Troubles obsessionnels compulsifs et épilepsie : la stimulation cérébrale profonde doublement efficace
Un implant de stimulation cérébrale du striatum ventral placé pour résoudre des crises épileptiques, améliore également les troubles obsessionnels compulsifs réfractaires. C’est le premier cas rapporté d’un effet rapide et durable par le fait que les électrodes ciblent deux régions distinctes du cerveau. La stimulation cérébrale profonde pourrait être une alternative à la chirurgie dans les cas d’épilepsies réfractaires au traitement médicamenteux.
Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) sont une maladie psychiatrique chronique qui affecte approximativement 2,2 millions d'adultes dans le monde. C'est un des troubles psychiatriques les plus communément rapportés. Le traitement pharmacologique (clopramine, sertraline, mémantine ...) et psychothérapeutique est globalement efficace. Un tiers des patients s'avèrent toutefois résistants, avec une persistance de souffrance psychique et de retentissement fonctionnel importants. L'identification précise de réseaux neuronaux dysfonctionnels dans cette maladie a ouvert les portes à l'utilisation de techniques de neuromodulation comme la stimulation cérébrale profonde (SCP) en continu ou répondant à la survenue de crises (responsive ou rSCP). C'est un traitement neurochirurgical invasif non lésionnel et réversible, consistant en l'implantation d'électrodes dans des régions déterminées du cerveau, reliées à un neurostimulateur par un câble en position sous-cutanée. Elle permet d'atténuer plus ou moins efficacement les symptômes du TOC, avec une amélioration décrite chez environ deux tiers des patients. Le neurostimulateur délivre des impulsions électriques, généralement à haute fréquence, qui modifient l'activité neuronale par un mécanisme d'action complexe et variable selon les caractéristiques des impulsions. Les résultats sont en général meilleurs avec la rSCP qu'avec la SCP.
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