette réforme, le centre accueille actuellement des situations un peu plus lourdes qu'auparavant, analyse la pédopsychiatre. Car la première ligne psychologique est bien mise en place. « Les situations arrivent chez nous quand la première ligne n'arrive pas à gérer les situations, quand c'est trop lourd ou qu'il n'y a pas d'amélioration », explique-t-elle. 
 
« Par ailleurs, il y a un véritable travail de réseau qui s'est mis en place que l'on faisait moins avant », remarque le Dr Legros, « avec des rencontres via les comités de réseau notamment. Nous sommes beaucoup plus en lien avec les services de protection de la jeunesse et d'aide à la jeunesse, avec les autres institutions et les équipes mobiles. Il y a un vrai partenariat qui s'est renforcé », conclut-elle.
 
 
 

Carole Stavart • Mediquality

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