Les produits biologiques, l'espoir des patients atteints de RSC
Les lavages nasaux, les stéroïdes topiques et parfois systémiques associés à des antibiotiques constituent le traitement de première intention. Si ceux-ci ne fonctionnent pas, une intervention chirurgicale est parfois envisagée. Mais de nombreux patients continuent à souffrir. Certains perdent même tout espoir et arrêtent tous les traitements. Une nouvelle solution se présente : les produits biologiques.
Les médicaments biologiques sont des anticorps humains destinés à réduire la réponse immunitaire et l'inflammation chronique en se liant aux cytokines pro-inflammatoires ou aux médiateurs de l'inflammation. Avec le dupilumab (anti IL-4/IL-13), le mépolizumab (anti IL-5) et l'omalizumab (anti IgE), trois substances sont actuellement approuvées pour le traitement de la rhinosinusite chronique avec polypes nasaux (RSCaPN) bilatérale sévère en tant que traitement adjuvant aux stéroïdes locaux, à condition que les corticostéroïdes systémiques et/ou les interventions chirurgicales (dupilumab, mépolizumab) ou les corticostéroïdes intranasaux (omalizumab) ne permettent pas de contrôler suffisamment la maladie. Des études randomisées contrôlées par placebo montrent une réduction de la taille des polypes ainsi qu'une amélioration des symptômes et de la qualité de vie.
Le tissu des polypes nasaux contient souvent des concentrations élevées d'éosinophiles et d'IgE - en fait, les concentrations d'IgE y sont beaucoup plus élevées que dans le sang. Les éosinophiles sont attirés du sang vers le nez par l'interleukine 5 (IL-5). Quelques études récentes sur le mépolizumab ont montré un effet positif chez 50 % des patients atteints de polypes nasaux, après une série d'injections. Au départ, le traitement était administré par voie intraveineuse, mais les patients peuvent désormais effectuer eux-mêmes des injections sous-cutanées.
Les taux élevés d'IgE constituent une deuxième cible. Le mépolizumab et l'omalizumab sont des traitements efficaces contre les polypes nasaux, mais le dupilumab est encore plus efficace et plus rapide, avec 80 à 85 % de réponses positives, contre 60 à 70 % pour les deux autres molécules. Le dupilumab est un antagoniste d'une partie du récepteur IL-4 (présent dans les récepteurs IL-4 et IL-13). Il agit donc plus en amont que le mépolizumab et l'omalizumab. Il ralentit ainsi la libération d'éosinophiles et la production d'IgE. Dans certains cas, les patients présentant des polypes importants guérissent complètement en quelques semaines. Le dupilumab coûte toutefois six fois plus cher, soit environ 600 euros par injection, soit 1 200 euros par mois, car il doit être injecté toutes les deux semaines.
Quelle indication ?
Les produits biologiques ne peuvent pas être utilisés sans restriction en raison de leur prix. Selon le document de position européen/EUFOREA, l'indication est une RSCaPN bilatérale grave après une chirurgie sinusale antérieure et au moins trois autres critères :
- Preuve d'une inflammation de type 2 (éosinophilie dans les tissus et/ou le sérum, augmentation du taux d'IgE total)
- Nécessité d'une administration systémique de stéroïdes ou contre-indications à un traitement systémique par stéroïdes
- Réduction significative de la qualité de vie
- Limitation significative de l'odorat
- Asthme bronchique comme comorbidité
Le succès du traitement doit être évalué après six mois, puis une décision doit être prise quant à la poursuite ou l'arrêt du traitement, au traitement complémentaire des comorbidités ou au changement de produits biologiques.
Le tezepelumab contre l'asthme et... la RSCaPN !
La recherche progresse rapidement et parfois le hasard aide. L'équipe de Joseph Han (Old Dominion University à Norfolk/Virginie) a ainsi découvert qu'un produit biologique, le tezepelumab, autorisé dans le traitement de l'asthme sévère, est également efficace contre la RSC avec polypes. Leurs travaux ont été présentés lors d'un congrès de l'American Academy of Allergy Asthma & Immunology (AAAAI) et de la World Allergy Organization (WAO) à San Diego.
L'anticorps monoclonal tezepelumab neutralise la cytokine TSLP (thymus stromal lymphopoietin), impliquée dans les réactions inflammatoires allergiques. Au cours de l'étude menée en vue de l'autorisation du produit, il a été constaté qu'il améliorait également la RSCaPN associée.
Au total, 408 patients ont participé à l'étude. Ils souffraient de RSCaPN depuis 12,74 ans en moyenne ; 71,3 % avaient déjà subi une intervention chirurgicale pour retirer des polypes. Seuls environ 60 % des patients souffraient d'asthme. Les patients ont reçu des injections de tezepelumab ou d'un placebo toutes les 4 semaines, pendant 52 semaines. Les scientifiques ont mesuré le « score des polypes nasaux » et le « score de congestion nasale ». Une nette amélioration a été constatée dans ces deux domaines. Le médicament a également amélioré la fonction olfactive et permis d'éviter la chirurgie (0,5 % contre 22,1 % dans le groupe placebo) et réduit le besoin de stéroïdes systémiques (5,2+ contre 18,3 %).
Le médicament pourrait alors constituer une alternative à d'autres médicaments biologiques tels que le dupilumab, l'omalizumab et le mépolizumab, qui sont déjà approuvés pour le traitement de la RSCaPN.
Sources :