Dans une salle d'écoute de l'hôpital de Masisi,dans l'est de la RDC (reportage)
MASISI (RDC) 08/04 "Ils m'ont violée au bord de la route. Et ma fille de 12 ans aussi", raconte en phrases courtes Alice*, 28 ans, dans une salle d'écoute de l'hôpital de Masisi, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
"Nous revenions à pied de l'enterrement de ma belle-mère. Ils avaient commencé par ligoter mon mari", poursuit la jeune femme sur le même ton saccadé. L'agression s'est passée mi-février, sur une route aux abords de l'agglomération de Masisi, à moins de 100 km de Goma, le chef-lieu du Nord-Kivu. La province et l'Ituri voisine sont sous état de siège depuis mai 2021. Cette mesure - sans cesse prolongée - , qui donne les pleins pouvoirs aux militaires, a été prise pour tenter d'éradiquer les groupes armés qui brutalisent les populations de l'est du pays depuis plus de 25 ans. Mais l'horreur continue. Un premier homme viole Alice. Puis le chef de la troupe "a enfoncé un couteau dans mon vagin. Il y a eu des coups de feu. Je me suis enfuie en abandonnant mon mari et mes deux filles, dont celle que vous voyez là", enchaîne-t-elle, en donnant le sein à un bébé de 7 mois. Plus d'un mois après, elle n'a toujours aucune nouvelle de son mari qui s'est enfui, ni de sa fille que les militaires disent avoir secourue et confiée à une association. Ses agresseurs? Des "hommes armés", sans plus de certitude. Certains portaient l'uniforme de l'armée congolaise, d'autres pas.
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