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La vitamine D à haute dose efficace contre la sclérose en plaques ?

La prise de vitamine D à haute dose serait efficace pour limiter l’activité de la maladie chez les patients atteints de sclérose en plaques, révèle une étude française publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

« Chez les patients atteints d'une sclérose en plaques, de faibles taux de vitamine D ont été associés à un risque de poussée de la maladie, à la survenue de nouvelles lésions à l'IRM [imagerie par résonance magnétique] et au handicap », rappellent le Pr Eric Thouvenot, chef du service de neurologie du CHU de Nîmes, et ses collègues (1) (2). D'où l'idée d'évaluer, chez des patients atteints de sclérose en plaques (SEP), la prise à haute dose de vitamine D, élément qui joue un rôle crucial dans l'immunité, elle-même impliquée dans cette maladie auto-immune.

Or, à ce jour, les études portant sur la vitamine D dans la sclérose en plaques se sont montrées globalement négatives quant aux critères primaires, par exemple l'activité de la maladie après 48 semaines de traitement ou le taux de poussées à 96 semaines. Plusieurs d'entre elles ont toutefois suggéré quelques bénéfices secondaires, notamment une moindre survenue de lésions IRM, ainsi qu'un moindre handicap, chez les patients traités (3) (4).

Dans leur étude menée dans 36 centres français, Eric Thouvenot et ses collègues se sont quant à eux penchés sur une population atteinte d'une forme précoce de la maladie, à savoir des patients n'ayant présenté qu'une première poussée de SEP, dénommée "syndrome clinique isolé" (SCI) (5). Cet épisode aigu, qui n'évolue pas toujours vers la SEP, se caractérise notamment par la survenue d'une névrite optique, d'une myélite transverse (inflammation de la moelle épinière) ou d'atteintes du tronc cérébral.

L'étude, qui a porté sur 303 patients traités en médiane 60 jours après la survenue d'un syndrome clinique isolé, révèle l'intérêt de la vitamine D à haute dose, à raison de 100.000 IU toutes les deux semaines. Au terme de 24 mois de suivi, seuls 60,3% de patients du bras vitamine D présentaient une activité clinique ou radiologique de la maladie, contre 74,1% de ceux sous placebo, soit un risque diminué de 34%. De même, le temps médian avant que la maladie ne devienne active était de 432 jours dans le groupe verum, contre 224 jours sous placebo. Selon les chercheurs, le « number needed to treat » (NNT), à savoir le nombre de patients à traiter pour éviter un cas de progression de la SEP était de 7,2.

Parmi les facteurs associés à une bonne réponse au traitement par la vitamine D, le fait de ne pas présenter de lésions de la moelle épinière lors du diagnostic, de présenter une insuffisance en vitamine D lors de l'inclusion, et d'avoir un indice de masse corporelle (IMC) en-dessous du seuil de surpoids. Toutefois, « l'efficacité de la vitamine D était similaire chez les patients ayant eu un syndrome clinique isolé avec ou sans névrite optique, ce qui suggère que sa cible thérapeutique s'étend à tous les phénotypes de patients », commentent les chercheurs.

« Le faible risque d'effets indésirables et le profil d'efficacité encourageant de la vitamine D observés dans cette étude en font un candidat idéal pour d'autres études, qui viseraient à confirmer son intérêt en tant que traitement d'ajout pour améliorer l'équilibre bénéfice-risque des thérapies existantes », aussi bien chez les patients ayant enduré un syndrome clinique isolé que chez ceux atteints d'une forme débutante de sclérose en plaques récurrente-rémittente, ajoutent-ils.

Sources :

  1. Higher 25-hydroxyvitamin D is associated with lower relapse risk in multiple sclerosis, Simpson Jr et al., Ann Neurol. 2010 Aug;68(2):193-203. doi: 10.1002/ana.22043
  2. Vitamin D is associated with degree of disability in patients with fully ambulatory relapsing-remitting multiple sclerosis, Thouvenot et al., Eur J Neurol. 2015 Mar;22(3):564-9. doi: 10.1111/ene.12617
  3. Randomized trial of daily high-dose vitamin D3 in patients with RRMS receiving subcutaneous interferon β-1a, Hupperts et al., Neurology. 2019 Nov 12;93(20):e1906-e1916. doi: 10.1212/WNL.0000000000008445
  4. Cholecalciferol in relapsing-remitting MS: a randomized clinical trial (CHOLINE), Camu et al., Neurol Neuroimmunol Neuroinflamm. 2019 Aug 6;6(5):e597. doi: 10.1212/NXI.0000000000000597
  5. High-dose vitamin D in clinically isolated syndrome typical of multiple sclerosis: the D-Lay MS randomized clinical trial, Thouvenot et al., JAMA. 2025 Mar 10:e251604. doi: 10.1001/jama.2025.1604
Higher 25-hydroxyvitamin D is associated with lower relapse risk in multiple sclerosis
Vitamin D is associated with degree of disability in patients with fully ambulatory relapsing-remitting multiple sclerosis
Randomized trial of daily high-dose vitamin D3 in patients with RRMS receiving subcutaneous interferon β-1a
Cholecalciferol in relapsing-remitting MS: A randomized clinical trial (CHOLINE)
High-Dose Vitamin D in Clinically Isolated Syndrome Typical of Multiple Sclerosis: The D-Lay MS Randomized Clinical Trial

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