Espagne: les anti-IVG pourront être condamnés à la prison pour "harcèlement"
MADRID 07/04 Le Sénat espagnol a adopté définitivement mercredi une réforme du Code pénal afin de pouvoir condamner à la prison les militants anti-IVG coupables de "harcèlement" à l'encontre de femmes afin de tenter de les convaincre de ne pas avorter.
Ils pourront être condamnés à des peines de trois mois à un an de prison ou à des travaux d'intérêt général pour avoir "harcelé une femme" en vue de faire "obstacle à l'exercice du droit à l'interruption volontaire de grossesse" via "des actes gênants, offensifs, d'intimidation ou de pression", selon le texte dont le Parti socialiste du Premier ministre Pedro Sanchez est à l'origine. Le "harcèlement" du personnel soignant sera puni des mêmes peines. Selon un rapport de l'Association des cliniques autorisées à pratiquer l'IVG (ACAI) datant de 2018, 89% des femmes voulant avorter en Espagne se sont senties harcelés et 66% menacées. L'avortement a été dépénalisé en Espagne en 1985 mais pour trois motifs uniquement: viol, "risque grave" pour la femme et malformation foetale. Ce n'est qu'en 2010 que le pays a légalisé l'IVG sans justification médicale jusqu'à la 14e semaine de grossesse.
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