Le vapotage est-il un premier pas vers la cigarette classique ? Une étude ne fournit aucune preuve de causalité.
Le lien entre le vapotage et la cigarette dite classique chez les jeunes est particulièrement complexe, notamment en termes de causalité, avec un degré de certitude très faible. Au niveau individuel, il est clair que les jeunes qui vapotent sont susceptibles de commencer à fumer, sans qu'il y ait toutefois de lien de causalité. Les auteurs italiens espéraient secrètement que leur nouvelle étude apporterait plus de clarté sur cette causalité, mais ce ne fut malheureusement pas le cas.
Dans quelle mesure les cigarettes électroniques constituent-elles une première étape vers les cigarettes classiques dans la tranche d'âge 9-29 ans ? De nombreuses hypothèses circulent à ce sujet. Ainsi, l'hypothèse de la « porte d'entrée » postule que le vapotage entraîne un risque accru de tabagisme, tandis que l'hypothèse de la « diversion » affirme exactement le contraire. Enfin, l'hypothèse de la « responsabilité commune » ne voit pas de lien de causalité, mais bien des facteurs sous-jacents communs. Des revues systématiques et des méta-analyses antérieures d'études menées au niveau individuel ont montré un lien positif entre le vapotage et le tabagisme, mais les conclusions quant à une éventuelle causalité étaient contradictoires.
Une équipe britannique a décidé d'examiner cette question de plus près, non seulement au niveau individuel, mais aussi au niveau de la population. Leur revue systématique a porté sur 126 études, avec des participants âgés de 9 à 29 ans. Les études incluses au niveau individuel ont suivi les participants dans le temps, tandis que celles au niveau de la population ont examiné les changements dans les taux de tabagisme en relation avec l'utilisation ou la disponibilité des cigarettes électroniques. La fiabilité des preuves a été évaluée à l'aide de la méthode GRADE mais elle a été jugée très faible pour tous les résultats.
Vapotage → cigarette classique plus probable
Le principal critère d'évaluation était le lien entre l'utilisation ou la disponibilité des cigarettes électroniques et l'évolution du taux de tabagisme dans la population. Les preuves ont montré une relation inverse. Plus les cigarettes électroniques étaient disponibles et/ou utilisées, plus le taux de tabagisme chez les jeunes diminuait. À l'inverse, plus les cigarettes électroniques étaient restreintes, plus le taux de tabagisme augmentait dans cette population jeune. Les résultats n'étaient pas concordants dans toutes les études et beaucoup d'entre elles présentaient des limites importantes. L'effet constaté (généralement une variation de 1 à 2 points de pourcentage de la prévalence du tabagisme) était faible par rapport à la prévalence totale, mais pouvait néanmoins représenter un nombre important d'individus. Au niveau individuel, les résultats ont montré des liens directs cohérents entre le vapotage au début et le fait de commencer à fumer par la suite (28 études) et la progression du tabagisme (5 études). Cela signifie que les jeunes qui vapotent sont plus susceptibles de fumer que les jeunes qui ne vapotent pas. Cependant, en raison d'un risque très élevé de biais dans ces études, les preuves de ces liens sont très faibles. Il est également difficile de déterminer s'ils sont causaux.
Source :
Electronic cigarettes and subsequent cigarette smoking in young people: A systematic review. Addiction. 2025 Jun;120(6):1090-1111. doi: 10.1111/add.16773.