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Des horaires de repas irréguliers affectent la santé cardiaque (AHA 2020)

23/11 - Le décalage horaire social, généralement défini comme étant la différence d’horaire de sommeil entre les jours au travail et les jours de congé, est associé à un risque élevé de maladies cardiovasculaires, via les perturbations du rythme circadien. L’irrégularité des horaires de repas peut également entraîner des perturbations circadiennes, mais le lien entre le décalage horaire social dans les habitudes alimentaires et le risque de maladies cardiovasculaires n’a pas été établi.

Une équipe de chercheurs américains s'est penchée sur la question. Leurs résultats, présentés lors du congrès virtuel de l'AHA 2020, montrent que l'irrégularité des horaires de repas est associée à plusieurs facteurs de risque importants pour la santé cardiaque.

Partant de l'hypothèse selon laquelle le décalage horaire social dans les habitudes alimentaires est associé à un risque cardio-métabolique élevé chez les femmes, les chercheurs ont recruté 116 participantes âgées en moyenne de 33 ans. Celles-ci ont dû compléter un dossier alimentaire pendant une semaine. Le décalage horaire social dans les habitudes alimentaires a été évalué en comparant en semaine et le week-end, la durée du jeûne nocturne, l'heure du premier repas et l'heure du dernier repas. L'écart-type du pourcentage de kilocalories consommées après 17h et après 20h a été utilisé pour évaluer la variabilité des habitudes alimentaires nocturnes. La santé cardiovasculaire a été évaluée à partir du score LS7 (AHA Life Simple 7). Des modèles de régression linéaire ajustés en fonction de l'âge, du statut socio-économique et du sommeil ont été utilisés pour examiner les associations entre le décalage horaire social dans les habitudes alimentaires et la santé cardiovasculaire, l'IMC, le tour de taille, la pression artérielle systolique (SBP), la pression artérielle diastolique (DBP) et la glycémie à jeun.

L'analyse a montré que l'heure moyenne du premier repas et la durée du jeûne nocturne en semaine par rapport au week-end était respectivement de 8h54 vs 10h11, et de 12,5h vs 13,7h ; l'heure moyenne du dernier repas était similaire (20h27).

Chaque augmentation d'une heure au niveau de la différence entre l'heure du premier repas en semaine et le week-end, était associée à un IMC (β= 0,81, p = 0,018), un tour de taille (β= 0,67, p = 0,029), une DBP (β= 1,34, p = 0,049) et une SBP (β= 1,45, p = 0,062) plus élevés.

Chaque augmentation d'une heure au niveau de la différence entre la durée du jeûne nocturne en semaine et le week-end était associée à un IMC (β= 0,55, p = 0,045), à une glycémie à jeun (β= 2,46, p = 0,028) et à une SBP (β= 1,17, p = 0,058) plus élevés, et à un score LS7 plus faible (β=-0,24, p = 0,014).

Une plus grande variabilité dans l'alimentation nocturne (% kcal plus élevé après 17h et 20h) a été associée à une tour de taille plus élevée (Respectivement, β= 0,014, p = 0,020 et β= 0,030, p = 0,040).

Ces résultats suggèrent qu'il faudrait encourager des horaires de repas réguliers pour réduire le risque de maladie cardiovasculaire. Ces observations doivent néanmoins être confirmées dans un échantillon plus large.

 

Référence

Makarem N. et al., Social Jet Lag in Eating Patterns as a Marker of Meal Timing Variability is Associated With Elevated Cardiometabolic Risk in the AHA Go Red for Women Strategically Focused Research Network. AHA 2020 - P806.

 
 

Caroline Vrancken - Lien d'intérêts financiers : aucun •