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SOS Burnout à Gembloux : Deux années de lutte contre le burnout

GEMBLOUX 26/02 - L'association SOS Burnout, basée à Gembloux, a marqué son deuxième anniversaire jeudi dernier, affirmant son engagement dans la prévention et le traitement du burnout. Une journée ponctuée de conférences enrichissantes sur le burnout parental, le bien-être et la compréhension approfondie de cette maladie ainsi que d'une présentation novatrice sur l'usage de la réalité virtuelle en tant qu'outil thérapeutique.

© Carole Stavart
© Carole Stavart
L'initiative de Lisiane Delanaye de fonder SOS Burnout découle de sa propre lutte contre un burnout sévère, une expérience qui a mis en lumière une lacune critique : le manque de soutien local adapté pour les victimes de burnout. « Ces personnes sont confrontées à des défis spécifiques, explique la fondatrice, « il était devenu impératif de mettre en place une structure dédiée. » L'objectif ? « Lutter contre la stigmatisation généralisée du burnout et contre l'isolement de ceux qui en souffrent, souvent incompris par leur entourage. »
 
Un collectif engagé
 
Actuellement, l'équipe de SOS Burnout est composée de 11 membres, incluant des psychologues, un médecin, du personnel administratif, et un informaticien, tous unis par une mission commune : éradiquer la stigmatisation associée au burnout et briser la solitude de ceux qui en sont victimes. L'association s'est dotée d'une multitude de ressources : une ligne d'écoute, une plateforme d'information et d'orientation, un plaidoyer auprès des instances gouvernementales pour prévenir l'augmentation des cas de burnout, ainsi que l'organisation d'ateliers et de conférences visant à sensibiliser et à éduquer sur l'importance de la santé mentale.
 
Une action renforcée
 
SOS Burnout qui est agréé par l'Aviq, a intensifié son action durant ces deux années en invitant des professionnels de la santé et du burnout pour fournir un accompagnement ciblé aux personnes en difficulté. Des coachs ont été accueillis et un partenariat avec une psychologue conventionnée a été établi, enrichissant davantage le soutien offert par l'association. 
 
Une journée d'anniversaire ponctuée de conférences sur le burnout
 
Le programme de l'anniversaire a mis en avant des conférences sur des sujets tels que le burnout parental, l'importance du bien-être et la compréhension approfondie du burnout afin de mieux le prévenir et l'accompagner.  
 
Lors de la conférence « mieux comprendre le Burnout pour mieux le prévenir et l'accompagner, Isabelle Marionex, coach et Olivier Maximilien Thiran, médecin généraliste, tous deux spécialisés en burnout, ont abordé la notion de mémoire corporelle ainsi que celle du plaisir. « On parle de la mémoire à court et à long terme, mais on ne parle pas assez de la mémoire corporelle, or le corps est comme un disque dur et il sait ce qui est bon ou mauvais pour lui. Le burnout est en quelque sorte un mécanisme de protection, quand on est allé trop loin », précise le Dr Thiran.
 
 Quelle est la différence entre dépression et burnout ? Le Dr Thiran détaille : « Les origines ne sont pas les mêmes. Le premier vient de l'intérieur de l'être et le second est le résultat de phénomènes extérieurs. »
Il y a trois phases dans le stress, poursuit-il :  l'alarme, la résistance et l'épuisement. « Quand le corps est débordé et que cela dure, on arrive dans cette troisième phase. On va ruminer et somatiser. Des tendinites chroniques ou des infections respiratoires à répétition peuvent être un signe de burnout. Evidemment, chacun réagit différemment au stress car chacun est unique et les causes de ces maladies peuvent être multiples et pas forcément dues au burnout mais elles peuvent être un signal d'alarme. »
La notion de fatigabilité et le phénomène de déshumanisation, sont également des symptômes de burnout, ajoute-t-il, que l'on retrouve notamment chez le personnel soignant épuisé émotionnellement.
 
Isabelle Marionex a ensuite développé les 4 zones du cerveau qui gèrent le stress. De manière synthétisée, « Il y a les zones appelées reptilienne et grégaire qui permettent la survie de l'être humain et ensuite la zone préfrontale qui gère ce qui est complexe, faisant fonctionner la réflexion, non bruyante et demande de l'oxygène et enfin la zone néolimbique qui gère les valeurs, l'éducation, les codes, qui est en mode automatique et très bruyante. C'est notre petite voix interne et elle a moins besoin d'oxygène », explique-t-elle.
« Quand il y a trop de stimulation dans le cerveau et trop de stress, cette zone neolimbique est comme kidnappée et commence à bugger », précise la coach. « Elle ne sait plus comment faire ». C'est à ce moment-là que commence le burnout. 
 « Dans notre monde où tout se complexifie, nous n'avons pas un bon environnement qui permet de faire fonctionner notre zone préfrontale. La société est en déséquilibre et le contexte sociétal ne nous permet pas d'avoir suffisamment de moments de silence et de calme pour la faire fonctionner », poursuit-elle.
 
Le burnout et ses enjeux
 
Ce burnout, il faut le comprendre et déculpabiliser les personnes atteintes. « Il faut prendre le temps de remettre les choses à leur juste place", conclut la coach. 
 
 Une complexité qui s'accentue avec l'âge : « La récupération neurocognitive est plus compliquée après 50 ans » précise le Dr Thiran, « les personnes vont être plus fragiles ». 
 
Enfin la reprise dans le monde du travail comporte énormément d'enjeux. « On constate que 50% des personnes atteintes de burnout reprennent dans le même environnement de travail. Or 30% d'entre elles ne se sentent pas bien accueillies, ce qui va favoriser la rechute », observe le médecin généraliste. « 60% des personnes reprennent trop vite et souvent pour des raisons financières. Or il faut prendre le temps de reprendre. Un suivi régulier de ces personnes est indispensable », conclut-il. 
 
Sos Burnout apporte en quelque sorte une lumière à ces personnes en quête de guérison et de compréhension dans leur lutte contre l'épuisement émotionnel. L'association souligne ainsi sa détermination à combattre la stigmatisation du burnout et offre un soutien indispensable aux personnes affectées.
 

Carole Stavart • Mediquality

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