Conflit au Tigré - L'OMS très inquiète de l'augmentation des cas de malaria au Tigré
BERNE 28/10 Le nombre de cas de malaria a augmenté de plus de trois quarts au Tigré en un an, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En raison du manque d'accès, elle s'est dite à nouveau vendredi à Genève "très inquiète" par la situation dans le nord de l'Ethiopie.
Depuis six semaines, aucune possibilité d'acheminer du matériel d'assistance par la route pour par voie aérienne n'a été donnée au Tigré, a déploré à la presse la cheffe des urgences pour l'Ethiopie à l'OMS, Ilham Abdelai Nour. L'accès est meilleur pour les régions voisines de l'Afar et d'Amhara. Au Tigré, où un conflit dure depuis près de deux ans entre l'armée éthiopienne et les séparatistes, les cas de malaria ont augmenté de plus de trois quarts sur un an. Ils s'étendent "chaque semaine", selon Mme Nour. Autre problème, la population ne peut accéder à des moyens préventifs pour la première fois depuis les années 60. L'OMS avait pu acheminer un peu de matériel jusqu'en août. Mais le manque de carburant ne lui permet pas de l'utiliser dans les communautés. Dans la région de l'Amhara, l'augmentation des cas de malaria atteint elle 40%. Même si aucun cas de choléra n'a été observé encore au Tigré, l'OMS est inquiète également sur cette question, de même que sur la rougeole. Avec le blocage observé, il est difficile de faire remonter toutes les indications. Pour cette raison, il est impossible de savoir combien de personnes auraient pu succomber à des décès évitables liés à des maladies ou à la malnutrition, ajoute Mme Nour. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), près de 90% des Tigréens sont en insécurité alimentaire et 47% sont gravement atteints sur cette question.
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