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"Une vaccination prioritaire des enseignants n'évitera pas les clusters entre enfants"

BRUXELLES 21/03 - Le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke n'a pas appuyé dimanche la demande des ministres de l'Enseignement de vacciner les enseignants en priorité. "Ce n'est pas en vaccinant les enseignants qu'on va limiter les clusters dans les écoles, car ce sont des clusters qui se développent entre les enfants", a souligné M. Vandenbroucke (Vooruit) sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche" (RTL-TVi).

Il a insisté sur la stratégie de vaccination actuelle, qui prévoit de traiter d'abord les plus vulnérables en fonction de leur âge et de leur état de santé, "ce qui prendra encore des semaines".

Les ministres de l'Enseignement des trois Communautés (Caroline Désir, Ben Weyts et Lydia Klinkenberg) ont demandé cette semaine au fédéral de considérer le personnel enseignant comme groupe prioritaire pour la vaccination contre la Covid-19. Ils ont envoyé un courrier en ce sens au Premier ministre Alexander De Croo et au ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke.

Vendredi, le comité de concertation (codeco) a chargé les ministres de l'Enseignement d'élaborer pour lundi une liste de mesures à court terme dans le but de limiter encore les risques de contamination à l'école. Les acteurs de l'école retrouveront d'ailleurs la ministre Désir lundi matin pour en discuter.

Le codeco a déjà décidé de rendre le port du masque obligatoire également en 5e et 6e primaires, ainsi que de reporter après les vacances de Pâques le retour au présentiel à temps plein, qui était prévu pour le 29 mars dans le 2e degré de l'enseignement secondaire.

Un schéma tend à se répandre : les enfants attrapent le virus en classe, le transmettent à leurs parents qui, s'ils ne font pas de télétravail, le communiquent sur leur lieu de travail.

Pour Frank Vandenbroucke, le Comité de concertation de vendredi n'a pas été assez ferme. "Si on se limite aux mesures décidées vendredi, c'est un pari très risqué", a-t-il dit. A ses yeux, pour s'assurer de la réouverture des écoles après Pâques et de l'Horeca au 1er mai, "il faut des mesure supplémentaires".

S'il devait apparaître lundi que les écoles ne peuvent prendre des mesures d'envergure, "alors il faudra prendre des mesures fortes dans d'autres secteurs, car ne rien faire est un pari risqué".

Ces commentaires ont fait grincer des dents au MR. "Critiquer les mesures d'un comité de concertation auquel on a participé est autorisé à certains", a réagi le président des libéraux francophones, George-Louis Bouchez. Sur le fond, "les décisions doivent être guidées par des données objectives et pas par des impressions sur l'un ou l'autre secteur".

Pour le mathématicien Nicolas Franco (Université de Namur, Université de Hasselt), aux services duquel le gouvernement a déjà recouru pour la modélisation de l'évolution de la pandémie, fermer les écoles une semaine de plus après les vacances de Pâques n'aurait qu'un effet faible pour un coût élevé, car les deux semaines de congé de printemps suffiront déjà pour faire baisser la pression de la contamination à l'école.

INT/POL/BPE/(EDR) • Belga

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