Nouveaux traitements anti-obésité : après l’arrêt, +0,8 kg par mois, le poids repris en 2 ans
Ils ont représenté un espoir pour la perte de poids et la régulation cardio-métabolique. Mais une méta-analyse (1) publiée dans The British Medical Journal (BMJ) montre que la lune de miel est de courte durée. Deux ans après l’arrêt des nouveaux médicaments anti-obésité, ces effets bénéfiques ont disparu. Faut-il envisager un traitement à vie ?
Depuis moins de 10 ans, le sémaglutide (analogue du GLP-1) et le tirzépatide (analogue du GLP-1 et du GIP) ont transformé la prise en charge de l'obésité. Il faut dire que, dans les essais cliniques, ces molécules ont permis des pertes de 15 à 20 % du poids initial et une amélioration des marqueurs et critères d'évaluation cardiométaboliques, globalement proportionnelle à l'importance de la perte de poids. Néanmoins, selon les observations en vie réelle, 50 % des personnes en obésité interrompent leur traitement par analogues du GLP-1 dans les 12 mois suivant son initiation (en raison d'effets secondaires ou du coût du traitement).
Sam West et coll. (Oxford, Royaume-Uni) ont réalisé une revue systématique et une méta-analyse à partir de 37 études ayant inclus un total de 9 341 patients, répartis en 63 sous-groupes, traités soit par un anti-obésité de génération récente ou plus ancienne, soit par une prise en charge comportementale classique (régime alimentaire et activité physique). Vingt-sept sous-groupes ont reçu un analogue du GLP-1 et/ou du GIP indiqué dans l'obésité : sémaglutide, tirzépatide ou liraglutide. Cinq sous-groupes ont été traités par le cagrilintide, analogue de l'amyline, en association avec le sémaglutide. Tous les autres patients ont reçu un traitement anti-obésité plus ancien et peu utilisé en Europe, comme l'orlistat ou la phentermine.
Le tirzépatide et le sémaglutide ont été étudiés conjointement en tant qu'incrétinomimétiques les plus récents et les plus efficaces. Ils ont permis une perte moyenne de poids de 14,7 kg tant que le traitement était administré. Mais dès l'arrêt, les patients ont repris en moyenne 0,8 kg par mois. Un retour au poids initial est ainsi observé deux ans après l'arrêt. Parmi 28 essais contrôlés randomisés, aucune différence de poids n'a été observée entre les groupes traités et les groupes témoins 1,4 an après l'arrêt de l'anti-obésité.
Une autre analyse a été effectuée en considérant l'ensemble des traitements anti-obésité (incrétinomimétiques ou molécules plus anciennes) : la perte de poids moyenne est évaluée à 8,3 kg, qui sont repris en un an et huit mois après l'arrêt, au rythme de 0,4 kg par mois.
Retour aux valeurs de base pour la glycémie, la pression artérielle…
Les bénéfices apportés par ces traitements sur la glycémie à jeun, la pression artérielle systolique, le taux de cholestérol et le taux de triglycérides disparaissent après une année sans traitement, tandis que l'hémoglobine glyquée (HbA1c) et la pression artérielle diastolique reviennent à leur niveau initial en environ un an et cinq mois.
Force est de constater qu'une prise en charge pluridisciplinaire (nutrition et activité physique), délivrée pendant ou après un traitement médicamenteux, n'a pas permis d'influencer la vitesse de reprise de poids après l'arrêt.
Par rapport aux traitements médicamenteux, une prise en charge pluridisciplinaire seule conduit à une perte de poids plus faible, de 5,1 kg en moyenne dans les études analysées, mais la reprise pondérale après l'intervention est plus lente. Le retour au poids initial se fait alors en un peu moins de quatre ans.
Les auteurs précisent que les modèles actuels de coût-efficacité du sémaglutide se basent sur un retour au poids initial en trois ans, alors que les données de leur étude suggèrent une reprise de poids plus rapide.
Enfin, d'un point de vue plus général de politique de santé, l'efficacité des nouveaux traitements incrétinomimétiques est susceptible d'accroître la prescription et l'utilisation de médicaments pour la gestion du poids. Il est donc important que les patients soient conscients du risque de reprise pondérale après l'arrêt du traitement.
Le texte de la publication propose un abstract graphique, disponible ici.
Source :
- West S, Scragg J, Aveyard P et coll. Weight regain after cessation of medication for weight management: systematic review and meta-analysis BMJ. 2026 Jan 7:392:e085304. doi: 10.1136/bmj-2025-085304.