Le vaccin AstraZeneca/Oxford approuvé au Royaume-Uni : cinq choses à savoir à son sujet
LONDRES 30/12 - L'Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (Medicines and Healthcare Products Regulatory Agency, MHRA) britannique a autorisé l'utilisation du vaccin développé par AstraZeneca et l'université d'Oxford, a indiqué mercredi le gouvernement.
"Le gouvernement a accepté aujourd'hui la recommandation de l'Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) d'autoriser l'utilisation du vaccin Covid-19 de l'université d'Oxford/AstraZeneca", a annoncé mercredi matin un porte-parole du ministère de la Santé, faisant du Royaume-Uni le premier pays à approuver ce vaccin moins coûteux et plus facile à distribuer.
Ce feu vert "fait suite à des essais cliniques rigoureux et à une analyse approfondie des données par des experts de la MHRA, qui a conclu que le vaccin répondait à ses normes strictes de sécurité, de qualité et d'efficacité", a ajouté ce porte-parole dans un communiqué.
Le Royaume-Uni a commandé 100 millions de doses de ce vaccin, sur des contrats représentant au total plus de 350 millions de doses d'ici à la fin de l'année prochaine, en s'approvisionnant auprès de sept fabricants dès la phase des essais cliniques. C'est le deuxième vaccin approuvé par la MHRA, après celui de Pfizer/BioNTech inoculé à plus de 600.000 personnes depuis le 8 décembre.
Cinq choses à savoir au sujet de ce vaccin
Pratique
Le vaccin AstraZeneca/Oxford a l'avantage d'être peu cher (environ 2,50 euros la dose). Il est aussi facile à stocker: il peut être conservé à la température d'un réfrigérateur, soit entre deux et huit degrés Celsius, contrairement aux
vaccins de Moderna et de Pfizer/BioNTech qui ne peuvent être stockés à long terme qu'à très basse température (-20° Celsius pour le premier, -70°C pour le second). Cela facilite une vaccination à grande échelle.
Efficacité
Selon le directeur général d'AstraZeneca, le vaccin est capable de combattre le nouveau variant du coronavirus, responsable d'une flambée de cas au Royaume-Uni. Contre cette mutation, "nous pensons pour l'instant que le vaccin devrait rester efficace", a indiqué Pascal Soriot au Sunday Times. "Mais on ne peut pas en être sûr donc nous allons faire des essais". Il a assuré que de nouvelles versions étaient préparées au cas où, tout en espérant ne pas en avoir besoin: "Il faut être préparé".
Aspect britannique
Ce vaccin a été élaboré par le groupe britannique AstraZeneca avec l'université d'Oxford. C'est le deuxième vaccin approuvé par la MHRA, le régulateur britannique, après celui de Pfizer/BioNTech déployé au Royaume-Uni
depuis le 8 décembre et administré à plus de 600.000 personnes. L'un des pays des plus touchés en Europe avec plus de 71.000 morts, le Royaume-Uni a commandé 100 millions de doses du vaccin AstraZeneca/Oxford dont
40 millions disponibles d'ici à la fin mars. Les vaccinations devraient commencer le 4 janvier. AstraZeneca se dit capable de fabriquer quelque trois milliards de doses de son vaccin à travers le monde en 2021.
Chimpanzés
Le vaccin Oxford/AstraZeneca est un vaccin "à vecteur viral": il prend comme support un autre virus (un adénovirus de chimpanzé) qui a été transformé et adapté pour combattre le Covid-19. C'est le premier vaccin dont les résultats d'efficacité ont été validés par une revue scientifique, The Lancet, le 8 décembre. Selon les données publiées
par The Lancet, le vaccin d'AstraZeneca "est sûr". Les effets secondaires du virus sont extrêmement rares à ce stade.
Sur les 23.754 volontaires qui ont participé à ces essais, seul un patient à qui ce vaccin a été administré a connu un "effet indésirable grave susceptible d'être lié" à cette injection, selon les données publiées dans The Lancet.
Il s'agissait d'un cas de myélite transverse (une atteinte neurologique rare) qui avait motivé l'interruption temporaire de l'essai début septembre.
Erreur : injection d'une demi-dose
Dans les résultats intermédiaires d'essais cliniques, le laboratoire britannique avait annoncé en novembre que son vaccin était en moyenne efficace à 70% contre plus de 90% pour ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna. L'efficacité du vaccin AstraZeneca/Oxford est de 90% pour les volontaires qui ont d'abord reçu une demi-dose, puis une dose complète un mois plus tard, mais de seulement 62% pour un autre groupe qui a pourtant été davantage vacciné avec deux doses complètes à un mois d'écart.
L'injection d'une demi-dose était en fait due à une erreur et seul un groupe réduit avait suivi le deuxième protocole, ce qui avait suscité critiques et inquiétudes, poussant l'entreprise à annoncer le 26 novembre la tenue d'une "étude supplémentaire" pour vérifier ces résultats. "Nous pensons que nous avons trouvé la formule gagnante et comment arriver à une efficacité qui, avec deux doses, est élevée comme celle des autres", a assuré dimanche le directeur général d'AstraZeneca, Pascal Soriot, au Sunday Times.