Chez les jeunes asthmatiques en surpoids/obésité, les arGLP-1 liés à un moindre risque d’exacerbations
Chez les adolescents ou surpoids ou obésité, souffrant en plus d’asthme, la prise d’agonistes du récepteur du GLP-1 (arGLP-1) semble liée à un moindre risque d’exacerbations, révèle une étude publiée dans la revue JAMA Network Open.
Publiée en 2021, une étude américano-helvétique avait déjà suggéré une atténuation de l'asthme chez les asthmatiques adultes, par ailleurs diabétiques, traités par arGLP-1 (1). Cette classe médicamenteuse était liée à un risque diminué (de deux à trois fois) d'exacerbations par rapport à d'autres antidiabétiques, dont les sulfonylurées, l'insuline basale, les inhibiteurs du DPP-4 et les inhibiteurs du SGLT2.
Dans leurs travaux menés sur la base de données américaine TriNetX, l'équipe de Lin-Shien Fu, du Taichung Veterans General Hospital (Taichung, Taïwan), a observé le même phénomène chez des adolescents asthmatiques (2). Dans cette population, les arGLP-1 n'étaient pas utilisés dans l'indication diabète de type 2, mais en vue d'une perte de poids. Chez les jeunes patients asthmatiques, l'obésité et le surpoids favorisent en effet la sévérité et le risque d'exacerbations de la maladie pulmonaire (3).
Dans cette étude rétrospective, les chercheurs ont analysé 1.070 jeunes asthmatiques, âgés de 12 à 18 ans, dont la moitié ont été traités par arGLP-1, tandis que l'autre s'en tenait aux mesures hygiénodiététiques de perte de poids. Au cours des 12 mois de suivi, le risque d'exacerbations aigües était diminué de 49% chez les patients sous arGLP-1 par rapport au groupe contrôle, pour des incidences respectives de 5,4% et 10,7%.
De même, le risque de passage aux urgences était de 58% moindre dans le groupe arGLP-1 (1,5% vs 3,6%). Quant à la prescription de corticoïdes, le risque était diminué de 34%, pour des incidences respectives de 20,7% et 31,4% au cours des 12 mois de suivi. En revanche, parmi les patients ayant connu au moins une exacerbation au cours du suivi, le nombre de crises ultérieures ne différait pas de manière statistiquement significative entre les deux groupes (1,83 vs 2,02).
« A notre connaissance, cette étude est la première à révéler une association entre la prise d'arGLP-1 et un moindre risque de crises aigües d'asthme chez des adolescents atteints d'asthme ou d'obésité », commentent les chercheurs. « Ces résultats suggèrent un bénéfice double pour cette population, avec une seule classe de médicaments active aussi bien pour le contrôle du poids que contre les exacerbations d'asthme, deux affections chroniques fréquentes et liées ».
Faille majeure de l'étude, les chercheurs ne disposaient d'aucune donnée quant à l'éventuelle perte de poids dans la population étudiée. Ce qui les empêche ainsi d'analyser d'éventuelles corrélations entre perte pondérale et diminution du risque d'exacerbations.
« Il sera important de comprendre si l'association observée est liée à la perte de poids ou à des effets anti-inflammatoires des arGLP-1, indépendants du poids », commentent les chercheurs. « Pour l'instant, nous ne pouvons pas déterminer les mécanises en cause. Des études prospectives seront nécessaires pour établir si les bénéfices respiratoires sont indépendants de la perte de poids », concluent-ils.
Sources :
- Asthma exacerbations in patients with type 2 diabetes and asthma on Glucagon-like Peptide-1 Receptor agonists, Foer et al., Am J Respir Crit Care Med. 2021 Apr 1;203(7):831-840. doi: 10.1164/rccm.202004-0993OC
- Glucagonlike Peptide-1 Receptor agonists and asthma risk in adolescents with obesity, Huang et al., JAMA Netw Open. 2025 Dec 29;8(12):e2551611. doi: 10.1001/jamanetworkopen.2025.51611
- Obesity and asthma, Peters et al., J Allergy Clin Immunol. 2018 Apr;141(4):1169-1179. doi: 10.1016/j.jaci.2018.02.004