Médical  >  De la méningite à un plan national de lutte contre le sepsis : Be-SNAP a été publié le 1er juillet 2025

De la méningite à un plan national de lutte contre le sepsis : Be-SNAP a été publié le 1er juillet 2025

La séance spéciale sur la méningite et le plan OMS 2030 organisée ce 2 octobre à l’initiative de l’Académie Belge de Pédiatrie (BAoP), offrait au Pr Erika Vlieghe (UZAntwerpen), l’opportunité de présenter le plan national de lutte contre le sepsis demandé par le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke. Il va s’appliquer aux 41.000 Belges qui font un sepsis chaque année et notamment ceux qui surviennent dans le décours de méningites à méningocoques à l’évolution foudroyante. Un résumé des points repris dans Be-SNAP.

En Belgique, environ 41.000 cas de sepsis sont recensés chaque année avec un taux de mortalité de 20%. L'impact économique est important avec un coût annuel qui varie de 277 millions d'euros à 4,3 milliards et une perte annuelle de 38.106 QALYs selon "The Global Burden of Diseases study" et une extrapolation des données d'une étude hollandaise. L'incidence annuelle des méningites à méningocoques est estimée à 15 cas /100.000 bébés de moins d'un an contre 10x moins chez l'adulte. L'évolution peut être rapide, imprévisible et parfois foudroyante sous la forme d'un sepsis / choc septique associé chez 25% des patients, à des thromboses massives et des nécroses cutanées. Un diagnostic et un traitement précoces sont cruciaux. Chaque heure qui passe sans intervention augmente le risque de décès de 4% à 8%.

Un diagnostic difficile et des causes multiples

Chez l'enfant, les critères diagnostiques (Sepsis-3 criteria) sont : une infection prouvée ou suspectée sur base de la clinique, la biologie ou l'imagerie, une insuffisance circulatoire, une insuffisance respiratoire (ARDS) ou ≥ 2 dysfonctions d'autres organes (SOFA score ≥ 2). Les infections pulmonaires (pneumonies), urinaires, cutanées et abdominales sont des causes fréquentes tout comme les infections sur cathéters. Les personnes à risque sont les jeunes enfants (< 1 an), les personnes âgées, les femmes enceintes, les personnes atteintes de maladies chroniques (diabète, cancer...), les personnes avec une faible immunité (cancer, VIH...), les patients hospitalisés avec des cathéters, les personnes souffrant de trouble mentaux, les sans-abris, les prisonniers….

Be-SNAP

Le plan a été élaboré par un groupe de travail multidisciplinaire, multisectoriel, réunissant 62 experts (infectiologues, microbiologistes, épidémiologistes, spécialistes de la prévention des infections et des questions éthiques, économistes de la santé...), tous travaillant en soins aigus et chroniques avec aussi des représentants des sociétés savantes et des associations de patients. Le plan liste des points d'attention (sensibilisation, prévention, signes précoces, gestion du patient, rééducation post-sepsis, planification des soins, surveillance et recherche) et documente certains aspects. 

  • Concernant la clinique, le sepsis et le choc septique sont associés à un taux de mortalité élevé et une morbidité de longue durée. Selon les études, de 20% à 30% des patients décèdent d'un sepsis et de 40% à 60% d'un choc septique. 
  • Concernant le diagnostic, il représente un défi reposant sur une combinaison de signes cliniques et de tests de laboratoire plus ou moins spécifiques, ce qui explique pourquoi un sepsis débutant passe souvent inaperçu. Une étude néerlandaise (263 patients admis en USI) a révélé que 48,3 % avaient consulté leur médecin généraliste dans les jours précédant leur admission, 64 % ont été référés immédiatement. Mais dans 43 % des cas, l'infection est passée inaperçue. 
  • Concernant le traitement du sepsis / choc septique, il comporte une antibiothérapie empirique débutée sans délai et ensuite ajustée dès que les résultats sont connus, des solutions IV pour maintenir la PA et des médicaments pour soutenir les organes. 

Un plan inspiré et "inspirant"

L'initiative Be-SNAP a le potentiel de transformer la prise en charge du sepsis en Belgique. Ce plan permet d'optimiser les ressources matérielles et humaines et peut inspirer d'autres pays confrontés à des défis similaires.

Source :

  • Mondelaers A, Van de Voorde F, Peperstraete H, Dewitte K, De Waele J, Malfait I, Van de Voorde P and Vlieghe E (2025) Be-SNAP: the Belgian Sepsis National Action Plan. Front. Public Health.2025;13:1575502. doi: 10.3389/fpubh.2025.1575502
Be-SNAP: the Belgian Sepsis National Action Plan

Dr Claude Biéva - Lien d'intérêts financiers : aucun • MediQuality