De l’importance des biosimilaires pour l’avenir des systèmes de santé
Les biothérapies ont révolutionné la prise en charge de nombreuses pathologies. Très efficaces, ces traitements sont aussi assez chers et l’incidence des pathologies concernées (maladies chroniques, cancers, …) ne cesse d’augmenter. Face à ce poids financier croissant, potentiellement déstabilisant pour les systèmes de santé, les biosimilaires offrent un intéressant potentiel permettant de renforcer la durabilité des systèmes de santé. (1) À cet égard, une étude récente analyse les effets des biosimilaires en termes de réduction de coûts dans 57 pays et régions. (2)
Publiée en juin 2025 dans BioDrugs et menée par une équipe internationale, cette analyse se fixait pour objectif d'examiner les effets directs et indirects de l'introduction des biosimilaires au niveau individuel (les patients) et au niveau collectif (les systèmes de santé). (1)
Pour ce qui est du niveau collectif, les auteurs soulignent dans leur introduction qu'en 2023, les biothérapies représentaient 40 % (87,6 milliards d'euros) de l'ensemble des dépenses de médicaments dans l'Union européenne (et 38 à 40 % aux États-Unis). Des parts qui devraient continuer à s'accroître dans les années à venir sous l'effet de la croissance et du vieillissement de la population et de l'incidence croissante de certaines pathologies.
Les bénéfices côté patients sont éloquents : les biothérapies sont des traitements novateurs particulièrement efficaces. Les biosimilaires apportent quant à eux le même bénéfice clinique mais à un moindre coût et permettent ainsi d'élargir l'accès à ces traitements. Cet accès élargi lié au prix plus bas des biosimilaires prend plusieurs formes : traiter un plus grand nombre de patients et permettre à davantage de patients d'accéder plus facilement aux doses optimales pour leur pathologie.
Depuis l'approbation du premier biosimilaire en 2006, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a validé 106 biosimilaires (72 aux États-Unis) dans diverses classes de médicaments et pour diverses indications.
Réduisant les coûts et ayant prouvé leur efficacité, les biosimilaires sont désormais plus souvent les traitements de deuxième voire de première intention dans les recommandations officielles. Cet accès plus précoce à des traitements plus largement efficaces réduit la charge globale de morbidité et le recours aux soins, et a ainsi un effet positif indirect sur les systèmes de santé.
Une baisse de coûts dès l'introduction et à plus long terme
Une étude américaine publiée dans PLOS One en juin 2024 analysait les réductions de prix des biothérapies après l'introduction d'un ou plusieurs biosimilaires dans 57 pays ou régions, sur la période 2012-2019. (2)
Basée sur des données IQVIA MIDAS®, cette analyse se concentrait sur huit biothérapies : adalimumab, bevacizumab, époétine, étanercept, filgrastim, infliximab, pegfilgrastim et trastuzumab, et les effets à court et long terme sur les prix de ces traitements après l'introduction d'un ou plusieurs biosimilaires. Elle portait sur 57 pays, dans pratiquement toutes les parties du monde, et l'un de ses intérêts est d'avoir aussi inclus des pays à revenu intermédiaire.
L'arrivée d'un ou plusieurs biosimilaires sur le marché se traduit par une réduction immédiate du coût moyen de la plupart de ces 8 biothérapies (versions princeps et biosimilaires confondues). Les prix moyens du bevacizumab, de l'infliximab et du trastuzumab affichait des baisses statistiquement significatives de respectivement 24,7 %, 18,4 % et 27,7 % par dose standardisée - dès l'année de commercialisation d'un biosimilaire.

Infographie issue de l'étude. (1) En grand format ici
Prix des biothérapies avant et après l'introduction d'un ou plusieurs biosimilaires (0 sur le graphique) dans l'ensemble des 57 pays étudiés
L'effet a été décrit par ailleurs et on le retrouve aussi dans cette étude : l'introduction de biosimilaires d'un coût moins élevé fait aussi baisser le prix des versions princeps. Des baisses de prix de 53,9 % à 8,9 % dès l'année de commercialisation d'un biosimilaire.
Une situation gagnant-gagnant.
Sources :
- Kvien, T.K., Betteridge, N., Brückmann, I. et coll. Beyond Cost: Observations on Clinical and Patient Benefits of Biosimilars in Real-World Settings. BioDrugs 39, 537–553 (2025). https://doi.org/10.1007/s40259-025-00727-z
- Chen HH, Yemeke T, Ozawa S. Reduction of biologic pricing following biosimilar introduction: Analysis across 57 countries and regions, 2012-19. PLoS One. 2024 Jun 6 https://doi.org/10.1371/journal.pone.0304851