Traitements médicamenteux de l’obésité : l’innovation continue
Ces dernières années ont été marquées par de formidables avancées en termes de traitements médicamenteux de l’obésité. L’année 2026 devrait continuer à nous apporter de bonnes nouvelles. Tour d’horizon d’un certain nombre d’innovations en cours de développement ou d’homologation.
L'arrivée des analogues du GLP-1 a véritablement révolutionné la prise en charge de l'obésité. Disponibles en formes injectables, ils ont prouvé leur efficacité en termes de perte de poids et de tolérabilité. Il n'est cependant pas inutile de rappeler que ces traitements médicamenteux anti-obésité doivent être accompagnés de modifications des comportements visant à favoriser l'adoption d'une alimentation saine et d'une activité physique régulière. La nouveauté de 2026 sera sans doute l'homologation d'analogues du GLP-1 à prendre par voie orale(1).
On passe à l'oral
La première grande nouvelle dans ce domaine est bien entendu le sémaglutide par voie orale. Déjà homologué dans le traitement du diabète, il est désormais disponible pour le traitement de l'obésité(2). Plus facile à conserver et à administrer, la forme orale du médicament présente divers avantages par rapport aux injections hebdomadaires. La perte de poids est similaire : en moyenne 14 % du poids corporel en 64 semaines avec la forme orale. L'administration par voie orale implique un dosage plus élevé, qui pose la question des effets indésirables. Comme pour la version injectable, une montée en puissance graduelle devrait permettre de les limiter.
L'orforglipron est la deuxième grande nouvelle. Il s'agit d'un analogue du GLP-1, petite molécule non peptidique, à prendre par voie orale. Son homologation par la FDA américaine est attendue pour le courant de 2026. Un essai de phase III dans les règles de l'art, chez des sujets en obésité mais sans diabète, a montré d'excellents résultats sur 72 semaines(3). En complément à un programme d'alimentation saine et d'activité physique, la perte de poids moyenne en semaine 72 aux trois dosages testés (6, 12 et 36 mg) allait de -7,5 % à -11,2 % (vs −2,1 % sous placebo). Au dosage le plus élevé (36 mg), 54,6 % obtenaient une perte pondérale d'au moins 10 %, 36,0 % d'au moins 15 % et 18,4 % d'au moins 20 %. Les effets indésirables étaient comparables aux autres analogues du GLP-1 : principalement gastro-intestinaux et généralement modérés et transitoires.
Des innovations injectables
L'association sémaglutide–cagrilintide - un analogue du GLP-1 et un analogue de l'amyline - est une autre bonne nouvelle. La procédure d'homologation aux États-Unis est en cours. Dans un essai de phase III sur 68 semaines, la perte de poids moyenne dans le groupe recevant cette association en injections (2,4 mg sémaglutide + 2,4 mg cagrilintide) s'établissait à 20 %.
Un sémaglutide à dosage élevé (7,2 mg) en injections hebdomadaires est également en cours d'homologation. Par rapport au dosage actuellement disponible (2,4 mg), il permettrait une perte de poids supérieure de trois points de pourcentage.
Nouvelles molécules, nouvelles approches
Les bonnes nouvelles ne s'arrêtent pas là, la recherche est en plein essor. Plusieurs nouvelles molécules ou nouvelles approches sont en phase d'essai et les résultats sont plutôt prometteurs.
Les triples agonistes (GIP / GLP-1 / glucagon) pourraient bien être un des traitements du futur (proche). Dans un essai de phase II, le retatrutide a induit une perte de poids de 24 % en un peu moins d'un an. À suivre donc.
Le survodutide, un double agoniste GLP-1 / glucagon, est une autre molécule à l'étude qui, au-delà de la perte pondérale, semble avoir un effet positif sur le foie et la MASH.
Dans cette liste, on peut également citer SYNT-101(4) une nouvelle molécule en cours de développement. Administrée par voie orale, elle a pour effet de créer un revêtement temporaire de polydopamine dans le duodénum, qui mimerait les effets d'un bypass gastrique. Les premiers résultats de phase I sont encourageants. À suivre également.
L'arsenal thérapeutique se diversifie et va faciliter une approche plus individualisée. Au-delà de la perte pondérale, cela va permettre de cibler davantage les complications et les comorbidités, mais aussi la tolérabilité en plus de l'efficacité. Des évolutions dont on ne peut que se féliciter.
Sources :
- Rubin R. Data on 3 New GLP-1 Drugs for Weight Loss That May Be Approved This Year. JAMA. Published online January 30, 2026. doi:10.1001/jama.2026.0287. https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2844678
- Schweitzer K. What to Know About the New Semaglutide Pill for Obesity. JAMA. 2026;335(6):478–479. doi:10.1001/jama.2026.0035. https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2844140
- Wharton S, Aronne LJ, Stefanski A, et coll.. Orforglipron, an Oral Small-Molecule GLP-1 Receptor Agonist for Obesity Treatment. N Engl J Med. 2025 Nov 6. https://doi.org/10.1056/nejmoa2511774
- Hudson MA, Sandoval L, Susilo PD, et coll. SUN-664 SYNT-101: First-in-Human Evaluation of a Novel Pharmacologic Therapeutic to Replicate Gastric Bypass for Management of Obesity. J Endocr Soc. 2025 Oct 22. https://doi.org/10.1210/jendso/bvaf149.174
What to Know About the New Semaglutide Pill for Obesity
Orforglipron, an Oral Small-Molecule GLP-1 Receptor Agonist for Obesity Treatment
SUN-664 SYNT-101: First-in-Human Evaluation of a Novel Pharmacologic Therapeutic to Replicate Gastric Bypass for Management of Obesit