Diabète de type 2 et insomnie ? Vérifiez surtout le magnésium et le phosphore !
« En conclusion, on peut affirmer qu’il existe une association significative entre un degré sévère d’insomnie et une mauvaise qualité du sommeil chez les patients atteints de diabète de type 2, avec des valeurs élevées de glycémie à jeun, de magnésium et de phosphore dans le sang, ainsi qu’avec la dépression et la fatigue. La recommandation est que les prestataires de soins accordent une plus grande attention à l’apport alimentaire en magnésium et en phosphore, ainsi qu’au traitement de la dépression et de la fatigue diurne dans le cadre de la thérapie du sommeil chez les patients atteints de diabète de type 2. »
Telle est en tout cas la conclusion de cette étude sino-australienne. Le diabète de type 2 peut entraîner de l'insomnie, de la dépression et de l'anxiété. Dans cette population de patients, la prévalence des troubles du sommeil est significativement plus élevée (37 à 50 %) que dans la population générale. Il existe un lien entre une mauvaise régulation de la glycémie et l'insomnie, notamment par des facteurs comme l'hypoglycémie nocturne. La dépression et les troubles anxieux peuvent à leur tour aggraver l'insomnie. D'autre part, les oligoéléments (comme le magnésium et le phosphore) jouent un rôle important dans le sommeil et la régulation glycémique.
Des études antérieures avaient déjà mis en évidence des liens entre l'apport en oligoéléments et la qualité du sommeil. Cependant, les relations exactes entre les concentrations sanguines de ces oligoéléments et la qualité du sommeil chez les patients atteints de diabète de type 2 souffrant d'insomnie restent inconnues, de même que leur lien avec des facteurs de santé mentale comme l'anxiété et la dépression. L'objectif de cette étude était d'évaluer les liens entre les facteurs biomédicaux (glycémie, oligoéléments) et les facteurs de santé mentale (dépression, anxiété, fatigue) avec la sévérité de l'insomnie, la durée totale du sommeil, l'efficacité du sommeil et la latence d'endormissement.
Néphropathie diabétique
Au total, l'étude a inclus 227 participants atteints de diabète de type 2 et d'insomnie. Les participants ont signalé un degré élevé d'insomnie sévère (score moyen de 14,61 sur l'échelle de sévérité de l'insomnie – Insomnia Severity Index), une durée totale du sommeil courte (en moyenne 287,51 minutes, soit moins de 6 heures), une efficacité du sommeil faible (en moyenne 70,32 %, soit inférieure à 85 %) et une latence d'endormissement longue (en moyenne 55,58 minutes, soit plus de 30 minutes). Les valeurs moyennes de glycémie à jeun étaient de 7,42 mmol/L et l'HbA1c moyen atteignait 7,33 %. Bien que les concentrations sériques de potassium, sodium, chlore, calcium, magnésium et phosphore se situaient globalement dans les plages de référence normales, les niveaux de fatigue des participants étaient relativement élevés. L'analyse de régression linéaire multiple a mis en évidence une association entre la sévérité de l'insomnie et des valeurs élevées de glycémie à jeun ainsi qu'un niveau plus élevé de dépression.
Par ailleurs, une durée totale de sommeil plus courte était associée à des valeurs plus basses de magnésium. L'efficacité du sommeil était quant à elle associée à des valeurs plus élevées de phosphore, et une latence d'endormissement plus longue à un niveau plus élevé de dépression et de fatigue. La principale conclusion de cette étude a été présentée dans l'introduction de cet article. Une glycémie à jeun élevée était associée à une forme plus sévère d'insomnie, ce qui concorde avec les résultats d'études antérieures ayant montré qu'un mauvais contrôle glycémique avait un impact négatif sur le sommeil en raison de complications et de troubles mentaux. Une durée totale de sommeil plus courte s'est avérée liée à des valeurs élevées de magnésium (restant toutefois dans les plages normales).
Selon les auteurs, cela pourrait indiquer un stade précoce de néphropathie chez ces patients atteints de diabète de type 2, ce qui pourrait entraîner une fréquence accrue des mictions nocturnes et un sommeil perturbé. L'association entre une efficacité du sommeil plus élevée et des concentrations plus importantes de phosphore pourrait également indiquer une néphropathie diabétique. La dépression était significativement associée à la fois à une insomnie plus sévère et à une latence d'endormissement plus longue. Cette relation était d'ailleurs bidirectionnelle. Enfin, une association a été mise en évidence entre la fatigue diurne et une latence d'endormissement prolongée, ce qui est un indicateur d'une moins bonne qualité de sommeil. La fatigue peut également nuire à l'observance thérapeutique et au contrôle glycémique.
Source :
Insomnia and its risk factors in patients with type 2 diabetes: A cross-sectional study. Sleep Medicine. Volume 131, July 2025, 106484. https://doi.org/10.1016/j.sleep.2025.106484.