PsA et axSpA : des différences selon les sexes et une grande hétérogénéité des profils
Deux études récentes, l’une canadienne, l’autre grecque, soulignent l’hétérogénéité des profils des patients atteints de spondylarthrite, de spondylarthrite axiale, de psoriasis ou de rhumatisme psoriasique. La première met en évidence des différences selon les sexes, la seconde analyse les caractéristiques, les comorbidités et les réponses au traitement de patients axSpA. Chacune à sa manière, deux plaidoyers en faveur d’une médecine de précision et d’une individualisation des prises en charge. (1) (2)
Publiée en mars 2025 dans le Journal of Autoimmunity et menée par une petite équipe de chercheurs canadiens, la première étude porte sur les « maladies psoriasiques » (psoriasis et rhumatisme psoriasique) et la spondylarthrite, notamment axiale (dans ses formes radiographiques et non radiographiques). (1) Le constat que posent ces chercheurs est que les hommes et les femmes atteints de ces affections présentent des différences en termes de présentations cliniques, de progression de la maladie et de réponses au traitement. Les mécanismes biologiques sous-jacents, à l'origine de ces différences, restent cependant encore peu clairs. Pour tenter d'y voir plus clair, ils ont procédé à une revue des connaissances actuellement disponibles sur les différences entre les sexes en termes de biomarqueurs et de voies biologiques dans le psoriasis, le rhumatisme psoriasique et la spondylarthrite.
Cette revue met en évidence plusieurs différences hommes-femmes en termes de biomarqueurs et de voies biologiques, en particulier au niveau des marqueurs de remodelage/renouvellement osseux, de l'activité des voies IL-23/IL-17, des cytokines pro-inflammatoires et des profils cardio-métaboliques.
Les hormones sexuelles jouent un rôle dans le métabolisme osseux et la régulation immunitaire chez les femmes et pourraient exposer les hommes à des dommages articulaires plus marqués.

Infographie issue de l'étude. (1)
Cycle de remodelage osseux : influence des hormones sexuelles et autres facteurs.
Flèches bleues : activité accrue, flèches rouges : inhibition d'activité.
Biomarqueurs clés de résorption et de formation osseuse.
Les auteurs plaident pour une intégration systématique du sexe en tant que variable dans les études à venir, et pour une individualisation des stratégies thérapeutiques.
Des profils axSpA hétérogènes
Publiée en avril 2025 dans Seminars in Arthritis and Rheumatism et menée par une vaste équipe de chercheurs grecs, cette deuxième étude se proposait d'analyser les caractéristiques de la maladie, les comorbidités et les réponses au traitement dans une cohorte de patients atteints de spondylarthrite axiale (axSpA). (2) Les données analysées dans cette étude observationnelle multicentrique étaient issues d'un registre grec d'axSpA, sous les auspices de la Société grecque de rhumatologie.
Il s'agissait de 717 patients axSpA (64,9 % d'hommes) d'un âge moyen de 50 ans et en médiane, l'ancienneté de leur axSpA s'établissait à 13 ans. Deux tiers d'entre eux souffraient d'une forme radiographique d'axSpA. Les prévalences d'arthrite périphérique et d'enthésite étaient toutes les deux à 45 % et l'atteinte sacro-iliaque concernait 28 % des patients.

Infographie issue de l'étude. (1)
Manifestations articulaires et extra-articulaires au diagnostic et durant le suivi.
Un tiers ne parvient pas à un niveau faible d'activité de la maladie
Les comorbidités les plus fréquentes étaient : IMC majoré (60 %), dyslipidémie (30 %), hypertension (30 %), dépression (14 %) et ostéoporose (10 %). La plupart (78 %) des patients étaient sous bDMARD (seul ou combiné à un csDMARD), et 12 % ne prenaient aucun traitement.
Seuls 65 % des patients parvenaient à atteindre une absence d'activité ou une faible activité de la maladie.
Les facteurs prédictifs d'un ASDAS élevé étaient : antécédents de dactylite, tabagisme actuel et nombre de DMARD utilisés par le passé. Être HLA B27 positif ou consommer peu d'alcool était au contraire associé à un ASDAS moins élevé, mais la positivité HLA B27 était également prédictive de la formation de syndesmophytes.
Sources :
- Steven Dang, Joan Wither, Igor Jurisica, et coll. Sex differences in biomarkers and biologic mechanisms in psoriatic diseases and spondyloarthritis, Journal of Autoimmunity, Volume 152, 2025. https://doi.org/10.1016/j.jaut.2025.103394
- Charalampos Papagoras, George E. Fragoulis, Nikolaos Fytanidis, et coll. Disease characteristics, co-morbidities and treatment response in a contemporary axial spondyloarthritis cohort: Analysis of 717 patients from the Greek AxSpA registry, Seminars in Arthritis and Rheumatism, Volume 71, 2025. https://doi.org/10.1016/j.semarthrit.2025.152645