Jeûne intermittent vs régime hypocalorique : bonne perte de poids dans les 2 cas
Accueillies parfois avec scepticisme ou bénéficiant au contraire d’un effet de mode un peu surfait, les approches de type jeûne intermittent restent un sujet de controverses. On ne peut donc que saluer la publication de nouvelles recherches bien structurées apportant des données probantes. C’est le cas notamment de cet essai contrôlé randomisé évaluant l’effet d’un jeûne intermittent de type 4:3 sur la perte de poids. (1)
Menée par une équipe de chercheurs américains, cette étude a été publiée dans Annals of Internal Medicine en mai 2025 (disponible en ligne en mars 2025). (1) Il s'agit d'un essai contrôlé randomisé dont l'objectif était de comparer les effets à 12 mois, en termes de perte de poids, d'un jeûne intermittent de type 4:3 (3 jours de jeûne intermittent, 4 jours d'alimentation « normale », sans restriction) à un régime hypocalorique « classique » 7 jours sur 7.
Pour ordre, il existe différents types de jeûne intermittent, 4:3 comme celui-ci (3 jours de jeûne intermittent, 4 jours sans restriction), ou 5:2 (2 jours de jeûne intermittent, 5 jours sans restriction), c'est-à dire alternant des jours de la semaine, ou des schémas horaires sur la journée, 12:12 (12 heures de jeûne intermittent, 12 heures sans restriction) ou 16:8 (16 heures de jeûne intermittent, 8 heures sans restriction).
Le constat que posent ces chercheurs américains en préambule à leur étude est le faible nombre d'études évaluant le jeûne intermittent sur un plus long terme, et de leur avis même, leurs travaux sont les premiers à comparer le jeûne intermittent à un régime hypocalorique suivi tous les jours, lorsque ces deux interventions sont effectuées dans le cadre d'un programme structuré de perte de poids et de modification des comportements.
Les participants, tous résidant dans l'aire urbaine de Denver (Colorado, États-Unis) étaient des adultes âgés entre 18 et 60 ans, présentant à l'inclusion un indice de masse corporelle (IMC) de 27 à 46 kg/m2. Ils étaient répartis en deux bras. Le groupe jeûne intermittent réduisait son apport énergétique de 80 % durant 3 jours de jeûne, puis s'alimentait de manière « normale », sans restriction les 4 jours restants. Le groupe hypocalorique réduisait son apport énergétique de 34 % en niveau journalier (ce qui correspondait en chiffres hebdomadaires à la réduction dans le groupe jeûne intermittent). Les deux groupes bénéficiaient d'un même programme d'accompagnement visant à favoriser les modifications de comportements : soutien psychologique de groupe et conseils les incitant à pratiquer une activité physique modérée à intense (objectif : 300 minutes par semaine). Le critère d'évaluation principal était l'évolution du poids à 12 mois.
Un petit mieux du jeûne intermittent et une bonne nouvelle : les 2 marchent !
Sur les 165 participants inclus - 84 en jeûne intermittent, 81 en hypocalorique – (âge moyen 42 ans, IMC moyen 34,1 kg/m2, 73,9 % de femmes), 125 ont mené cet essai à bon terme (12 mois !).
L'analyse en intention de traiter fait apparaître une perte de poids à 12 mois plus marquée côté jeûne intermittent que côté hypocalorique (différence moyenne : 2,89 kg, IC à 95 % : 5,65 à 0,14 kg, p = 0,040). La bonne nouvelle ici est cependant la perte de poids dans les deux approches, chez des adultes en surpoids ou en obésité. La publication de cette étude est accompagnée d'une réaction d'experts, dans un autre média, commentant ces résultats. (2)
L'un des aspects à noter ici est l'élément de restriction calorique présent à des degrés divers dans les deux groupes. Inhérent aux formes de jeûne intermittent reposant sur des jours entiers de jeûne, il est ici explicite et clairement défini dans l'intervention. Il est possible que cette forme 4:3 de jeûne intermittent rende cette restriction calorique plus facilement « acceptable » pour les patients et plus facile à mettre en place et à maintenir sur la durée. Un autre phénomène pouvant jouer un rôle serait la tendance des participants en jeûne intermittent à limiter automatiquement (consciemment ou par réflexe) leur alimentation les jours sans restriction.
Sources :
- Catenacci VA, Ostendorf DM, Pan Z, et coll. The Effect of 4:3 Intermittent Fasting on Weight Loss at 12 Months : A Randomized Clinical Trial. Ann Intern Med. 2025 May. Online on 31 March 2025. https://doi.org/10.7326/annals-24-01631
- Science Media Centre, Expert reaction to study looking at the effect of 4:3 intermittent fasting versus calorie restriction on weight loss, 31 March 2025. https://www.sciencemediacentre.org/expert-reaction-to-study-looking-at-the-effect-of-43-intermittent-fasting-versus-calorie-restriction-on-weight-loss/