Dossiers  >   Compléments alimentaires  >  Compléments alimentaires : selon la FAO, l’attention est de mise face aux risques sanitaires

Compléments alimentaires : selon la FAO, l’attention est de mise face aux risques sanitaires

S’ils rencontrent un succès croissant auprès des consommateurs, les compléments alimentaires ne sont pas dénués d’effets indésirables. Dans un rapport publié le 29 avril, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) appelle à la vigilance quant à ces produits, bien moins régulés que les médicaments.

Né au cours des années 1990, le marché des compléments alimentaires a le vent en poupe, particulièrement depuis la crise Covid-19. Les raisons de leur succès sont multiples : parmi elles, l'intérêt croissant de la population pour la prévention, ainsi que la hausse du végétarisme, dont les adeptes sont tenus de corriger les insuffisances de certains apports.

A l'inverse, chez des personnes peu désireuses de changer de mode de vie, le complément alimentaire offre, à faible coût, l'impression de prendre soin de soi grâce à un produit perçu comme ‘naturel', donc bon pour la santé. A quoi s'ajoute un marketing efficace, bien moins encadré que celui des médicaments, et qui va parfois jusqu'à rémunérer des influenceurs actifs sur les réseaux sociaux.

A la frontière entre aliments et médicaments, les compléments alimentaires relèvent d'une réglementation similaire à celle des premiers. « Bien que les compléments soient généralement perçus comme sûrs, ils peuvent poser des problèmes de sécurité alimentaire et des problèmes nutritionnels », juge pourtant la FAO dans un rapport publié le 29 avril. L'agence onusienne y appelle à la vigilance quant à ces produits, pas si anodins qu'ils en ont l'air.

Parmi les risques, celui d'interactions entre un complément alimentaire et un médicament, qui peuvent diminuer l'efficacité de ce dernier ou en accroître les effets indésirables. La FAO, qui dresse une liste des interactions connues, évoque notamment le cas de la mélatonine, révélé en 2018 par l'agence française en charge de la sécurité des aliments (l'Anses). Ce complément à visée sommeil favoriserait divers troubles neurologiques (maux de tête, hallucinations, troubles de l'équilibre, somnolence…) chez les personnes prenant des neuroleptiques ou des antipsychotiques. De même, les oméga-3, pris avec des anticoagulants ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens, pourraient accroître le risque hémorragique.

Comme les aliments, les compléments alimentaires peuvent aussi subir des contaminations, que ce soit par des mycotoxines et des pesticides pour les produits à base de plantes, mais aussi par des métaux lourds et des PCB. Quant à l'adultération, à savoir l'ajout volontaire de substances frauduleuses, elle est particulièrement fréquente avec les produits vendus en ligne. Le plus souvent, ce sont des substances médicamenteuses qui sont ajoutées (une pratique dénommée ‘spiking'), en toute illégalité et sans que le consommateur en soit informé. Entre autres exemples, des miels érectiles contenant du sildénafil, ou des produits amincissants comportant de la sibutramine, anorexigène.

La FAO évoque par ailleurs le risque allergique, qui peut survenir chez les personnes sensibles à certains types d'aliments. Exemple, la glucosamine, utilisée par les personnes arthrosiques, peut être extraite à partir de fruits de mer. Quant aux isoflavones, utilisées pour soulager les symptômes de la ménopause, elles sont souvent issues du soja. Or rares sont les compléments dont l'étiquetage mentionne l'origine de leurs ingrédients.

Autre sujet de préoccupation, le manque de connaissances quant aux plantes : pour la plupart, et à la différence de vitamines et des minéraux, ces produits ne disposent que d'un faible corpus d'études scientifiques. Quant au risque de surdosage, il semble accru par l'arrivée de formulations plus attractives, dont plus rassurantes. Parmi elles, les ‘gummies' à l'aspect de bonbons, à l'origine de plusieurs cas d'intoxication chez de jeunes enfants.

Source :

Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail

Romain Loury - Lien d'intérêts financiers : aucun • MediQuality